lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2122020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
A une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, les deux requêtes, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentées A la Compagnie CNA Hardy.
I) A une requête n°2120212 enregistrée le 15 janvier 2021, la Compagnie CNA Hardy, représentée A la SELARL Montazeau et Cara, demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire n°2020-471 émis à son encontre A le directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) le 12 mars 2020 notifié le 15 novembre 2020 et portant sur une somme de 7 606,50 euros.
Elle soutient que :
- les dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique font obstacle à ce que l'ONIAM émette un titre exécutoire ; le code de la santé publique institue une procédure juridictionnelle spécifique permettant à l'ONIAM de recouvrer les sommes versées en substitution d'un assureur d'un établissement public hospitalier ;
- le centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, son assuré, n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la chirurgie de pose d'une prothèse unicompartimentale était tout à fait indiquée chez le patient ; les critères relevés A l'expert pour la pose d'une prothèse unicompartimentale reposent sur une encyclopédie médicale datant de 1991, 1994 et 2002 et ne sont plus actuels ;
- s'agissant de la chirurgie de reprise de la prothèse en date du 15 mai 2015, la décision était réfléchie et adaptée au cas de M. B C ; l'expert a expressément indiqué dans son rapport que les indications chirurgicales n'étaient pas fautives mais inadaptées au cas du patient ;
- l'instabilité prothétique dans les suites de l'intervention du 15 mai 2015 n'est pas liée à une insuffisance technique et à un défaut d'implantation des implants ; le résultat fonctionnel décevant de cette reprise relève d'un accident médical non fautif.
A un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2021, l'ONIAM, représenté A Me de la Grange, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la Compagnie CNA Hardy soit condamnée à lui rembourser la somme correspondant au montant du titre exécutoire en litige ;
3°) à la condamnation de la Compagnie CNA Hardy à lui verser des intérêts au taux légal sur la somme de 7 606,50 euros à compter du 15 janvier 2021, date de réception de la requête, avec capitalisation à compter du 16 janvier 2022 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date ;
4°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la Compagnie CNA Hardy à lui verser une pénalité de 15% sur les sommes réclamées A le titre exécutoire en vertu des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
5°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la Compagnie CNA Hardy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en tant qu'établissement public administratif, il bénéficie du pouvoir d'émettre des titres exécutoires en vue de recouvrer sa créance subrogatoire ;
- le titre exécutoire est bien-fondé ; la prise en charge de M. B C A le CHU de Toulouse est fautive ainsi qu'il ressort clairement du rapport d'expertise ; ces manquements sont en lien avec le dommage subi A l'intéressé ;
- l'indication inadaptée de pose d'une prothèse unicompartimentale au cas du patient est une indication fautive ;
- la reprise chirurgicale au profit d'une pose de prothèse totale de genou n'était pas justifiée, le manquement réside dans une reprise trop précoce sans avoir déterminé les causes des douleurs ;
- l'expert a relevé un défaut d'implantation des implants fémoral et/ou tibial, lié à une insuffisance technique, à l'origine de l'instabilité prothétique ayant nécessité une nouvelle reprise chirurgicale ;
- la pénalité correspondant à 15% du montant des sommes dues sera infligée dès lors que la Compagnie CNA Hardy n'a pas présenté une offre d'indemnisation à M. B C.
II) A une requête n° 2122020 et un mémoire enregistrés les 9 avril 2021 et 11 janvier 2022, la Compagnie d'assurances CNA Hardy, représentée A la SELARL Montazeau et Cara demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire n°2020-907 émis à son encontre A le directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) le 15 juillet 2020 et notifié le 16 février 2021 et portant sur une somme de 33 829,58 euros.
Elle soutient que :
- les dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique font obstacle à ce que l'ONIAM émette un titre exécutoire ; le code de la santé publique institue une procédure juridictionnelle spécifique permettant à l'ONIAM de recouvrer les sommes versées en substitution d'un assureur d'un établissement public hospitalier ;
- le centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, son assuré, n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la chirurgie de pose d'une prothèse unicompartimentale était tout à fait indiquée chez le patient ; les critères relevés A l'expert pour la pose d'une prothèse unicompartimentale reposent sur une encyclopédie médicale datant de 1991, 1994 et 2002 et ne sont plus actuels ;
- s'agissant de la chirurgie de reprise de la prothèse en date du 15 mai 2015, la décision était réfléchie et adaptée au cas de M. B C ; l'expert a expressément indiqué dans son rapport que les indications chirurgicales n'étaient pas fautives mais inadaptées au cas du patient ;
- l'instabilité prothétique dans les suites de l'intervention du 15 mai 2015 n'est pas liée à une insuffisance technique et à un défaut d'implantation des implants ; le résultat fonctionnel décevant de cette reprise relève d'un accident médical non fautif.
A un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2021, l'ONIAM, représenté A Me de la Grange, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la Compagnie CNA Hardy soit condamnée à lui rembourser la somme correspondant au montant du titre exécutoire en litige ;
3°) à la condamnation de la Compagnie CNA Hardy à lui verser des intérêts au taux légal sur la somme de 33 829,58 euros à compter du 9 avril 2021, date de réception de la requête, avec capitalisation à compter du 10 avril 2022 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date ;
4°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la Compagnie CNA Hardy à lui verser une pénalité de 15% sur les sommes réclamées A le titre exécutoire en vertu des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
5°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la Compagnie CNA Hardy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en tant qu'établissement public administratif, il bénéficie du pouvoir d'émettre des titres exécutoires en vue de recouvrer sa créance subrogatoire ;
- le titre exécutoire est bien-fondé ; la prise en charge de M. B C A le CHU de Toulouse est fautive ainsi qu'il ressort clairement du rapport d'expertise ; ces manquements sont en lien avec le dommage subi A l'intéressé ;
- l'indication inadaptée de pose d'une prothèse unicompartimentale au cas du patient est une indication fautive ;
- la reprise chirurgicale au profit d'une pose de prothèse totale de genou n'était pas justifiée, le manquement réside dans une reprise trop précoce sans avoir déterminé les causes des douleurs ;
- l'expert a relevé un défaut d'implantation des implants fémoral et/ou tibial, lié à une insuffisance technique, à l'origine de l'instabilité prothétique ayant nécessité une nouvelle reprise chirurgicale ;
- la pénalité correspondant à 15% du montant des sommes dues sera infligée dès lors que la Compagnie CNA Hardy n'a pas présenté une offre d'indemnisation à M. B C.
A lettre adressée le 6 février 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées A l'ONIAM tendant à la condamnation de la CNA Hardy à lui verser les sommes de 7 606,50 euros et 33 829,58 euros dès lors qu'il a émis deux avis des sommes à payer préalablement à cette demande.
Une réponse au moyen d'ordre public a été enregistrée le 10 février 2023 présentée pour l'ONIAM.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°92-1476 du 31 décembre 1992 ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure,
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
- et les observations de Me Dufour, représentant la Compagnie CNA Hardy.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, souffrant d'une gonarthrose médiale bilatérale du genou droit diagnostiquée le 25 avril 2014, s'est vu prescrire des infiltrations d'acide hyaluronique. Devant la persistance des douleurs, M. B C a consulté le 15 juillet 2014 un chirurgien orthopédiste au centre hospitalier universitaire de Toulouse qui a préconisé la pose d'une prothèse unicompartimentale médiale du genou. Cette intervention chirurgicale a été réalisée le 8 septembre 2014. Toutefois, un épanchement articulaire et des douleurs antérieures handicapantes ont été constatés lors d'une consultation de contrôle le 20 octobre 2014. Une opération de remplacement de la prothèse unicompartimentale A une prothèse totale du genou a été réalisée le 15 mai 2015. M. B C présentant toujours des douleurs mécaniques et une instabilité prothétique, une troisième opération de reprise chirurgicale de la prothèse a été réalisée le 22 juillet 2016. M. B C a été placé en invalidité à compter du 18 juin 2017. Le 11 avril 2017, il a saisi la Commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. Une expertise médicale de son état a été réalisée le 5 juillet 2017 et déposée le 24 juillet 2017. L'ONIAM, se substituant à l'assureur du centre hospitalier universitaire de Toulouse, la Compagnie CNA Hardy, a versé à M. B C, selon un premier protocole d'indemnisation transactionnelle conclu le 29 octobre 2019, la somme de 7 606,50 euros et, selon un second protocole conclu le 15 juin 2020, la somme de 33 829,50 euros en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. Le 12 mars 2020, le directeur de l'ONIAM a adressé à la Compagnie CNA Hardy un premier avis des sommes à payer n°2020-471 pour un montant de 7 606,50 euros et, le 15 juillet 2020, un second avis des sommes à payer n°2020-907 pour un montant de 33 829,50 euros, afin de recouvrer ces sommes. La Compagnie CNA Hardy demande l'annulation de ces titres de recette.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°2120212 et n°2122020, présentées A la même requérante et tendant à l'annulation de décisions ayant la même nature et le même objet, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer A un seul jugement.
Sur les conclusions en annulation des titres exécutoires :
En ce qui concerne la possibilité pour l'ONIAM d'émettre un titre exécutoire :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. () L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis. ".
4. En second lieu, le premier alinéa de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique dispose que : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés A la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ainsi que des indemnisations qui lui incombent, le cas échéant, en application des articles L. 1142-15, L. 1142-18, L. 1142-24-7 et L. 1142-24-16. ". Aux termes de l'article L. 1142-23 de ce code : " L'office est soumis à un régime administratif, budgétaire, financier et comptable défini A décret. () ". Aux termes de l'article R. 1142-53 de ce code, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales " est soumis aux dispositions des titres Ier et III du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. ".
5. Aux termes de l'article 98 de la loi du 31 décembre 1992 de finances rectificative pour 1992 : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir ". Aux termes de l'article 28 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, qui figure dans le titre Ier de ce décret : " L'ordre de recouvrer fonde l'action de recouvrement. Il a force exécutoire dans les conditions prévues A l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales. Le comptable public muni d'un titre exécutoire peut poursuivre l'exécution forcée de la créance correspondante auprès du redevable, dans les conditions propres à chaque mesure d'exécution. Le cas échéant, il peut également poursuivre l'exécution forcée de la créance sur la base de l'un ou l'autre des titres exécutoires énumérés A l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution. ".
6. Il résulte des dispositions précitées que l'ONIAM peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Les dispositions de l'article L. 1142-15 de ce code ne font pas obstacle à ce que l'ONIAM émette un tel titre à l'encontre de la personne responsable du dommage, ou de son assureur afin de recouvrer les sommes versées à la victime, aux droits de laquelle il est subrogé.
7. Dès lors, la Compagnie CNA Hardy n'est pas fondée à soutenir que l'ONIAM ne pouvait pas procéder au recouvrement de sa créance A l'émission d'un titre exécutoire.
En ce qui concerne le bien-fondé des titres exécutoires :
S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse :
8. Lorsque l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales émet un titre exécutoire en vue du recouvrement de la somme versée à la victime en application des dispositions précitées de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, le recours du débiteur tendant à la décharge de la somme ainsi mise à sa charge invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'office est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice.
9. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, () tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
10. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que M. B C, après s'être vu proposer une ostéotomie tibiale de valgisation A un premier médecin, a consulté un second médecin qui a indiqué la pose d'une prothèse unicompartimentale médiale du genou, opération qui a été acceptée A M. B C et réalisée le 8 septembre 2014. L'expert, au vu d'une littérature médicale datant de 1991, 1994 et 2002, a considéré dans son rapport que la pose d'une prothèse unicompartimentale ne semblait pas adaptée au cas de M. B C, mettant en avant son indice de masse corporelle relativement élevé de 28,5 ainsi que son jeune âge de 52 ans, relevant toutefois que son état ne présentait pas de contre-indication formelle à la pose d'une telle prothèse. La Compagnie CNA Hardy conteste l'expertise en s'appuyant sur l'abstract d'une publication de 2010 indiquant que la prothèse unicompartimentale fait désormais partie intégrante de l'arsenal thérapeutique, et sur deux avis circonstanciés, établis A des chirurgiens orthopédistes, selon lesquels les critères et les résultats des prothèses unicompartimentales ont été réévalués depuis la littérature mentionnée A l'expert. L'indice de masse corporelle du patient, qui ne révélait pas une obésité morbide, ne contrindiquerait pas les recours à cette prothèse. Quant à son jeune âge, selon ces deux avis, au contraire de ce qu'a indiqué l'expert, il représente aujourd'hui un facteur d'indication, plutôt que de contre-indication. Ainsi, la préférence pour le recours à la prothèse au détriment de l'ostéotomie s'avère évolutive et différemment appréciée dans la littérature médicale et A les professionnels du corps médical. A ailleurs, s'il est regrettable que le dossier médical de M. B C ne contienne, selon l'expert, peu ou pas d'éléments clinique ou para-clinique pouvant expliquer le choix d'une reprise chirurgicale de la prothèse A la pose d'une prothèse totale, il ne résulte pas de l'instruction que cette indication chirurgicale, fusse-t-elle précoce, soit constitutive d'un manquement. En outre, l'expert indique expressément dans son rapport que ces indications chirurgicales ne sont pas fautives. Enfin, si le rapport d'expertise retient que l'instabilité de la prothèse et la bascule latérale de 45° de la rotule auraient pour cause une défaut d'implantation des implants fémoral et/ou tibial lié à une insuffisance technique, il ne résulte pas de l'instruction que cette insuffisance soit objectivée et partant, établie.
11. Il résulte de ce qui précède qu'aucune faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse sur le fondement des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique n'est établie. A suite, les créances en cause étant infondées, l'ONIAM ne pouvait pas se prévaloir des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique pour demander à la Compagnie CNA Hardy, en sa qualité d'assureur du centre hospitalier de Toulouse, le paiement des sommes qu'il a versées à M. B C en application des deux protocoles d'indemnisation transactionnelle des 29 octobre 2019 et 15 juin 2020.
12. Il résulte de tout ce qui précède que le titre exécutoire n° 2020-471 émis le 12 mars 2020 pour un montant de 7 606,50 euros et le titre exécutoire n°2020-907 émis le 15 juillet 2020 pour un montant de 33 829,58 euros doivent être annulés. La présente annulation implique nécessairement que la Compagnie CNA Hardy soit déchargée du paiement de la totalité des sommes à payer à l'ONIAM au titre de l'indemnisation des dommages subis A M. B C.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées A l'ONIAM :
13. La décharge prononcée implique nécessairement que les conclusions présentées A l'ONIAM aux fins de condamnation de la Compagnie CNA Hardy à lui verser la somme de 41 436,08 euros, aux fins de versement des intérêts et à leur capitalisation et aux fins de versement de la pénalité prévue A les dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique soient rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la Compagnie CNA Hardy, qui n'est pas partie perdante, dans ces deux instances.
DÉCIDE :
Article 1er : Le titre exécutoire n° 2020-471 d'un montant de 7 606,50 euros et le titre exécutoire n°2020-907 d'un montant de 33 829,58 euros émis A l'ONIAM les 12 mars et 15 juillet 2020 sont annulés.
Article 2 : La Compagnie CNA Hardy est déchargée du paiement de la somme globale de 41 436,08 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Compagnie CNA Hardy et à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Couégnat, première conseillère,
- Mme Viallet, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 4 avril 2023.
Le greffier,
F. Balicki
No2120212, 2122020fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026