lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106615 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | magistrat BAYADA |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 décembre 2021 et le 2 novembre 2022, M. et Mme A et C D, représenté par Me Laurent, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire en date du 26 août 2021, par lequel la commune de B leur a réclamé le remboursement de la somme de 10 647,94 euros correspondant à la quote-part des travaux réalisés d'office dans le cadre d'une procédure de péril imminent en application de l'article L 511-4 du code de la construction et de l'habitation et de prononcer la décharge de cette somme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la créance n'est pas certaine dès lors qu'ils ne sont pas responsables des désordres objet du péril imminent ;
- la commune de B ne pouvait légalement leur réclamer une somme correspondant à la quote-part des travaux exécutées d'office sur l'immeuble implanté sur la parcelle AB 97 dès lors qu'ils sont propriétaires du seul lot 1 et que le lot 2 est un bien sans maître qui a été incorporé au domaine public communal ;
- aucune somme ne pouvait leur être réclamée dès lors qu'ils étaient disposés à réaliser les travaux et qu'ils se sont heurtés au refus des autres propriétaires et de la commune de B ;
- la somme de 1 800 euros correspondant à l'intervention du bureau d'études ne peut leur être réclamée dès lors que l'intervention de ce bureau ne présente aucun caractère d'utilité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 août 2022 et 21 novembre 2022, la commune de B représentée par Me Margall conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de époux B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les époux D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bayada pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me D'Audigier représentant la commune de B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D sont propriétaires d'un immeuble situé sur la parcelle cadastrée AB 96 et ainsi que du lot n°1 sis sur la parcelle cadastrée AB 97, dans le centre de la commune de B. A la suite de l'effondrement de la remise située sur cette dernière parcelle, le maire de B, par un arrêté de péril imminent du 7 juillet 2020, a ordonné la réalisation de travaux provisoires afin de faire cesser ledit péril. A ce titre, M. et Mme D ont a été mis en demeure d'effectuer des travaux de sécurisation des ouvrages pour permettre de dégager les lieux, de mettre en place un étaiement de consolidation du mur en dévers entre les parcelles AB 96 à 98 et traiter le parement et enfin de trouver une solution définitive de consolidation ou de procéder à la démolition de l'ouvrage. Après avoir constaté que certains des travaux n'avaient pas été réalisés dans le délai prescrit par l'arrêté, le maire de B a procédé à l'exécution d'office de ces derniers. Par un titre exécutoire du 26 août 2021, le maire de B a mis à la charge de à M et Mme D une somme totale de10 647,94 euros correspondant à sa quote-part pour la réalisation des travaux provisoires, fixés par l'arrêté de péril imminent. Par leur requête, M et Mme D demandent l'annulation du titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate./ Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. Si les mesures ont à la fois conjuré l'imminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. Si elles n'ont pas mis fin durablement au péril, le maire poursuit la procédure dans les conditions prévues à l'article L. 511-2. " ; qu'aux termes de l'article L. 511-4 du même code, " Les frais de toute nature, avancés par la commune lorsqu'elle s'est substituée aux propriétaires ou copropriétaires défaillants, en application des dispositions des articles L. 511-2 et L. 511-3, sont recouvrés comme en matière de contributions directes. Si l'immeuble relève du statut de la copropriété, le titre de recouvrement est adressé à chaque copropriétaire pour la fraction de créance dont il est redevable " et qu'aux termes de l'article R. 511-5 du code précité, " La créance de la commune sur les propriétaires ou exploitants née de l'exécution d'office des travaux prescrits en application des articles L. 511-2 et L. 511-3 comprend le coût de l'ensemble des mesures que cette exécution a rendu nécessaires, notamment celui des travaux destinés à assurer la sécurité de l'ouvrage ou celle des bâtiments mitoyens, les frais exposés par la commune agissant en qualité de maître d'ouvrage public et, le cas échéant, la rémunération de l'expert nommé par le juge administratif. ".
3. En premier, lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce que le rapport d'expertise n'aurait pas permis de déterminer l'origine du péril de l'immeuble et qu'ils n'en seraient pas responsable, cette circonstance étant sans incidence sur le bien-fondé de la somme mise à leur charge par le titre contesté.
4. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que le maire de B ne pouvait mettre à leur charge les travaux sur le lot AB 97 dès lors, qu'ils ne sont propriétaires que du seul lot n°1. Toutefois, il résulte tant du titre de propriété des époux D que de l'état descriptif de division en date des 27 et 28 juin 1972, produit par la commune en défense, que la parcelle cadastrée AB 97 a été divisée en 2 lots, le premier, au rez-de-chaussée qui correspond à un local à usage de débarras ayant une entrée particulière et indépendante desservi par la propriété des époux D et dont ils ont l'usage, le lot n° 2, constituée d'un local à usage de débarras desservi par le premier étage de l'immeuble attenant cadastré sous le N° 98, propriété d'une indivision voisine. L'état descriptif précise en outre qu'il ne sera fait " aucune attribution ou répartition de la copropriété du sol et des parties communes de ladite construction qui restent indéterminées et soumise au régime de l'indivision forcée ". Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le lot n° 2 composant la parcelle AB n° 97 serait devenu un bien sans maître. Par suite, et alors que l'indivision forcée de la parcelle cadastrée AB 97 ne prévoit aucune clé de répartition de la copropriété du sol et des parties communes entre les coindivisiaires, le maire de B pouvait légalement mettre à l'unique charge des époux D la quote-part des frais exposés par la commune de B relatifs à la parcelle cadastrée AB n° 97 afin de faire cesser l'imminence du péril constaté.
5. En troisième lieu, les requérants contestent la nécessité pour la commune de procéder d'office aux travaux prescrits par l'arrêté de péril dès lors qu'ils souhaitaient réaliser les travaux mais en ont été empêchés tant par la commune de B que par les autres propriétaires. Toutefois, si les requérants ont fait appel, dès le 20 juillet 2020, à un bureau d'études afin d'effectuer un état de lieux et d'étudier les mesures de mise en sécurité et démolition, M. et Mme D ne justifient pas avoir, à la suite du rapport du 20 août 2020, déposé par ce bureau d'études, avoir pris attache avec une entreprise spécialisée afin de réaliser les travaux préconisés par l'arrêté de péril dans le délai imparti, mais se bornent à produire plusieurs courriers avec leur assureur ainsi qu'avec la commune de B afin de faire part d'échanges avec l'indivision voisine et de difficultés quant à la propriété du lot n° 2 de la parcelle AB 97. Les requérants n'établissent pas davantage qu'ils se seraient heurtés à un refus de réalisation desdits travaux par la commune de B. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la créance détenue par la commune de B serait dépourvue de bien-fondé.
6. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que la commune de B s'est acquittée d'une facture établis par le bureau d'études BET-Am d'un montant de 1 800 euros au titre d'une mission de supervision et d'accompagnement pour réaliser la démolition partielle et la mise en sécurité de l'immeuble dont les requérants sont propriétaires. Si les requérants font valoir qu'ils avaient dès le mois de juillet 2020 fait appel au même bureau d'études afin de réaliser un état de lieux et préconiser plusieurs mesures de mise en sécurité et démolition, cette seconde mission présentait un caractère nécessaire afin de mettre en œuvre les travaux préconisés dans le premier rapport et accompagner l'entreprise mandatée par la commune de B dans le cadre d'une exécution d'office des travaux destinés à faire cesser le péril. Aussi, en se bornant à soutenir que cette intervention était dépourvue d'utilité, M. et Mme D ne remettent pas en cause le bien-fondé de cette créance.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 26 août 2021 par lequel le maire de B leur a demandé le remboursement d'une somme de 10 647,94 euros correspondant à la quote-part des travaux effectués d'office par la commune de B.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de chacune des parties les frais d'instance qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et C D et à la commune de B.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La magistrate désignée,
A. BayadaLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 juillet 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026