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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2120342

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2120342

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2120342
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSÉRÉE DE ROCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentée par M. A B.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 janvier 2021 et 20 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Sérée de Roch, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre des années 2016, 2017 et 2018, ainsi que la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des rappels de taxe sur les ventes de métaux et objets précieux mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, en droits et pénalités ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité de la procédure de vérification de comptabilité :

- le vérificateur n'a pas respecté le délai raisonnable lui permettant de se faire assister par un conseil, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ;

- les interventions du vérificateur sur place ont excédé le délai de trois mois prévu par l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ;

- la proposition de rectification est insuffisamment motivée, portant atteinte aux droits de la défense du contribuable, en méconnaissance des articles L. 57 et L. 80 A du livre des procédures fiscales et de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-10-40 n°40 et n°190 du 12 septembre 2012.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

S'agissant du défaut de comptabilité :

- la comptabilité présentée est suffisamment probante, le service s'est servi des éléments produits au cours du contrôle pour asseoir les rehaussements et aurait dû procéder à une reconstitution du chiffre d'affaires ;

S'agissant des rappels de taxe sur les ventes de métaux et objets précieux :

- il n'est pas redevable de cette taxe ;

- le service a taxé indistinctement l'ensemble des achats effectués auprès de particuliers sans vérifier si les cessions ultérieures étaient constitutives d'exportation hors de l'union européenne ;

- le service a appliqué à tort la taxe à des achats de monnaies de collection qui présentent un intérêt numismatique ; ces pièces n'étant pas non plus destinées à la fonte ;

- la somme de 1 297,94 euros ne doit pas être retenue pour l'assiette de la taxe, en l'absence d'indication donnée par l'administration dans la proposition de rectification ;

- le service a appliqué à tort la taxe à des achats de billets de collection à hauteur de 11 500 euros ;

- la taxe a été appliquée à tort à des bijoux précieux destinés à la fonte, d'une valeur inférieure à 5 000 euros ;

S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée sur la marge :

- le service l'a assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge des ventes d'objets de collection sans procéder à une ventilation entre les opérations imposables et celles devant être exonérées ;

- il peut bénéficier des exonérations prévues par l'article 298 sexdecies A et par les dispositions du d et du g du 1 de l'article 261 C du code général des impôts ;

S'agissant des impositions relatives aux bénéfices industriels et commerciaux :

- le service doit lui communiquer les documents obtenus de tiers utilisés pour la reconstitution de son chiffre d'affaires, dont il conteste le montant ;

- des charges doivent être admises en déduction au titre des années vérifiées ;

En ce qui concerne les pénalités :

- les intérêts de retard, qui ont le caractère de sanction, sont insuffisamment motivés ;

- la majoration de 40% pour manquement délibéré n'est pas fondée ; les opérations de contrôle ont débuté avant l'expiration du délai de trente jours ouvert par la mise en demeure pour régulariser sa situation fiscale ;

- il doit être déchargé de la majoration de 10% de l'article 1758 A du code général des impôts appliquée aux rappels de taxe sur la vente de métaux et objets précieux.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juin 2021 et 25 janvier 2023, le directeur de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'entreprise individuelle de M. B exerce sous l'enseigne " Collection Capital " une activité d'achat-revente de biens d'occasion, monnaies, médailles, timbres et cartes postales. M. B achète également de l'or sous forme de pièces ou bijoux destinés à la fonte. Depuis sa création, l'entreprise s'est placée sous le régime des micro-bénéfices industriels et commerciaux et de la franchise en base en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, à l'issue de laquelle le service a mis à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des rappels de taxe sur les cessions de métaux et objets précieux, ainsi que des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre des années 2016, 2017 et 2018 dont M. B demande la décharge, en droits et pénalités.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

S'agissant de l'application de la loi fiscale :

2. En premier lieu, il résulte des articles L. 13 et R. 13-1 du livre des procédures fiscales que la vérification de comptabilité est un ensemble d'opérations ayant pour objet d'examiner sur place la comptabilité d'une entreprise et de la confronter à certaines données de faits ou matérielles afin de contrôler les déclarations souscrites et d'assurer éventuellement les redressements nécessaires, qu'il s'agisse de revenus catégoriels soumis à l'impôt sur le revenu, d'impôt sur les sociétés, de taxes sur le chiffre d'affaires ou de droits d'enregistrement. Ce contrôle, qui implique en outre une confrontation des renseignements extracomptables aux données comptables qui se trouvent à la base même des déclarations souscrites, ne peut débuter avant l'expiration du délai dont le contribuable dispose pour souscrire sa déclaration de revenu global. Toutefois, le défaut de souscription de cette déclaration ou d'une déclaration de revenus catégoriels ne fait pas obstacle à ce que l'administration engage, après l'expiration du délai de déclaration, un tel contrôle.

3. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut engager une vérification de comptabilité avant l'expiration d'un délai raisonnable à compter de la réception, par le contribuable, de l'avis l'informant de ce contrôle, pour lui permettre de s'assurer l'assistance d'un conseil de son choix.

4. Il résulte de l'instruction que le 4 juillet 2019, M. B a reçu deux mises en demeure de déposer, au titre des années 2016 à 2018, des déclarations professionnelles en matière de bénéfices industriels et commerciaux et de taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que l'avis de vérification de comptabilité de son entreprise individuelle portant sur ces mêmes années. Contrairement à ce que soutient M. B, l'administration pouvait, sans entacher d'irrégularité la procédure de contrôle, simultanément lui adresser un avis l'informant de l'engagement d'une vérification de comptabilité et le mettre en demeure de produire des déclarations afférentes aux années vérifiées, dès lors que ces mises en demeure ne peuvent être regardées comme participant de l'examen critique de ses écritures comptables mais ont seulement pour objet de permettre la réalisation de ce contrôle dans des conditions plus satisfaisantes s'agissant des revenus déclarés. Il suit de là que les mises en demeure adressées à M. B le 4 février 2019 ne caractérisaient pas le début de la mise en œuvre, à cette même date, des opérations constitutives de la vérification de sa comptabilité. Le moyen tiré de l'absence de délai raisonnable entre la réception de l'avis de vérification et le début des opérations de contrôle, lesquelles ont débuté le 25 juillet 2019, doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales applicable au litige : " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; () II. - Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois. () ".

6. Il résulte de l'instruction qu'en dépit des demandes réitérées du service, M. B n'a pas présenté de comptabilité. De ce fait, la vérification sur place des livres ou documents comptables pouvait s'étendre sur une durée allant jusqu'à six mois en vertu des dispositions précitées. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que les interventions sur place, qui se sont déroulées entre le 25 juillet et le 30 octobre 2019, ne pouvaient excéder un délai de trois mois.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.

8. S'agissant des rappels de taxe sur la vente de métaux et objets précieux, notifiés selon la procédure contradictoire de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification adressée à M. B le 27 novembre 2019 indique les règles de droit applicables, l'impôt concerné, les années d'imposition ainsi que les motifs de fait sur lesquels l'administration s'est fondée. Cette motivation était ainsi suffisante pour permettre au requérant de présenter utilement ses observations, ce qu'il a d'ailleurs fait le 23 décembre 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification en cause serait insuffisamment motivée s'agissant des rappels concernés, manque en fait.

9. S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, il résulte de l'instruction qu'ils ont été notifiés selon la procédure de taxation d'office prévue par les dispositions du 3° de l'article L. 66 et du 1° de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales. Par suite, pour ces impositions et années en litige, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification, qui remplit par ailleurs les prescriptions posées par l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, doit être écarté comme inopérant dès lors que les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, relatives aux propositions de rectification adressées dans le cadre d'une procédure de rectification contradictoire, n'étaient pas applicables en l'espèce.

10. En dernier lieu, l'envoi par l'administration fiscale, le 19 février 2021, d'une lettre rectificative de l'acceptation partielle de la réclamation de M. B du 23 décembre 2020, portant sur une erreur matérielle, ne caractérise aucun détournement de procédure.

S'agissant de l'application de la doctrine fiscale :

11. M. B ne saurait se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des paragraphes n° 40 et n°190 de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-10-40, qui sont relatives à la procédure d'imposition et ne comportent par suite aucune interprétation formelle de la loi fiscale opposable à l'administration sur ce fondement.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

S'agissant du défaut de comptabilité et la charge de la preuve :

12. Aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration. () ". Aux termes de l'article L. 102 B du livre des procédures fiscales : " I. - Les livres, registres, documents ou pièces sur lesquels peuvent s'exercer les droits de communication, d'enquête et de contrôle de l'administration doivent être conservés pendant un délai de six ans à compter de la date de la dernière opération mentionnée sur les livres ou registres ou de la date à laquelle les documents ou pièces ont été établis. () ".

13. Selon l'article L. 192 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition incombe au contribuable à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu.

14. Il résulte de l'instruction que M. B n'a présenté aucun document comptable informatique ou papier pour les exercices considérés, constaté par un procès-verbal du 6 septembre 2019. Il soutient que sa comptabilité était suffisamment probante dès lors que le service a utilisé les éléments produits au cours du contrôle pour asseoir les rehaussements, tels que relevés de comptes, livre de police, facturiers, bordereaux d'achats ou relevés de ventes en ligne, et que le service aurait dû procéder à une reconstitution du chiffre d'affaires. Il résulte toutefois de l'instruction qu'en l'absence de comptabilité, le service a, à bon droit, utilisé les éléments produits par l'intéressé pour reconstituer le chiffre d'affaires. Par suite, M. B supporte la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition.

S'agissant des rappels de taxe sur la vente de métaux et objets précieux :

15. Aux termes de l'article 150 VI du code général des impôts applicables aux années en litige : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices professionnels, sont soumises à une taxe forfaitaire dans les conditions prévues aux articles 150 VJ à 150 VM les cessions à titre onéreux ou les exportations, autres que temporaires, hors du territoire des Etats membres de l'Union européenne :1° De métaux précieux ; 2° De bijoux, d'objets d'art, de collection ou d'antiquité. () ". Aux termes de l'article 150 VJ de ce code : " Sont exonérées de la taxe : () 4° Les cessions ou les exportations des biens mentionnés au 2° du I de l'article 150 VI lorsque le prix de cession ou la valeur en douane n'excède pas 5 000 € ; 5° Les cessions ou les exportations de biens mentionnés au I de l'article 150 VI, lorsque le cédant ou l'exportateur n'a pas en France son domicile fiscal. L'exportateur doit pouvoir justifier d'une importation antérieure, d'une introduction antérieure ou d'une acquisition en France ; () ". Aux termes de l'article 150 VK de ce code : " I. - La taxe est supportée par le vendeur ou l'exportateur. Elle est due, sous leur responsabilité, par l'intermédiaire établi fiscalement en France participant à la transaction ou, en l'absence d'intermédiaire, par l'acquéreur lorsque celui-ci est un assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée établi en France ; dans les autres cas, elle est due par le vendeur ou l'exportateur. () ". Aux termes de l'article 150 VM de ce code : " I. - Une déclaration, conforme à un modèle établi par l'administration, retrace, selon le cas, les éléments servant à la liquidation de la taxe ou l'option prévue à l'article 150 VL. () II. - La taxe est acquittée lors du dépôt de la déclaration. () ".

16. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'au cours des années vérifiées, M. B n'a pas déclaré de taxe sur la vente de métaux et objets précieux. Toutefois, les opérations de contrôle ont mis en évidence l'acquisition, auprès de particuliers, de biens d'occasion de type monnaies, pièces d'or et lingots d'or. En l'absence d'intermédiaire participant à la transaction, le service a regardé M. B comme redevable de la taxe sur les métaux et objets précieux, en sa qualité d'acquéreur assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée en France, conformément aux dispositions précitées de l'article 150 VK du code général des impôts. En se bornant à indiquer que le service a taxé indistinctement l'ensemble des achats effectués auprès de particuliers sans vérifier si les cessions ultérieures étaient constitutives d'exportations hors de l'Union européenne, M. B n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause le bien-fondé de l'imposition.

17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède qu'en vertu de l'article 150 VJ du code général des impôts, seules les cessions ou exportations de bijoux, d'objets d'art, de collection ou d'antiquité peuvent être exonérées de la taxe forfaitaire, à condition que leur prix de cession ou leur valeur en douane n'excède pas 5 000 euros. Si M. B soutient que le service a appliqué à tort la taxe forfaitaire à des monnaies de collection qu'il a acquises, et alors qu'il résulte de l'instruction que seules ont été soumises à la taxe les monnaies postérieures à l'année 1800, il se borne à faire valoir que ces monnaies auraient " par nature " le caractère d'objets de collection, et que leur valeur serait supérieure à celle du métal qui les compose. Par ces seules affirmations, et par les divers documents justificatifs d'achat qu'il joint à sa demande, le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe du caractère exagéré des impositions qu'il conteste.

18. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que ne seraient taxables que les bijoux destinés à la fonte d'une valeur supérieure à 5 000 euros n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.

19. En quatrième lieu, M. B ne saurait utilement contester les rappels de taxe correspondant à la somme de 1 297,94 euros, ni ceux correspondant à l'achat de billets de collection à hauteur de 11 500 euros, dès lors que ces rappels ont été abandonnés dans le cadre de la décision d'admission partielle du 23 décembre 2020.

S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée sur la marge :

20. Aux termes de l'article 297 A du code général des impôts : " I. - 1° La base d'imposition des livraisons par un assujetti revendeur de biens d'occasion, d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité qui lui ont été livrés par un non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée ou par une personne qui n'est pas autorisée à facturer la taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette livraison est constituée de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. La définition des biens d'occasion, des œuvres d'art, des objets de collection et d'antiquité est fixée par décret ; () II. - La base d'imposition définie au I peut être déterminée globalement, pour chacune des périodes couvertes par les déclarations mentionnées à l'article 287, par la différence entre le montant total des livraisons et le montant total des achats de biens d'occasion, d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité effectués au cours de chacune des périodes considérées. Si au cours d'une période le montant des achats excède celui des livraisons, l'excédent est ajouté aux achats de la période suivante. () ". Aux termes de l'article 261 C du même code : " Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée : 1° Les opérations bancaires et financières suivantes : () d. Les opérations, y compris la négociation, portant sur les devises, les billets de banque et les monnaies qui sont des moyens de paiement légaux à l'exception des monnaies et billets de collection ;() g. Les opérations relatives à l'or, autre que l'or à usage industriel, lorsqu'elles sont réalisées par les établissements de crédit, prestataires de services d'investissement, changeurs, escompteurs et remisiers, ou par toute autre personne qui en fait son activité principale ; () ". Aux termes de l'article 298 sexdecies A de ce code " 1. Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée : a. Les livraisons, les acquisitions intracommunautaires et les importations d'or d'investissement, y compris lorsque l'or d'investissement est négocié sur des comptes or ou sous la forme de certificats ou de contrats qui confèrent à l'acquéreur un droit de propriété ou de créance sur cet or ; b. Les prestations de services rendues par les assujettis qui interviennent au nom et pour le compte d'autrui dans les opérations visées au a. 2. Est considéré comme or d'investissement : a. L'or sous la forme d'une barre, d'un lingot ou d'une plaquette d'un poids supérieur à un gramme et dont la pureté est égale ou supérieure à 995 millièmes, représenté ou non par des titres ; b. Les pièces d'une pureté égale ou supérieure à 900 millièmes qui ont été frappées après 1800, ont ou ont eu cours légal dans leur pays d'origine et dont le prix de vente n'excède pas de plus de 80 % la valeur de l'or qu'elles contiennent. ".

21. D'abord, il résulte de l'instruction que lors des interventions sur place des 6 et 12 septembre 2019, le service a déterminé conjointement avec M. B les achats de biens de collections et ceux destinés à la fonderie. Contrairement à ce qu'allègue le requérant, le service a déterminé les ventes d'objets de collection par différence entre le chiffre d'affaires total et le chiffre d'affaires des ventes à la société CTMP. Dès lors, 00 le service n'a pas retenu dans le calcul de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge les achats effectués auprès de la société CTMP.

22. Ensuite, si M. B fait valoir qu'une grande partie de ses objets de collection serait composée de monnaies et pièces d'or exonérées de taxe sur la valeur ajoutée, les éléments qu'il produit ne permettent pas d'établir que ces objets répondraient aux critères d'exonération prévus par les dispositions du g du 1° de l'article 261 C et du 2 de l'article 298 sexdecies A du code général des impôts précités.

23. Enfin, si M. B affirme que l'administration fiscale a soumis à la taxe sur la valeur ajoutée des cessions de monnaies et billets qui constituent des moyens de paiement légaux dans certains Etats devant être exonérés en vertu du d du 1° de l'article 261 C du code général des impôts, il ne l'établit pas.

En ce qui concerne les bénéfices industriels et commerciaux :

24. Aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; () ".

25. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature, () ".

26. Il résulte de l'instruction que le service a déterminé les bénéfices industriels et commerciaux, imposables à l'impôt sur le revenu, selon la procédure d'évaluation d'office du 1° de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales. M. B, se borne à contester le montant du chiffre d'affaires retenu sans apporter d'élément au soutien de ses allégations. En outre, il ne peut utilement faire valoir qu'il n'a pas eu accès à des documents obtenus de tiers alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le service se serait fondé pour ces rectifications sur d'autres documents que ceux présentés par M. B lui-même, au cours des opérations de vérification. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que les charges dont M. B entend admettre la déduction ont, ainsi que le détaille le service en défense, déjà été retenues au stade de la proposition de rectification ou ne sont pas justifiées par le contribuable. En outre, la charge intitulée " Enchère mat : achat or " portant sur un montant de 3 500 euros au titre de l'année 2018 a été admise au stade de la réclamation préalable. Dès lors, M. B ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de l'exagération de l'imposition mise à sa charge.

En ce qui concerne les pénalités :

S'agissant des intérêts de retard :

27. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts applicable à l'année d'imposition en litige : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. () ". La mise à la charge d'un contribuable d'intérêts de retard, qui ne constituent pas une sanction, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées. Par suite, ce moyen doit être écarté.

S'agissant de la majoration de 10% :

28. Le requérant ne peut utilement demander la décharge de la majoration de 10% prévue par l'article 1758 A du code général des impôts appliquée aux rappels de taxe sur la vente de métaux et objets précieux dès lors qu'il résulte de l'instruction que cette majoration, abandonnée dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable du 3 février 2020, n'a pas été mise en recouvrement.

S'agissant de la majoration de 40% :

29. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai. () ".

30. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas déposé ses déclarations en matière de taxe sur la valeur ajoutée et de bénéfices industriels et commerciaux, en dépit des mises en demeure de les déposer sous trente jours, reçues le 4 juillet 2019. La circonstance qu'il ait reçu, le même jour, l'avis de vérification de comptabilité est sans incidence sur la faculté qui lui était offerte de régulariser sa situation dans les délais impartis. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le service a appliqué la majoration de 40% prévue par l'article 1728 du code général des impôts.

31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Doumergue, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

V. Rabaté

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 10 mai 2023.

Le greffier,

F. Balicki

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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