Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2106716
mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106716 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 novembre 2021, le 4 février 2022, le 15 mars 2022 et le 22 novembre 2022, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, référencé " INK 003 ", d'un montant de 876,31 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 31 décembre 2019 ;
2°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, référencé " INK 004 ", d'un montant de 13 741,11 euros pour la période du 1er septembre 2019 au 31 décembre 2020 ;
3°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de 152,45 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018 ;
4°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de 152,45 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 ;
5°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de 228,67 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020.
Elle soutient que :
- elle a averti l'administration de son entrée à l'école d'infirmière ;
- elle est de bonne foi ;
- elle a été mal informée par Pôle emploi ;
- elle se trouve dans une situation précaire.
Par des mémoires, enregistrés le 5 octobre et le 1er décembre 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault depuis le mois de septembre 2013 après s'être déclarée célibataire et sans activité. Alors que Mme B n'avait pas sollicité d'aide au logement, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de revenu de solidarité active référencé " INK 003 " d'un montant de 876,31 euros pour la période du 1er décembre au 31 décembre 2019 correspondant au forfait logement. À la suite d'un contrôle de sa situation dont il a résulté que Mme B avait suivi des études en école d'infirmière entre le mois de septembre 2018 et le mois de juillet 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, par une décision du 6 octobre 2021, lui a notifié un indu global de 14 274,268 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active référencé " INK 004 " d'un montant de 13 741,11 euros pour la période du 1er septembre 2019 au 31 décembre 2020, de 152,45 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018, de 152,45 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 et de 228,67 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020. Par la présente requête, Mme B être regardée comme demandant la remise gracieuse de ces indus.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
4. Aux termes de l'article L. 262-4 : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : () 3° Ne pas être élève, étudiant ou stagiaire au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation. Cette condition n'est pas applicable aux personnes ayant droit à la majoration mentionnée à l'article L. 262-9 du présent code ; () ".
5. Il résulte de l'instruction que l'indu référencé " INK 003 " résulte de la prise en compte de ce que Mme B n'avait pas sollicité d'aide au logement auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et que l'indu référencé " INK 004 " ainsi que les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année pour 2018, 2019 et 2020 résultent de ce que cette dernière n'avait pas déclaré suivre une formation d'infirmière entre le mois de septembre 2018 et le mois de juillet 2021. Mme B soutient qu'elle est de bonne foi et fait valoir notamment qu'elle a reçu des informations erronées de la part de Pôle emploi. Alors qu'il résulte de l'instruction que Mme B a persisté à se déclarer sans activité alors que la caisse d'allocations familiales de l'Hérault sollicitait de cette dernière des informations quant aux périodes de stage ou de formation qu'elle aurait effectuées, l'intéressée se borne à soutenir qu'elle se trouve dans une situation précaire sans assortir cette allégation d'aucun justificatif de ses ressources et de ses charges. Dans ces conditions, à la supposer de bonne foi, Mme B ne saurait être regardée comme établissant se trouver en situation d'obtenir la remise gracieuse des indus mis à sa charge.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 avril 2023.
La greffière,
F. Roman
No 2106716
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