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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2120411

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2120411

lundi 3 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2120411
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARLU KARINE LHOMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par Mme G, Mme A et M. G.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 janvier et 27 septembre 2021, Mme D G, Mme C A, et M. F G, représentés par Me Sintes, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens, à verser à Mme D G une indemnité de 113 043,90 euros, en réparation des préjudices résultant d'un manquement du centre hospitalier dans sa prise en charge ;

2°) de condamner le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens, à verser à Mme A et M. G, en leur qualité de victimes par ricochet, une somme de 10 000 euros chacun en réparation de leur préjudice moral ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier a commis une faute à raison du mauvais branchement du respirateur à l'occasion de l'opération chirurgicale sur la vésicule biliaire le 12 juin 2016 ;

- cette faute engage sa responsabilité ;

Les préjudices doivent être évalués aux sommes de :

- frais divers : 4 038,40 euros ;

- incidence professionnelle : 37 062,00 euros ;

- déficit fonctionnel temporaire : 6543,50 euros ;

- souffrances endurées : 4 000 euros ;

- déficit fonctionnel permanent : 34 500 euros ;

- préjudice d'agrément : 6 900 euros ;

Mme A et M. G, victimes par ricochet, ont subi respectivement un préjudice moral évalué à la somme de 10 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juillet 2021 et 22 avril 2022, le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens, représenté par la Selarlu Karine Lhomy, conclut :

- à ce que les préjudices de Mme G soient fixés ;

- au rejet des conclusions en indemnisation de Mme A et M. G ;

- à ce qu'il soit fait une application modérée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient :

- ne pas contester les conclusions du rapport d'expertise quant à sa responsabilité ;

- que la MSA ne produit pas de certificat d'imputabilité ;

- que les préjudices de Mme G ne sont pas tous justifiés ;

- et que le préjudice des proches n'est pas établi.

Par des mémoires, enregistrés les 6 avril 2021, 19 avril 2022 et 31 mai 2023, la Mutualité Sociale Agricole Midi Pyrénées Sud (MSA) conclut, dans le dernier état de ses écritures :

- s'en remettre au jugement quant à la détermination de la responsabilité du centre hospitalier ;

- condamner celui-ci à lui verser :

. la somme de 130 050,48 euros, l'indemnité forfaitaire de gestion comprise ;

. la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2017.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu l'ordonnance n° 1701330 rendue le 8 juin 2018 par le juge des du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse liquidant et taxant les frais d'expertise à la somme de 2 200 euros.

Vu l'ordonnance n° 1905195 rendue le 26 août 2020, du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse liquidant et taxant les frais d'expertise à la somme de 900 euros.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;

- et les observations de Me Sintes, représentant les requérants, et celles de Me Lhomy, représentant le centre hospitalier Comminges-Pyrénées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G a consulté le 14 avril 2016 en chirurgie digestive au centre hospitalier Comminges-Pyrénées pour des douleurs post-prandiales en rapport avec une pathologie lithiasique vésiculaire. Une intervention chirurgicale a été programmée par voie coelioscopique le 13 juin 2016. Au moment de l'induction anesthésique, Mme G a présenté une détresse respiratoire. Elle a été transférée en réanimation au centre hospitalier universitaire de Toulouse pour suspicion d'hypoxie cérébrale. Elle présente pour séquelles des troubles mnésiques, une fatigabilité cognitive, des troubles du sommeil et des sensations douloureuses de l'hémicorps droit. Mme G a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, qui, par ordonnances des 2 mai 2017 et 23 janvier 2020, a ordonné une expertise et une expertise complémentaire. Le Dr E, spécialiste de médecine physique et de réadaptation et le Dr B, anesthésiste réanimateur, experts désignés, ont remis un rapport les 15 mai 2018 et 3 juin 2020. Par la présente requête, Mme G met en cause la responsabilité fautive du centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens et demande au tribunal de le condamner, à lui verser une somme de 113 043,60 euros. Ses parents, Mme A et M. G, en leur qualité de victimes par ricochet, demandent la condamnation du même établissement à leur verser respectivement une somme de 10 000 euros en réparation d'un préjudice moral.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier Comminges-Pyrénées :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 I du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. (). ".

3. Il ressort des termes de l'expertise, non contestés par les parties, que l'hypoxie sévère dont Mme G a été victime le 13 juin 2016 à l'occasion de l'anesthésie subie en vue d'une cholécystectomie sous cœlioscopie, est due à une détresse respiratoire secondaire à un défaut technique de branchement sur le respirateur. Ce manquement dans la prise en charge de la patiente est susceptible d'engager la responsabilité du centre hospitalier Comminges-Pyrénées sur le fondement des dispositions précitées.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

Concernant les préjudices de Mme G :

4. Il résulte de l'instruction, que la consolidation est fixée à la date du 13 juin 2019.

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires et permanents :

En ce qui concerne les dépenses de santé actuelles :

5. Mme G n'établit ni même n'allègue que des dépenses de santé seraient restées à sa charge. Elle est inscrite à la MSA en qualité de " non salarié agricole " et bénéficie à ce titre de prestations de l'assurance maladie. La MSA produit un état détaillé des prestations versées dont elle demande le remboursement, et justifie ainsi avoir versé la somme de 7 215 euros au titre de frais d'hospitalisation au centre hospitalier universitaire de Toulouse entre le 13 juin 2016 et le 16 juin 2016. Si elle produit un détail des indemnités journalières versées à Mme G pour une somme totale de 20 052,59 euros, faute de certificat d'imputabilité, dont la défense souligne d'ailleurs l'absence de production, et compte tenu de ce que la requérante a repris son activité professionnelle à temps plein dès le 3 août 2016, il n'en sera retenu que les indemnités journalières versées pour la période d'hospitalisation du 16 juin au 3 août 2016, soit la somme de 1 178,87 euros.

En ce qui concerne les frais divers :

6. Mme G justifie avoir réglé la somme de 1 650 euros pour frais d'assistance du médecin conseil aux deux réunions d'expertise des 12 janvier 2018 et 5 mars 2020. Si elle fait valoir avoir réglé la somme de 1 533,60 euros au titre des frais d'avocat pour son assistance aux expertises, elle ne justifie pas que ces sommes n'aient pas été comprises dans les frais de procédure des référés. Elle fait valoir et justifie des frais de déplacement pour se rendre à l'expertise, à hauteur des sommes de 674 euros et de 221,60 euros. Les frais divers indemnisables s'élèvent ainsi à la somme totale de 2 545,60 euros.

En ce qui concerne la perte de revenus et l'incidence professionnelle :

7. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droit ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perdus par elle.

8. Il résulte de l'instruction, et notamment des avis d'imposition de 2014 à 2019 produits au dossier, une baisse de revenus seulement en 2016 et 2017. Cette diminution est toutefois compensée par les indemnités journalières versées par la MSA à Mme G. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à solliciter une somme au titre de la perte de revenus professionnels actuels et futurs.

9. Si Mme G soutient que son état de santé dégradé du fait de sa fatigabilité cognitive, ses troubles amnésiques importants et l'altération de sa mémoire nécessite une aide quotidienne dans sa vie professionnelle, ce qui est confirmé par l'expertise et les attestations produites au dossier, cette incidence professionnelle n'est pas évaluée par la requérante. Dans ces conditions, Mme G n'établit pas avoir subi un préjudice au titre de l'incidence professionnelle.

10. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable au litige : " L'assuré a droit à une pension d'invalidité lorsqu'il présente une invalidité réduisant dans des proportions déterminées, sa capacité de travail ou de gain, c'est-à-dire le mettant hors d'état de se procurer, dans une profession quelconque, un salaire supérieur à une fraction de la rémunération normale perçue dans la même région par des travailleurs de la même catégorie, dans la profession qu'il exerçait avant la date de l'interruption de travail suivie d'invalidité ou la date de la constatation médicale de l'invalidité si celle-ci résulte de l'usure prématurée de l'organisme. ". Eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par ces dispositions législatives et à son mode de calcul en fonction du salaire, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité.

11. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de ce qui est dit aux points 8 et 9, si la MSA justifie verser une pension d'invalidité d'un montant annuel de 3 880,36 euros, cette prestation ne saurait être regardée comme ayant eu pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle. Dès lors, les prétentions de la MSA en remboursement au titre de la pension d'invalidité doivent être rejetées.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

Quant aux préjudices temporaires :

12. Il résulte de l'instruction que Mme G a subi un déficit fonctionnel total pour les périodes du 13 au 16 juin 2016 et du 24 au 25 mars 2017, un déficit fonctionnel partiel à 50% caractérisant la période du 17 juin au 3 août 2016, et un déficit fonctionnel partiel à 25 % caractérisant la période du 4 août 2016 au 24 mars 2017 puis du 26 mars 2017 à la date de consolidation pour la persistance d'une fatigabilité, l'insomnie et les douleurs. Sur la base de 20 euros par jour, le déficit fonctionnel temporaire, total et partiel, doit ainsi être évalué à la somme de 5 795 euros.

13. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées physiques et psychologiques pour les périodes d'hospitalisation, la fatigue et les troubles amnésiques entravant le quotidien, les douleurs de l'hémicorps droit, ont été évalués à 2,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 2 600 euros.

Quant aux préjudices permanents :

14. Il résulte de l'instruction que Mme G, âgée de 31 ans à la date de consolidation, souffre de troubles de la mémoire et du comportement, d'une fatigue continuelle et une irritabilité permanente. Son déficit fonctionnel permanent a été évalué à 15 % par l'expert, non contesté par les parties Il convient de fixer ce poste de préjudice à la somme de 25 000 euros.

15. Mme G, du fait de sa fatigabilité et son impossibilité de se concentrer, justifie d'un préjudice d'agrément pour ne plus pouvoir exercer l'activité de chasse pour laquelle elle était détentrice d'un permis. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 210 euros.

Concernant les préjudices de Mme A et de M. G :

16. Il résulte de l'instruction, en particulier des expertises et des attestations produites, que les parents de la requérante, proches de celle-ci au quotidien, doivent l'être davantage pour la soutenir depuis les faits. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral respectif subi par les parents de voir l'état de santé de leur fille dégradé à une somme de 2 000 euros.

En ce qui concerne le montant des indemnisations :

17. Il résulte de ce qui précède que le montant indemnisable des préjudices s'élève à la somme de 37 150,60 euros pour Mme D G, à la somme de 2 000 euros chacun pour Mme A et M. G, et que la MSA est fondée à demander le remboursement de ses débours à hauteur de la somme de 8 393,87 euros.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

18. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté susvisé du 15 décembre 2022 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 115 euros et 1 162 euros.

19. Eu égard au montant des sommes accordées à la MSA mentionné au point 17 du présent jugement, cette caisse a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 162 euros. Par suite, le centre hospitalier doit être condamné à verser à cet organisme ladite somme.

Sur les frais liés au litige :

20. Il appartient au tribunal de se prononcer, même d'office, sur la charge des honoraires de l'expertise ordonnée par le juge des référés à la demande de Mme G dès lors qu'ils sont compris dans les dépens de la présente instance.

21. En l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 3 100 euros par les ordonnances susvisées, à la charge définitive du centre hospitalier Comminges-Pyrénées, partie perdante dans la présente instance.

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier Comminges-Pyrénées demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Comminges-Pyrénées une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. La demande faite à ce titre par la MSA devra être rejetée en l'absence de recours à un avocat et de justificatif de frais spécifiques.

D É C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens est condamné à verser à Mme G une somme de 37 150,60 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens est condamné à verser à Mme A et à M. G une somme de 2 000 euros à chacun.

Article 3 : Le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens est condamné à verser à la Mutualité Sociale Agricole Midi-Pyrénées Sud les sommes de 8 393,87 euros, et de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Les frais d'expertise, soit 3 100 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens.

Article 5 : Le centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens versera solidairement à Mme G, à Mme A, et à M. G, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D G, à Mme C A, à M. F G, au centre hospitalier Comminges-Pyrénées de Saint-Gaudens, et à la Mutualité Sociale Agricole Midi-Pyrénées Sud.

Copie en sera transmise aux experts.

Délibéré après l'audience publique du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

V. Rabaté

Le greffier,

S. Sangaré

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 4 juillet 2023,

Le greffier,

S. Sangaré

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N° 1901371

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N° 1901371

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