lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106507 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS PHILIPPE BLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2021, M. A B et Mme C B, représentés par Me Blain, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013, 2014 et 2015 en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il y a lieu de prendre en compte des charges déductibles pour les biens immobiliers qu'ils détiennent en propre à Toulouse, Garge les Gonnesse et Monbalen ou par l'intermédiaire de la SCI Le Nid ;
- les revenus fonciers déclarés et les déficits fonciers remis en cause par le service doivent être rétablis ;
- la pénalité de 40% pour manquement délibéré n'est pas suffisamment motivée et le service ne rapporte pas la preuve de leur mauvaise foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impots et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces de leurs déclarations de revenus portant sur les années 2013, 2014 et 2015 à l'issu duquel ils ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dont ils demandent la décharge, en droits et pénalités.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article 14 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 15, sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation agricole ou d'une profession non commerciale : 1° Les revenus des propriétés bâties () ". Aux termes du II de l'article 15 de ce code : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article 28 du même code : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Aux termes de l'article 29 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires () ".
3. D'autre part, aux termes du I de l'article 31 de ce code : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; a bis) les primes d'assurance ; () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () d) Les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés, () e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local, majorés, lorsque ces dépenses sont effectivement supportées par le propriétaire, des frais de rémunération des gardes et concierges, des frais de procédure et des frais de rémunération, honoraire et commission versés à un tiers pour la gestion des immeubles ; () ".
4. Il résulte de ces dispositions que les dépenses mentionnées au I de l'article 31 du code général des impôts précité ne peuvent être déduites du revenu foncier brut que dans la mesure où les charges alléguées sont dûment justifiées, se rapportent à des immeubles dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, sont effectivement supportées par le propriétaire et sont engagées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu. Les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire et avoir été réellement payées au cours de l'année d'imposition. Il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui peuvent être constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité des charges supportées. De plus, seuls peuvent être admis en déduction les intérêts des dettes directement engagées pour les finalités qu'elles prévoient.
En ce qui concerne les revenus fonciers de la SCI Le Nid :
5. M. et Mme B sont associés de la SCI Le Nid. Ils font valoir que la SCI a souscrit un prêt " in fine " en 2003 lors de l'achat du bien exploité sur la commune d'Alenya et sollicitent la déduction des intérêts des emprunts et des frais d'assurance associés pour les années 2013 à 2015. Toutefois, comme le fait valoir le service, le tableau produit par les requérants mentionne des intérêts annuels dégressifs et des cotisations d'assurances progressives alors qu'un prêt " in fine " a pour objet un remboursement mensuel fixe sur toute la durée du prêt. En outre, la notice de prêt fournie par les requérants indique un montant d'échéance mensuelle hors assurance qui ne correspond ni à celui mentionné dans le tableau d'amortissement produit, au demeurant incomplet puisqu'il ne porte que sur les années 2013 et 2014, ni à celui des relevés bancaires. Dans ses conditions, M. et Mme B ne sauraient être regardés comme établissant que les charges correspondant aux intérêts d'emprunt, et par conséquence aux frais d'assurance liés au prêt, ont pour objet l'acquisition de l'immeuble donné en location par la SCI Le Nid. Par suite, les requérants ne justifient pas du caractère déductible des dépenses correspondantes.
6. Les requérants sollicitent la déductibilité de frais d'assurance en produisant un avis d'échéance du 1er avril 2014 de l'assureur MACIF pour une assurance immobilière, ainsi que deux avis d'échéance des 1er août 2013 et 1er août 2014 pour un contrat de protection juridique. Toutefois, ces documents ne sont pas établis au nom de la SCI Le Nid mais au nom de M. A B, et la preuve du règlement effectif de ces cotisations sur l'entière période en litige n'est pas rapportée. Par suite, ces dépenses ne sauraient être admises en déduction.
7. M. et Mme B produisent, pour justifier la déductibilité d'une dépense de " travaux de réparation partielle des enduits de murs extérieurs et de traitement de fissures ", une facture de l'entreprise AMI Roussillon datée du 23 décembre 2014 d'un montant de 970,15 euros, qui n'est toutefois assortie d'aucun justificatif de paiement. Par suite, les requérants n'établissent pas le caractère déductible des dépenses dont ils se prévalent.
8. Si les requérants critiquent le montant des recettes foncières retenues par le service au titre de l'année 2013 et sollicitent la prise en compte d'un montant de 7 900 euros, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que l'administration a fait droit à leur demande dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les revenus fonciers du bien immobilier situé à Monbalen :
9. Il résulte des dispositions de l'article 15 du code général des impôts cité au point 2 que les charges afférentes aux logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne peuvent pas venir en déduction pour la détermination du revenu foncier compris dans le revenu global soumis à l'impôt sur le revenu. La réserve de jouissance est établie, notamment, par l'accomplissement ou non de diligences ayant pour objet de donner le bien en location. Il appartient donc au propriétaire d'apporter la preuve qu'il a offert à la location pendant l'année en cause le logement resté vacant au titre duquel il demande la déduction de charges foncières, et qu'il a pris toutes les dispositions nécessaires pour le louer.
10. M. et Mme B n'établissent ni même n'allèguent avoir proposé à la location leur bien immobilier situé à Monbalen sur les années en litige et perçu à ce titre des revenus fonciers. Par suite, c'est à bon droit que le service a refusé d'admettre en déduction les charges afférentes à ce logement au titre des années 2014 et 2015.
En ce qui concerne les revenus fonciers du bien immobilier situé à Toulouse :
S'agissant des charges déductibles :
11. D'abord, au titre de l'année 2013, le service a procédé à la reprise du déficit foncier lié à cet immeuble au titre de cette même année et a repris des déficits fonciers antérieurs non imputés au titre des années 2010 à 2012, après avoir relevé sans être contesté que M. et Mme B n'avaient déclaré aucun loyer. Par suite aucune charge de saurait être admise en déduction. Ensuite, au titre de l'année 2014, les requérants versent des factures du 20 janvier 2014 pour des travaux de menuiserie d'un montant de 9 121,75 euros, du 27 mars 2014 pour des travaux suite à effraction d'un montant de 82,50 euros et du 18 juillet 2014 pour des réparations extérieures d'un montant de 66 euros et de peinture papiers peints d'un montant de 3 217,20 euros, dont aucune preuve du paiement n'est rapportée. Enfin, au titre de l'année 2015, les requérants ne se prévalent d'aucune charge déductible. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a remis en cause la déductibilité des charges et déficits fonciers des années 2013, 2014 et 2015.
S'agissant des recettes :
12. Il n'est pas contesté que le logement a fait l'objet d'une location à deux preneurs successifs depuis le 1er septembre 2014 et durant l'année 2015, pour lequel M. et Mme B ont déclaré des recettes foncières de 700 euros au titre de 2014 et de zéro euro au titre de 2015. Il résulte cependant de l'instruction et des pièces versées par les requérants que le locataire occupant le bien en 2015 s'acquittait d'un loyer de 2 000 euros mensuels avant qu'il ne soit substantiellement réduit à 300 euros mensuels pour raisons de travaux à compter du 1er juin 2015. Les requérants n'apportent en outre aucune justification sur la durée réelle des baux de chaque preneur, ni sur le montant des recettes locatives dont ils se prévalent ni de ce que l'abandon partiel de loyers à compter du 1er juin 2015 ne serait pas constitutif d'une libéralité au bénéfice du preneur. Dans ces conditions, M. et Mme B ne sont pas fondés à contester le montant des recettes locatives retenues par le service, à hauteur de 8 000 euros en 2014 et de 24 000 euros en 2015, sur la base d'un loyer mensuel de 2 000 euros.
En ce qui concerne les revenus fonciers du bien immobilier situé à Garges les Gonesses :
13. Si M. et Mme B reconnaissent avoir mal renseigné les charges déductibles en matière de frais d'administration et de gestion pour ce bien, ils ne précisent toutefois pas les montants qu'ils souhaitent voir retenus pas le service au titre des années 2013, 2014 et 2015. Par suite, ils ne sont pas fondés à remettre en cause le montant des charges admises en déduction.
Sur la majoration de 40% pour manquement délibéré :
14. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées () ".
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le service a prononcé l'abandon de cette pénalité dans le cadre de la décision d'acceptation partielle relative aux revenus fonciers, et l'a maintenue en ce qui concerne les pensions de retraites non déclarées par M. et Mme B au titre de l'année 2015. Le service a relevé d'une part que les contribuables, qui avaient déclaré leurs pensions de retraite les années précédentes, ne pouvaient ignorer qu'ils étaient soumis annuellement à une obligation déclarative, et d'autre part, que les montants éludés, soit 41 667 euros pour M. B et 6 016 euros pour Mme B, portaient sur des revenus réguliers et constitutifs d'une part substantielle de leurs revenus de l'année 2015. Il s'ensuit que le service a suffisamment et spécialement motivé la pénalité de 40 % pour manquement délibéré, infligée sur le fondement du a de l'article 1729 du code général des impôts.
16. En second lieu, eu égard à ce qui précède, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de l'intention délibérée de M. et Mme B de se soustraire à l'impôt, sans que les contribuables ne puissent sérieusement invoquer avoir été dépassés par la technique nécessaire à l'établissement de leurs déclarations de revenus. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a appliqué la majoration de 40% pour manquement délibéré.
17. Il résulte de ce tout ce qui précède que les conclusions en décharge de la requête de M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, la somme que demandent M. et Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 novembre 2023.
Le greffier,
S. Sangaréfb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026