lundi 13 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2121276 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LALANNE-DERRIEN LALANNE |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 20 janvier 2023, la SARL EXP CHUTES DE LA DAZE ECDA, représentée par la SCP d'avocats Lalanne Derrien Lalanne, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la réduction de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de l'année 2019 dans les rôles des communes de Senergues et Espeyrac en Aveyron ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les frais de procédure correspondant à sa facture d'avocat.
Elle soutient que :
- le service doit prendre en compte, en application des articles 1499 et 1500 du code général des impôts, le prix de revient des terrains et constructions inscrit en comptabilité, et non sa déclaration datant de 1973 ;
- elle se prévaut de sa contestation en appel, et de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 19BX04832 du 8 mars 2022 qui lui donne raison.
Par mémoire, enregistré le 21 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL EXP CHUTES DE LA DAZE ECDA, qui exploite des usines destinées à la production d'énergie électrique, demande la réduction de la cotisation foncière mise à sa charge au titre de l'année 2019 dans les rôles des communes de Senergues et Espeyrac en Aveyron.
2. Aux termes de l'article 1381 du code général des impôts : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () ". Aux termes de l'article 1382 du même code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; () ". aux termes de l'article 1467 du même code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. () ". Aux termes de l'article 1499 du code, dans sa rédaction alors applicable : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide de coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 1500 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : / 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; () ". Selon l'article 324 AE de l'annexe III au code général des impôts : " Le prix de revient visé à l'article 1499 du code général des impôts s'entend de la valeur d'origine pour laquelle les immobilisations doivent être inscrites au bilan en conformité de l'article 38 quinquies. / () ". L'article 38 quinquies de cette annexe prévoit que : " 1. Les immobilisations sont inscrites au bilan pour leur valeur d'origine. / Cette valeur d'origine s'entend : / a. Pour les immobilisations acquises à titre onéreux, du coût d'acquisition, c'est-à-dire du prix d'achat minoré des remises, rabais commerciaux et escomptes de règlement obtenus et majoré des coûts directement engagés pour la mise en état d'utilisation du bien et des coûts d'emprunt dans les conditions prévues à l'article 38 undecies. / () ". Enfin, aux termes de l'article 324 AF de la même annexe : " Lorsqu'il ne résulte pas des énonciations du bilan, le prix de revient est déterminé, en tant que de besoin, à partir de tous documents comptables ou autres pièces justificatives et à défaut par voie d'évaluation sous réserve du droit de contrôle de l'administration ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le prix de revient d'une immobilisation industrielle, dont se déduit la valeur locative à comprendre pour les bases d'imposition à la taxe foncière et, par suite, à la cotisation foncière des entreprises, est la valeur d'origine pour laquelle cette immobilisation a été inscrite au bilan. Toutefois, lorsqu'il ne résulte pas des énonciations du bilan, le prix de revient est déterminé, comme le prévoit l'article 324 AF de l'annexe III au code général des impôts, à partir de tous documents comptables ou autres pièces justificatives.
4. Il résulte de l'arrêt 19BX04832 rendu le 8 mars 2022 par la cour administrative d'appel de Bordeaux, dont la requérante se prévaut, que la société a notamment inscrit en immobilisations des terrains et des bâtiments nécessaires à son exploitation industrielle pour des prix d'acquisition s'élevant respectivement à 4 930,11 euros et 145 391,48 euros au 31 décembre des années 2013 à 2015. Au titre de l'année 2016, la valeur totale d'acquisition des bâtiments a été réduite de 7 402,42 euros correspondant à l'installation d'une ligne électrique dont il est constant qu'elle ne constitue pas une construction passible de la taxe foncière. A l'occasion des opérations de contrôle réalisées en 2017 à la suite de la réclamation introduite par la société, l'administration, se fondant notamment sur la déclaration modèle U déposée par la société en 1975 et sur des factures de travaux réalisés pour son compte, a estimé que le prix de revient total des bâtiments entrés à l'actif de la société entre les années 1972 et 2008 ainsi que des travaux réalisés au cours de cette période devant être retenus pour le calcul de ses bases imposables à la taxe foncière et à la cotisation foncière des entreprises s'élevait à 256 761,45 euros.
5. L'arrêt ajoute que la société, qui ne conteste pas que les bâtiments et travaux dont s'agit font partie des constructions et ouvrages mentionnés à l'article 1381 du code général des impôts, fait néanmoins valoir que, selon la méthode d'évaluation dite " comptable " prévue par l'article 1499 du même code, le prix de revient de ses immobilisations industrielles devait être fixé en se fondant uniquement sur le prix d'acquisition des immobilisations non exonérées de taxe foncière inscrites à l'actif de son bilan, soit pour un montant total de 142 919 euros correspondant au prix d'acquisition des terrains et des bâtiments, duquel doit être soustrait le prix d'acquisition de ladite ligne électrique. Et que pour justifier de ce que les énonciations du bilan n'étaient pas suffisamment probantes, l'administration fait elle valoir que la société ne s'est expliquée ni sur la discordance constatée lors du contrôle entre la liste des immobilisations inscrites au registre des immobilisations et celle résultant de la déclaration modèle U déposée par la société en 1975 ni sur la différence entre le prix total d'acquisition des bâtiments passibles de la taxe foncière acquis entre 1972 et 1974, alors déclaré par la société à hauteur de 1 260 213,26 francs (192 118,28 euros) et celui qui est désormais porté au registre pour un montant de 95 363,20 euros au 31 décembre des années 2013 à 2015 et de 87 960,78 euros au 31 décembre de l'année 2016, après soustraction du prix d'achat de la ligne électrique mentionnée au point 4. Toutefois, ajoute l'arrêt, il résulte de l'instruction, notamment des termes de la lettre n° 751-SD du 16 décembre 2008 adressée par l'administration au contribuable, à laquelle l'administration indique s'être référée pour déterminer les bases imposables de la société, que cette discordance s'explique par la sortie de l'actif d'une ancienne conduite forcée, correspondant à des factures établies en octobre 1973 et avril 1974, dont le prix de revient s'élevait à 471 478,80 francs (71 876,48 euros) ainsi que d'une ligne électrique cédée en 1984 à EDF dont la valeur de construction s'élevait à 114 642,40 francs (17 477,12 euros). Et dans ce courrier, l'administration a ainsi pris acte de cette diminution de la valeur de l'actif immobilisé en ramenant le prix total d'acquisition des bâtiments passibles de la taxe foncière acquis entre 1972 et 1974 à la somme de 669 283 francs (102 031,54 euros). L'arrêt conclut que la société est fondée à soutenir que l'administration ne pouvait écarter la méthode d'évaluation dite " comptable ", et qu'elle devait déterminer le prix de revient des terrains et bâtiments industriels pris en compte pour le calcul de la base d'imposition à hauteur de 142 919 euros, tel qu'il résulte des écritures comptables de la société.
6. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander la réduction de la contribution foncière des entreprises établie au titre de l'année 2019, avec détermination du prix de revient des terrains et bâtiments industriels pris en compte pour le calcul de la base d'imposition à hauteur de 142 919 euros.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à la requérante, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le prix de revient des terrains et bâtiments industriels, à prendre en compte pour l'établissement de la base d'imposition à la contribution foncière des entreprises établie au titre de l'année 2019, est fixé au montant de 142 919 euros.
Article 2 : Il est accordé la SARL EXP CHUTES DE LA DAZE ECDA décharge de la contribution foncière des entreprises établie au titre de l'année 2019, à concurrence de la différence entre la cotisation qui a été assignée à la SARL, et celle qui procède de la base d'imposition déterminée comme ci-dessus.
Article 3 : L'Etat versera à la SARL EXP CHUTES DE LA DAZE ECDA une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL EXP CHUTES DE LA DAZE ECDA et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Garonne.
Après en avoir délibéré à l'issue de l'audience du 30 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Moynier, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.
Le président,
V. A
L'assesseure la plus ancienne,
C. Moynier
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 février 2023.
Le greffier,
F. Balicki fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026