jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat GOURSAUD |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2021, Mme A C épouse B, représentée par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du pôle social du tribunal judiciaire de Montpellier ;
2°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté sa demande de remise gracieuse portant sur un indu total de 23 140,31 euros au titre de l'aide personnalisée au logement et de l'allocation adulte handicapé ;
3°) de lui accorder une remise gracieuse totale de cet indu.
Elle soutient que :
- c'est à tort que la Caisse a considéré que l'indu trouvait sa cause dans une manœuvre frauduleuse dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas été informée de la nature et de l'étendue de ses droits au titre des dispositions de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale tandis que, d'autre part, elle a été contrainte de demeurer au Maroc compte tenu de la fermeture des frontières dans le contexte sanitaire de l'épidémie de Covid-19 ;
- elle a donc agi de bonne foi et se trouve dans une situation de précarité financière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault demande au tribunal de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du pôle social du tribunal judiciaire de Montpellier.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 5 octobre 2021 en tant qu'elles concernent l'allocation aux adultes handicapés (AAH), en raison de l'incompétence de la juridiction administrative pour en connaître.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Goursaud, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Goursaud a été entendu au cours de l'audience publique, l'instruction ayant été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 23 mars 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Hérault a mis à la charge de Mme C épouse B un indu d'aide personnalisée au logement (APL) et d'allocation d'adulte handicapée (AAH) d'un montant total de 23 140,31 euros au motif que l'intéressée ne séjourne plus sur le territoire français depuis le mois d'avril 2019. Par décision du 20 décembre 2019, le directeur de la CAF a rejeté la demande de remise gracieuse formée par Mme C épouse B en parallèle du recours en contestation de l'indu qu'elle a formé devant le pôle social du tribunal judicaire de Montpellier. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision du 5 octobre 2021 et de lui accorder une remise gracieuse totale de l'indu mis à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 octobre 2021 de refus de remise gracieuse, en tant qu'elle concerne un indu au titre de l'AAH :
2. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 142-1 et suivants du code de la sécurité sociale, L. 511-1 et L. 821-5 de ce même code que le tribunal des affaires de sécurité sociale est seul compétent pour connaître en première instance des litiges liés à l'AAH. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision rejetant la remise gracieuse d'indus relative à l'AAH doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 octobre 2021, en tant qu'elle concerne un indu au titre de l'APL :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 351-2 du code de la construction et de l'habitation, applicable au litige : " L'aide personnalisée au logement est accordée au titre de la résidence principale (). ". Aux termes de l'article R. 351-1 du même code, applicable au litige : " () La notion de résidence principale doit être entendue au sens du logement effectivement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure, soit par le bénéficiaire ou son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 351-8. () ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, auquel renvoient les dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation relatives aux dispositions communes en matière d'aide personnelles au logement : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ()
5. Il résulte de ces dispositions qu'un bénéficiaire d'aide personnalisée au logement ne peut pas prétendre à la remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale : " Les organismes débiteurs des prestations familiales et leur personnel sont au service des allocataires. Ils sont tenus en particulier : 1°) d'assurer l'information des allocataires sur la nature et l'étendue de leurs droits ; 2°) de leur prêter concours pour l'établissement des demandes dont la satisfaction leur incombe. ".
7. Il résulte de l'instruction que les indus d'aide personnalisée au logement mis à la charge de Mme C épouse B résultent du constat que celle-ci a séjourné hors du territoire français depuis le mois d'avril 2019 sans le déclarer à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. Si la requérante soutient avoir été contrainte de demeurer au Maroc à compter du mois de mars 2020 compte tenu de la fermeture des frontières de cet état durant la pandémie de Covid-19, il résulte toutefois de l'instruction qu'elle n'a jamais informé la caisse d'allocations familiales de sa résidence hors de France. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la CAF de l'Hérault ait méconnu son droit à l'information prévu par les dispositions de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale vis-à-vis de Mme C épouse B. Ainsi, en omettant de déclarer ses séjours à l'étranger, la requérante, qui ne pouvait ignorer ses obligations déclaratives, s'est rendue coupable de fausses déclarations, au sens des dispositions mentionnées ci-dessus, ce qui fait obstacle à ce qu'elle puisse prétendre à une remise gracieuse de ces dettes. Dès lors, c'est à bon droit que, par la décision contestée du 5 octobre 2021, la CAF de l'Hérault a rejeté sa demande de remise gracieuse.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du pôle social du tribunal judiciaire de Montpellier, que les conclusions en annulation présentées par Mme C épouse B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge des sommes à payer doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
F. GoursaudLa greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, chacun en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Junon00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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