lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2121779 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DUPEY |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par M. et Mme B A.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 mars 2021 et 8 février 2022, M. et Mme C B A, représentés par Me Dupey, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur la régularité de la procédure :
- ils n'ont pas été destinataires de la proposition de rectification adressée à la SARL B A ;
- ils n'ont pas été destinataires de la charte des droits et obligations du contribuable qui est une garantie substantielle même dans un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ;
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales :
. en ce qu'elle ne reprend pas la proposition de rectification adressée à la SARL B A et celle-ci n'est pas jointe ;
. en ce qu'elle se fonde sur les comptes courants des SCI B A et SCI Lopez et Jaime sans que le gérant ait eu une demande d'information les concernant ;
- il n'y a pas eu d'information préalable sur le début de la procédure, l'avis datant du 15 janvier 2016 alors que la proposition de rectification date du 22 décembre 2015 ;
Sur le bienfondé de l'imposition :
- l'administration confond rémunérations occultes et distributions occultes ;
- les revenus réputés distribués visés à l'article 109 du code général des impôts ne doivent pas subir la majoration de 25 % pour le calcul des prélèvements sociaux ;
- il n'est pas fait la preuve de l'appréhension des sommes ou valeurs mises à la disposition des associés ;
- c'est à juste titre que les sommes avancées par M. B A pour le compte de la SARL B A ont été comptabilisées au crédit du compte courant ;
- l'article 158-7-2 du code général des impôts n'est pas conforme à la Constitution ;
- s'agissant des contributions complémentaires à l'impôt sur le revenu, les bases sont erronées et n'ont pas de correspondance ;
- les intérêts de retard ne sont pas dus ;
- la majoration pour manquement délibéré de 40 % n'est pas justifiée dans son principe et dans sa base.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2021 et 23 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mars 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B A détiennent l'intégralité du capital de la SARL B A qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité conduite en 2015 portant sur les années 2012 à 2014 ayant donné lieu à une proposition de rectification du 23 décembre 2015. Ils ont personnellement fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2013 à 2014 qui a donné lieu à une proposition de rectification du 22 décembre 2015 par laquelle étaient envisagés des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux. Par la présente requête, M. et Mme B A demandent au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités des suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2014.
Sur la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". En application des dispositions des articles 8 du code général des impôts et L. 53, L. 55 et L. 57 du livre des procédures fiscales, lorsqu'un rehaussement portant sur un impôt dû par une société a également des conséquences à l'égard de la situation fiscale d'autres contribuables (associés, dirigeants ou tiers), des propositions distinctes sont adressées, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition de ces derniers, d'une part, à la société pour l'impôt dont elle est redevable et, d'autre part, à chacune des autres personnes intéressées pour les rectifications apportées à ses impositions personnelles. Hormis le cas où elle se réfère à un document qu'elle joint à la proposition de rectification ou à la réponse aux observations du contribuable, l'administration peut satisfaire son obligation de motivation en se bornant à se référer aux motifs retenus dans une proposition de rectification, ou une réponse à ses observations, consécutive à un autre contrôle et qui lui a été régulièrement notifiée, à la condition qu'elle identifie précisément la proposition ou la réponse en cause et que celle-ci soit elle-même suffisamment motivée.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 22 décembre 2015 concernant les époux B A rappelle que la SARL du même nom a fait l'objet d'une vérification de comptabilité et que les rectifications apportées au niveau de la société en matière d'impôt sur les sociétés ont une incidence au niveau de l'impôt sur le revenu du foyer fiscal des époux et rappelle expressément qu'ils peuvent utilement se référer à la proposition de rectification concernant la SARL B A signifiée par voie d'huissier le 24 décembre 2015 concernant les conséquences financières à l'impôt sur le revenu et que les conséquences financières de leur examen de situation fiscale personnelle s'ajoutent aux conséquences financières de la proposition de rectification de la société.
4. Toutefois, d'une part, il est constant que la proposition de rectification concernant la SARL Peirera A n'était pas jointe à celle du 22 décembre 2015 concernant les époux. D'autre part, l'administration ne justifie par aucune pièce de la signification par voie d'huissier de la proposition de rectification de la société, la mention du conseil des époux dans un courrier du 18 avril 2016 que celle-ci a été remise le 24 décembre 2015, ne pouvant servir de justificatif qu'il incombe au service d'apporter.
5. Dans ces conditions, la proposition de rectification du 22 décembre 2015 ne saurait être regardée comme suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
6. En second et dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la procédure d'imposition en litige : " Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L. 12 et L. 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration ". Le paragraphe 5 du chapitre III de la charte remise au contribuable prévoit que : " Si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les redressements envisagés, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l'inspecteur principal. Si après ces contacts des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l'interlocuteur départemental ou régional qui est un fonctionnaire de rang élevé spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur ". Ces dispositions assurent au contribuable faisant l'objet d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle la garantie substantielle de pouvoir obtenir, avant la clôture de la procédure de redressement, un débat avec le supérieur hiérarchique du vérificateur puis, le cas échéant, avec un fonctionnaire de l'administration fiscale de rang plus élevé.
7. Il résulte de l'instruction que, parallèlement à l'examen contradictoire de la situation personnelle dont les époux B A ont fait l'objet au titre des années 2013 à 2014, l'administration fiscale a procédé à la vérification de la comptabilité de la SARL B A dont les contribuables détiennent l'intégralité du capital, portant sur les années 2012 à 2014. Au cours de la vérification de comptabilité, il a été notamment relevé que M. B A disposait d'un compte courant d'associé créditeur dans les comptes de la société. Les sommes figurant au crédit de ce compte ont été considérées comme des revenus distribués au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, imposables à l'impôt sur le revenu au nom du contribuable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
8. Au motif que les rectifications litigieuses dans le cadre du présent litige trouvent leur origine dans la vérification de la comptabilité de la société et non dans l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, l'administration fait valoir que les contribuables ne peuvent utilement soutenir, en l'absence de transmission de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, avoir été privés des garanties offertes par celle-ci.
9. Toutefois, il ressort des termes mêmes de la proposition de rectification du 22 décembre 2015, que si la vérification de comptabilité de la société a notamment démontré que M. B A était titulaire d'un compte courant d'associé créditeur, c'est dans le cadre de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle dont le contribuable a fait l'objet, notamment au cours des recherches menées sur les débits de ses comptes bancaires, que la nature des sommes ainsi mises à la disposition du contribuable par la société a été examinée et qu'il a été conclu au caractère imposable de ces sommes. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir qu'en ne leur transmettant pas la charte des droits et obligations du contribuable vérifié prévue au 4° alinéa de l'article 10 du livre des procédures fiscales, ils ont été privés d'une garantie substantielle.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que la procédure d'imposition des époux B A est entachée de vices de procédure entrainant la décharge des impositions qui en découlent.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à M. et Mme B A, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme B A sont déchargés des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2012, 2013 et 2014, en droits et pénalités.
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme B A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B A et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 novembre 2023.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026