jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106883 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MARC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 décembre 2021, Mme C D, représentée par Me Marc, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Etienne d'Albagnan à lui verser la somme de 57 523,85 euros en réparation de ses préjudices liés au poste de relevage des eaux, assortie des intérêts à compter de la notification de la réclamation préalable, et de la capitalisation des intérêts ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Etienne d'Albagnan de réaliser les travaux préconisés par le rapport d'expertise dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne d'Albagnan la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est propriétaire de deux maisons d'habitation, d'un garage et d'une cour cadastrés section OA n°470, 472 et 788 sur le territoire de la Commune de Saint-Etienne d'Albagnan, lieu-dit La Canarié ;
- en 2016, la commune a entrepris des travaux sur les parcelles limitrophes OA 920 et 787, limitrophes à sa la parcelle OA 472 lui appartenant, pour y implanter une station de relevage ainsi que son prolongement consistant en des canalisation PVC rejetant le trop-plein de la station dans la rivière " La Jaur ", en contrebas de sa propriété ; le maître d'œuvre de cette opération était la BET Prima Groupe, et les travaux ont été confiés à l'entreprise Frances qui a réalisé les travaux de pose de la station de relevage pour l'entreprise Saur ;
- lors de ces travaux, un mur de pierre lui appartenant a également été détruit ;
- par une ordonnance du 27 février 2019, le tribunal administratif a fait droit à la demande d'expertise qu'elle a sollicitée ; M. A, expert désigné, a rendu son rapport le 30 janvier 2020 ;
- la responsabilité sans faute de la commune de Saint-Etienne d'Albagnan est engagée à raison de sa qualité de tiers par rapport aux travaux publics, eu égard à la conception non conforme de l'ouvrage de trop-plein, ainsi qu'en conclut l'expert ;
- elle subit des odeurs nauséabondes depuis la mise en service de l'ouvrage fin 2017 ; il s'agit d'un risque permanent de nuisances ; elle subit des préjudices anormaux et spéciaux ;
- le lien de causalité est établi ;
- elle subit des troubles dans les conditions d'existence du fait des odeurs nauséabondes, pour un préjudice estimé à 15 000 euros ;
- elle subit une perte de valeur vénale à hauteur de 34 650 euros ;
- sur la parcelle n°472 était implanté un mur de pierres, qui a été démoli ; ce mur était positionné sur sa parcelle ; son préjudice matériel est de 470,25 euros ;
- la responsabilité pour faute de la commune est engagée en raison de l'obligation de raccordement au réseau d'eau potable ; elle n'a jamais demandé, ni accepté, un quelconque devis pour la réalisation de ces travaux, contrairement à ce qui est indiqué dans un courrier de la commune ; le maire s'appuie sur la motion de soutien à la gestion rigoureuse de distribution d'eau potable adoptée en conseil municipal date du 8 février 2018, pour justifier qu'elle doit s'acquitter de cette facture, or, cette motion a été adoptée en conseil municipal du 8 février 2018, soit postérieurement à la date des travaux et de la facture à savoir le 31mai 2017 ;
- par ailleurs, c'est la commune qui était à l'initiative de ce branchement ; les travaux d'extension du réseau d'eau potable lui incombe ; elle subit ainsi un préjudice financier de 1 473,60 euros correspondant aux travaux de raccordement ;
- sur l'injonction de réaliser les travaux préconisés par l'expert, ils sont nécessaires pour que les nuisances olfactives cessent ;
- elle a avancé les frais d'expertise à hauteur de 5 930 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, la commune de Saint-Etienne d'Albagnan, représentée par Me Hiault Spitzer, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme D au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les travaux en litige ont commencé le 27 avril 2017 et ont été réceptionnés avec réserves le 8 juillet 2017 ;
- pour réaliser le poste de relèvement, elle a procédé à l'acquisition de la parcelle cadastrée section A n° 920 qui a été clôturée pour éviter toute intrusion ; cette parcelle jouxte une parcelle cadastrée section A n°787 qui lui appartient également ;
- sa responsabilité sans faute ne saurait être engagée ; Mme D ne démontre pas le caractère anormal de son préjudice lié aux nuisances olfactives, qui sont elles-mêmes sujettes à caution ; ce préjudice présente un caractère éventuel ; le curage de l'ouvrage en juin 2019 a fait disparaitre les odeurs ; la réalité et persistance des nuisances olfactives ne sont pas démontrées ;
- le lien de causalité entre le poste de relevage et les odeurs n'est pas établi ; il est apparu que le tronçon de canalisation situé entre le poste de relevage et le regard immédiatement en amont étaient obstrués par des déchets plastiques ; le poste de relevage était lui-même plein de déchets plastiques ; la présence de ces déchets ne manque pas de surprendre, et doit être considérée comme une cause extérieure ;
- en outre, le réseau d'évacuation des eaux usées de l'habitation de Madame D est branché sur le collecteur principal créé par la société Frances par l'intermédiaire d'un branchement non étanche ; or, ce branchement a été réalisé par Madame D ; l'absence d'étanchéité du branchement peut être à l'origine des odeurs ;
- Mme D ne démontre pas subir des préjudices anormaux ;
- à titre subsidiaire, s'agissant des troubles dans les conditions d'existence, la somme de 15 000 euros est disproportionnée ; s'agissant de la perte de valeur vénale, dès lors que les nuisances ont disparu, elle est inexistante ;
- en ce qui concerne la destruction du mur de pierres, Mme D ne rapporte pas la preuve de la propriété de ce mur qui est situé sur la parcelle A 787 laquelle appartient à la commune ; en tout état de cause, la requérante ne démontre pas l'état du mur avant sa démolition ;
- sa responsabilité pour faute ne saurait être engagée en raison du raccordement au réseau d'eau potable ; il s'agit d'un branchement particulier à la charge du propriétaire de l'immeuble raccordé ;
- en ce qui concerne l'injonction de réaliser les travaux préconisés par l'expert ; seule la persistance du dommage peut permettre au juge de prononcer une injonction, or, il a été démontré qu'en l'espèce, les nuisances olfactives ont cessé depuis le débouchage de la canalisation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 5 février 2020, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le du code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public ;
- les observations de Me Akel, représentant Mme D ;
- et les observations de Me Hiault-Spitzer, représentant la commune de Saint-Etienne d'Albagnan.
Une note en délibéré présentée pour Mme D a été enregistrée le 7 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est propriétaire de deux bâtiments, d'un garage et d'une cour sur les parcelles cadastrées section OA n°470, 472 et 788, lieu-dit La Canarié, dans la commune de Saint-Etienne D'Albagnan. Dans le cadre de travaux pour la réalisation d'un réseau d'assainissement des eaux usées et d'une station d'épuration, un poste de relevage a été créé sur la parcelle A 920 appartenant à la commune, à proximité immédiate des parcelles de Mme D. Invoquant des nuisances olfactives, Mme D a saisi le juge des référés du tribunal administratif, qui, par une ordonnance du 27 février 2019, a désigné un expert, lequel a déposé son rapport le 30 janvier 2020. Par sa requête, Mme D demande l'indemnisation de ses préjudices ainsi que la réalisation de travaux pour remédier aux nuisances dont elle se prévaut.
Sur la responsabilité sans faute :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
3. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise judiciaire, que les odeurs dont se plaint Mme D, perçues par l'expert lui-même lors de sa première visite sur place, et qui sont donc matériellement établies, contrairement à ce que soutient la commune, ont pour origine l'ouvrage de trop plein du réseau d'assainissement des eaux usées, qui est atteint d'un défaut de conception et d'un défaut de réalisation. Si l'expert relève que cette configuration est " susceptible " de générer des nuisances olfactives, cette précision n'a pas pour effet de rendre seulement éventuelles ces nuisances dès lors qu'il résulte de l'ensemble du rapport d'expertise que l'apparition des odeurs est seulement dépendante de la mise en charge de cet ouvrage et de son entretien. Il résulte ainsi du rapport d'expertise que si le poste de relevage a été correctement dimensionné et qu'il fonctionne normalement, il n'en est pas de même de la canalisation du trop plein dès lors que la différence de niveau avec la canalisation principale est de seulement 3 centimètres, ce qui ne permet pas d'assurer un fonctionnement normal sans risque de débordement des eaux vers la canalisation du trop-plein, et par conséquent vers la rivière au niveau de la terrasse de Mme D, notamment en cas d'arrivée d'un important débit d'eaux usées chargés de solides. Ensuite, si la commune indique que Mme D aurait elle-même procédé au raccordement de ses eaux usées sur le collecteur et que l'étanchéité ne serait pas garantie, cette allégation n'est justifiée par aucune pièce du dossier et est au contraire contredite par le rapport d'expertise, en réponse au dire n°4, d'où il ressort que le tabouret de raccordement au réseau était propre. Enfin, s'il apparait que des détritus étrangers à l'assainissement étaient présents dans l'ouvrage et que la commune se prévaut de ce qu'il s'agirait d'une cause extérieure, outre que cette circonstance n'est pas une cause exonératoire de responsabilité invocable en l'espèce, il résulte de l'instruction que l'expert précise que l'obstruction du réseau par des détritus, comme constaté en l'espèce, peut conduire à une évacuation vers le trop plein, mais que le défaut de conception demeure l'origine principale de l'apparition des odeurs et que l'obstruction par défaut d'entretien, lequel est à la charge de la commune, n'est qu'un facteur aggravant. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que les nuisances olfactives perçues occasionnellement ne sont pas inhérentes à l'existence même de l'ouvrage ou à son fonctionnement, mais ont pour origine un défaut de conception, de sorte qu'elles présentent ainsi un caractère accidentel et ne constituent pas un dommage permanent. Il s'ensuit que Mme D n'est pas tenue de démontrer le caractère grave de ce préjudice, contrairement à ce que soutient la commune de Saint-Etienne D'Albagnan.
4. Il résulte de ce qui précède que, le lien de causalité étant établi entre les odeurs et les nuisances olfactives, Mme D est fondée à engager la responsabilité sans faute de la commune de de Saint-Etienne D'Albagnan.
En ce qui concerne les préjudices :
5. En premier lieu, et dès lors qu'il résulte de l'instruction que les odeurs n'ont été perceptibles qu'occasionnellement entre fin 2017 et juin 2019, date du curage de l'ouvrage à la suite duquel Mme D indique elle-même ne plus les ressentir, à tout le moins le temps des opérations d'expertise, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les nuisances olfactives n'ont qu'un caractère accidentel et non permanent et que la réalisation des travaux préconisés par l'expert est de nature à les supprimer de façon certaine et définitive. Par suite, le préjudice au titre de la perte de valeur vénale liée à ces odeurs n'est pas matériellement établi et ne saurait être indemnisé.
7. En troisième lieu, si Mme D indique qu'un mur lui appartenant aurait été détruit lors de la construction de l'ouvrage en litige pour accéder à la parcelle, elle ne justifie ces allégations par aucune pièce probante. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et notamment des plans cadastraux présents au dossier, que la parcelle n° 787 dispose d'un accès direct à la voie publique, sans qu'il soit besoin de passer par la parcelle de la requérante pour la rejoindre, si bien que la circonstance, selon laquelle la commune aurait détruit ce mur pour accéder à sa propre parcelle destinée à recevoir les travaux en cause, apparait peu probable. Par suite, ce préjudice au titre de la reconstruction du mur en litige n'est pas matériellement établi et ne saurait être indemnisé.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
8. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.
9. Il résulte de l'instruction que le défaut de conception du trop-plein est de nature à faire perdurer les odeurs en raison du déversement des résidus solides évacués dans la rivière au niveau de la terrasse de Mme D. L'expert préconise la réalisation de travaux consistant à la pose d'une nouvelle canalisation gravitaire de trop-plein et son raccordement sur le poste de relèvement des eaux usées, dont le diamètre devra être de 200 mm au lieu de 125 mm en l'état, une pente d'au moins 1% et une côte de son fil d'eau au départ à la cote de 217,60 mètres NGF, ainsi que la protection de son exutoire contre le talus de la rivière. Ces travaux, dont la mise en œuvre est estimé à seulement deux semaines, représentent un coût de 16 000 euros TTC, lequel n'apparait pas disproportionné eu égard à la gène occasionnée à Mme D et au regard des effets sur l'environnement du déversement courant dans la rivière de résidus non traités. Dans ces conditions, il est enjoint à la commune de Saint-Etienne D'Albagnan de réaliser, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir, les travaux tels que décrits par l'expert au point 8 de son rapport, sans qu'il soit besoin de l'assortir d'une quelconque astreinte.
Sur la responsabilité pour faute :
10. Il résulte de l'instruction que la commune de Saint-Etienne d'Albagnan a fait réaliser des travaux publics de raccordement à l'eau potable de la maison de Mme D mais sans que cette dernière n'en fasse la demande ou ne donne son accord. Si la commune indique que ces travaux consistent en un branchement particulier, qui inclut la fourniture et la pose de dix mètres linéaires de tuyaux de diamètre 25 ainsi que la fourniture et le pose d'un coffret avec dispositif de comptage comprenant robinet avant compteur, compteur et purge, devant être à la charge de la requérante, il ne résulte d'aucun texte une quelconque obligation pour un particulier de se raccorder à l'eau potable. Dans ces conditions, Mme D est fondée à soutenir que la responsabilité pour faute de la commune peut être engagée pour la réalisation de travaux sans son accord et est ainsi fondée à demander le remboursement de la somme de 1 473,60 euros TTC qu'elle a acquittée par chèques des 7 juin et 29 août 2017.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
11. Mme D a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 4 473,60 euros TTC à compter du 10 septembre 2021, date de réception de sa réclamation préalable.
12. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts ayant été demandée le 10 septembre 2021, dans la demande indemnitaire préalable, Mme D a également droit à la capitalisation des intérêts à compter du 10 septembre 2022, date où une année d'intérêts était échue puis, à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais d'expertise :
13. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
14. Les frais et honoraires d'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 5 930 euros TTC par ordonnance de la présidente du tribunal administratif en date du 5 février 2020 qui les a mis à la charge de Mme D. Il y a lieu, en application de ces dispositions et de tout ce qui précède, de les mettre à la charge définitive de la commune de Saint-Etienne d'Albagnan.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme D, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Saint-Etienne D'Albagnan la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne D'Albagnan le versement à Mme D d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er: La commune de Saint-Etienne D'Albagnan est condamnée à verser la somme de 4 473,60 euros à Mme D. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 10 septembre 2021. Les intérêts échus au 10 septembre 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Etienne D'Albagnan de réaliser, dans le délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir, les travaux tels que décrits par l'expert au point 8 de son rapport, auquel il est renvoyé.
Article 3 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 5 930 euros TTC par une ordonnance du président de ce tribunal en date du 5 février 2020, sont mis à la charge définitive de la commune de Saint-Etienne d'Albagnan.
Article 4 : La commune de Saint-Etienne d'Albagnan versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme C D et à la commune de Saint-Etienne D'Albagnan.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
N. B
Le président,
E. Souteyrand La greffière,
M.-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 15 juin 2023,
La greffière,
M.-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026