vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2120787 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 8 février 2021, présentée par Mme A.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 8 février 2021 et 21 février 2022, Mme B A, représentée par Me Cardi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2020 par laquelle le maire de Rosières a rejeté sa demande tendant au paiement des heures complémentaires qu'elle a accomplies au titre de l'exécution de son contrat d'engagement du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Rosières de lui payer les heures complémentaires qu'elle a accomplies au titre de l'exécution de son contrat d'engagement du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rosières la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a accompli, au titre de son dernier contrat d'engagement conclu du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, des heures complémentaires au-delà de la quotité de travail contractuellement prévue, qui n'ont pas été rémunérées par la commune de Rosières ;
- elle est en droit d'obtenir le paiement des heures complémentaires ainsi accomplies durant les 36 semaines de période scolaire, à l'exclusion de la période au cours de laquelle elle a été placée en autorisation spéciale d'absence, à raison de 3 heures hebdomadaires en moyenne.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2021, la commune de Rosières, représentée par Me Hudrisier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable aux motifs qu'elle ne comprend ni moyens ni conclusions, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et que ses conclusions indemnitaires ne sont pas chiffrées, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hudrisier, représentant la commune de Rosières.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par la commune de Rosières (81) en qualité d'adjoint technique contractuel, entre le 23 mars 2017 et le 30 septembre 2020, par un contrat d'engagement à durée déterminée d'une durée d'un an, renouvelé en dernier lieu le 1er octobre 2019 jusqu'au 30 septembre 2020. Par un courrier du 6 novembre 2020, Mme A a adressé au maire de Rosières une demande tendant au paiement des heures complémentaires qu'elle affirme avoir accomplies durant son dernier contrat d'engagement et qui ne lui ont jamais été versées. Cette demande a été rejetée par une décision du 10 décembre 2020. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision et de condamner la commune de Rosières à lui payer les heures complémentaires qu'elle a accomplies au titre de l'exécution de son contrat d'engagement du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige, détermine les cas dans lesquels les collectivités territoriales peuvent recruter des agents non titulaires pour occuper des emplois permanents, par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires selon lequel les emplois permanents des collectivités territoriales sont occupés par des fonctionnaires. L'article 136 de la même loi dispose que : " () les agents contractuels employés en application des articles 3, 3-1, 3-2, 3-3 () de la présente loi () sont régis notamment par les mêmes dispositions que celles auxquelles sont soumis les fonctionnaires en application [de l'article] 20, premier à troisième alinéas [de la loi du 13 juillet 1983] () Les agents contractuels qui ne demandent pas leur intégration ou dont la titularisation n'a pas été prononcée continuent à être employés dans les conditions prévues par la législation et la réglementation applicables ou suivant les stipulations du contrat qu'ils ont souscrit en tant qu'elles ne dérogent pas à ces dispositions légales ou réglementaires. ". Enfin aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 6 du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement peut décider, après avis du comité social territorial compétent, l'instauration d'un dispositif d'horaires variables, dans les conditions prévues à l'article 6 du décret du 25 août 2000 (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par la commune de Rosières à compter du 23 mars 2017 par quatre contrats d'engagement à durée déterminée successifs d'une durée respective d'un an, en qualité d'adjointe technique pour effectuer une mission " d'aide aux différents services ". Son dernier contrat d'engagement, conclu du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, stipule que sa durée du travail hebdomadaire sera variable en fonction des besoins du service et qu'elle percevra une rémunération au prorata du temps de travail à raison de 20/35ème par semaine et, le cas échéant, des heures complémentaires, selon les nécessités du service. En se bornant à soutenir qu'elle a accompli des heures complémentaires pour du temps de garderie au-delà de ses obligations de service entre le 1er octobre 2019 et le 30 septembre 2020, en dehors de la période au cours de laquelle elle a été placée en autorisation spéciale d'absence du fait de la crise sanitaire liée au COVID-19, sans verser d'élément probant à l'appui de ses allégations, Mme A n'établit pas que la commune de Rosières aurait, à tort, refusé de lui verser les rappels correspondants aux heures complémentaires qu'elle soutient avoir effectuées au cours de cette période. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 10 décembre 2020 par laquelle le maire de Rosières a rejeté sa demande tendant au paiement des heures complémentaires qu'elle a accomplies au titre de l'exécution de son contrat d'engagement du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. En l'absence d'illégalité fautive, les conclusions indemnitaires présentées par la requérante doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rosières, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Rosières au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Rosières sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Rosières.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
A. CLe président,
V. RABATÉ
La greffière,
B. FLAESCH
La République mande et ordonne au préfet du Tarn qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
B. FLAESCH
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026