lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106868 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CABEE-BIVER-LAREDJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Cabee, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1) la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et des pénalités y afférentes mises à sa charge au titre de l'année 2019 ;
2) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 2 000 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale ne justifie pas du contenu, de l'envoi et de la réception d'un avis de vérification prévu par l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, sur les années vérifiées et la possibilité de se faire assister d'un conseil ;
- ni la proposition de rectification n°3924 du 5 mars 2021, ni celle n°2120 du 5 mars 2021, ne font mention de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié et de sa mise à disposition au contribuable, contrairement aux articles L. 10 et L. 47 du même livre ;
- deux encaissements de montants respectifs de 20 000 euros et de 10 000 euros figurant sur le compte bancaire à usage mixte correspondent à des remboursements de prêts personnels ne sont pas à prendre en compte dans les recettes encaissées ;
- l'administration n'a pas déduit des charges de salaires, de cotisations sociales et d'achat de matériel de taille de vignes et de maçonnerie, d'un montant de 81 140 euros, pour la détermination du résultat imposable ;
- l'administration a eu connaissance du placement en liquidation judiciaire de son entreprise individuelle par jugement du 14 avril 2021 avant l'émission, le 16 septembre 2021, de l'avis de cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu de l'année 2019 ; or comme les créances sont nées antérieurement au jugement, l'administration était tenue de les déclarer auprès du liquidateur, et ne pouvait procéder à la mise en recouvrement de l'imposition supplémentaire ;
- eu égard à la liquidation judiciaire, l'administration n'est pas fondée à réclamer le paiement de l'intérêt de retard ;
- l'application de la majoration de 40% est infondée dès lors que l'administration ne justifie pas du contenu, de l'envoi et de la réception d'une mise en demeure de déposer la déclaration de revenu 2019 dans les 30 jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cour de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise individuelle de M. A " C " avait une activité de soutien aux cultures, et a été placée en liquidation judiciaire par jugement du 14 avril 2021. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 11 septembre 2018 au 31 décembre 2019. A l'issue de cette dernière, le service a notamment mis à la charge de M. A des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et des pénalités y afférentes au titre de l'année 2019 dont il demande la décharge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. ".
3. Il résulte de l'instruction que l'avis de vérification portant sur la période allant du 11 septembre 2018 au 31 décembre 2019 a été adressé à M. A le 26 novembre 2020 par le service à son adresse au 5 rue Alain Fournier à Carcassonne. Et ce document, contrairement aux allégations de M. A, indiquait les années soumises à vérification, et la faculté pour lui de se faire assister par un conseil de son choix. Par suite, le moyen tiré du non-respect de l'article L. 47 précité doit être écarté.
4. Aucun texte, et pas les articles L. 10, L. 47 et L. 57 du livre des procédures fiscales, n'impose que la proposition de rectification mentionne la charte des droits et obligations du contribuable vérifié et les modalités de sa mise à disposition au contribuable. Par suite, le moyen tiré de ce que ces mentions n'apparaissaient pas dans les deux propositions de rectification du 5 mars 2021 est inopérant.
5. L'intéressé fait valoir que les créances d'impôt sur le revenu litigieuses sont nées antérieurement au jugement du 14 avril 2021 mentionné point 1, que l'administration était tenue de les déclarer auprès du liquidateur de son entreprise, et ne pouvait les mettre en recouvrement. Il résulte toutefois de l'instruction que le service a déclaré sa créance auprès du liquidateur à titre provisionnel le 21 avril 2021, et à titre définitif le 30 septembre 2021, après le recouvrement de l'impôt. Et compte tenu de cette déclaration, aucun texte, et pas la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985, ne faisait obstacle à ce que l'administration, qui n'a pas procédé au recouvrement forcé de l'impôt, mette en recouvrement les cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu le 16 septembre 2021. Par suite ces moyens seront écartés.
Sur la charge de la preuve :
6. En vertu de l'article L. 68 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure ". En vertu de l'article L. 73 du même livre : " Peuvent être évalués d'office 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales ou d'exploitations agricoles lorsque ces contribuables sont imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légalLes dispositions de l'article L68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2° ".
7. Il résulte de l'instruction que le bénéfice imposable de M. A au titre de l'année 2019 a été évalué d'office, l'intéressé n'ayant pas déposé sa déclaration de bénéfices industriels et commerciaux malgré une mise en demeure de le faire dans un délai de 30 jours qu'il a reçue le 18 novembre 2020, sur le fondement des articles cités au point précédent. Par suite, et en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve lui incombe.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
8. Si le requérant soutient que des montants de 20 000 et 10 000 euros figurant sur le compte bancaire à usage mixte correspondent à des remboursements de prêts personnels, et s'il demande la déduction de charges de salaires, de cotisations sociales et d'achat de matériel de taille de vignes et de maçonnerie pour un montant de 81 140 euros, il n'apporte aucun justificatif, et ne produit aucune facture, sur ces points. Par suite, cette demande sera rejetée.
Sur les intérêts de retard et les pénalités :
9. En vertu de l'article 1727 du code général des impôts : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. ".
10. Le placement en liquidation judiciaire de l'entreprise de M. A ne faisait pas obstacle à ce que l'administration assortisse les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu de l'intérêt de retard dans les conditions prévues à l'article cité au point précédent. Par suite, ce moyen sera écarté.
11. En vertu de l'article 1728 du code général des impôts : " Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai. ".
12. Il résulte des constats opérés au point 7 que M. A n'est fondé ni à soutenir qu'il n'a pas reçu de mise en demeure, ni à contester la majoration de 40% mise à sa charge en application de l'article cité au point précédent.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en décharge du recours doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. En l'absence de frais exposés au titre des dépens, les conclusions relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, une somme.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 décembre 2023.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026