lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2120294 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CAMILLE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par l'EURL CQ-FD.
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2021, l'EURL CQ-FD, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits, intérêts, et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des amendes qui lui ont été assignés respectivement au titre de la période du 1er janvier 2017 au 31 août 2019, et de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 dans les rôles de la commune de Labège ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les propositions de rectification sont insuffisamment motivées pour ne pas satisfaire aux exigences de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales ;
- elle ne doit pas être assujettie à la cotisation foncière des entreprises en l'absence de locaux occupés ou loués ;
- le montant des amendes ne correspond pas au montant légal ; elle ne répond pas aux conditions d'application de l'article L. 1729 B du code général des impôts et l'amende n'est pas motivée conformément aux dispositions de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales ;
- les intérêts de retard ne sont pas motivés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2021, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne, conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements opérés et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient qu'un dégrèvement à hauteur de la somme de 47 426,93 euros a été opéré par décision du 13 août 2021 et que les moyens soulevés par l'EURL CQ-FD sur le surplus de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL CQ-FD située à Labège (Haute-Garonne) exerce une activité de société de holding et de conseil en stratège d'entreprise et développement social. Créée en 2004, elle a fait l'objet depuis le 1er janvier 2017 de plusieurs procédures de contrôles sur pièces tirées de sa défaillance tant déclarative que de paiement. A l'issue de ces opérations, le service a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée selon la procédure de taxation d'office, des amendes fiscales ainsi que la cotisation foncière des entreprises. Il a appliqué aux déclarations souscrites spontanément ainsi qu'aux rappels consécutifs à la taxation d'office, la majoration de 10% en application de l'article 1728 du code général des impôts pour retard de dépôt sans mise en demeure. Par lettre du 17 juin 2020, la société a contesté les impositions supplémentaires mise à sa charge. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision d'admission partielle du 23 novembre 2020. Par la présente requête, l'EURL CQ-FD demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits, intérêts, et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des amendes qui lui ont été assignés respectivement au titre de la période du 1er janvier 2017 au 31 août 2019, et de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 dans les rôles de la commune de Labège.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 13 août 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a procédé au dégrèvement total des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en droits, et pénalités, et des amendes en litige. Par suite, les conclusions relatives à la somme de 47 626,93 euros dégrevée sont devenues sans objet. Restent en litige, les intérêts de retard et la cotisation foncière des entreprises pour l'année 2017.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les intérêts de retard :
3. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code ".
4. Suite au dégrèvement prononcé par l'administration, seuls restent en litige les intérêts de retard appliqués aux redressements non contestés au titre de la taxe sur la valeur ajoutée des mois de mai à novembre 2018. Ces intérêts, qui n'impliquent aucune appréciation du comportement du contribuable et n'ont, par suite, pas le caractère d'une sanction, n'ont pas à être motivés. Ainsi, si la société devait être regardée comme soulevant le moyen tiré du défaut de motivation des intérêts, ce moyen doit en tout état de cause, être écarté pour être inopérant.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des intérêts de retard doivent être rejetées.
En ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises 2017 :
6. Aux termes de l'article 1478 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. La cotisation foncière des entreprises est due pour l'année entière par le redevable qui exerce l'activité le 1er janvier / () ". Aux termes de l'article 1647 D de ce code, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I.-1. Les redevables de la cotisation foncière des entreprises sont assujettis à une cotisation minimum établie au lieu de leur principal établissement () / () / II.- Quand ils ne disposent d'aucun local ou terrain : / () /. 1. Les redevables domiciliés en application d'un contrat de domiciliation commerciale ou d'une autre disposition contractuelle sont redevables de la cotisation minimum au lieu de leur domiciliation () ".
7. La société contribuable, qui ne conteste pas être redevable de la cotisation foncière des entreprises, soutient qu'étant assise sur la valeur locative des locaux passibles de taxe foncière, cette cotisation n'est pas due pour l'année 2017 faute pour elle d'avoir loué ou occupé un local. Toutefois, il résulte de l'instruction, que le siège social de l'EURL à Labège déclaré comme le domicile fiscal est constitué d'un ensemble de bureaux offerts à la location dans le cadre d'une domiciliation. Par conséquent, nonobstant l'absence de valeur locative de locaux passible de taxe foncière due à cette domiciliation, l'administration fiscale a, conformément aux dispositions précitées du II de l'article 1647 D du code général des impôts, rattaché fiscalement l'activité professionnelle de l'EURL à Labège nonobstant l'absence de local. Ainsi, L'EURL CQ-FD n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a imposé son activité professionnelle à la cotisation foncière des entreprises.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté, que les conclusions tendant à la décharge de la cotisation foncière des entreprises 2017 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, les frais exposés par l'EURL CQ-FD et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à concurrence de la somme de 47 426,93 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'EURL CQ-FD est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL CQ-FD et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Vialllet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. RabatéLe greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2023
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026