mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200335 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat TEULY-DESPORTES |
| Avocat requérant | RAYNAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 24 janvier 2022 et le 10 janvier 2023 à 7H46, Mme B A, représentée par Me Raynal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté sa demande de retrait de la décision du 18 octobre 2021 rejetant sa demande d'aide financière ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault de lui verser l'aide financière ainsi sollicitée dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le département de l'Hérault à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral lié aux fautes commises dans la procédure d'instruction de sa demande d'aide sociale financière, ainsi que les intérêts de retard au taux légal à compter de l'enregistrement de sa requête et, le cas échéant, leur capitalisation
4°) de mettre à la charge du département de l'Hérault la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier, dans cette hypothèse, s'engage à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de la mission d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'absence de projet éducatif n'est pas au nombre des motifs susceptibles de la fonder légalement ;
- eu égard à son illégalité, elle a subi un préjudice moral évalué à la somme de 1 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête et sollicite, à titre subsidiaire, une substitution de motifs.
Il soutient que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- au surplus, le motif tiré de la circonstance qu'elle dispose de ressources suffisantes pouvait légalement fonder le refus d'aide financière en litige.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Teuly-Desportes, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de Me Raynal représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui assumait alors la charge de trois enfants âgés respectivement de 20 ans, 18 ans et 16 ans, a sollicité une aide sociale financière exceptionnelle. Par une décision du 18 octobre 2021, sa demande a été rejetée au motif que ses enfants étaient pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance. A la suite du recours administratif que Mme A a formé, cette décision a été confirmée, le 22 novembre 2021, pour un autre motif. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette dernière décision en invoquant son illégalité et recherche la responsabilité du département de l'Hérault.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative (CJA).
3. Il résulte de ce qui précède que Mme A ne peut utilement invoquer le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée qui relève des vices propres de cette décision.
4. D'autre part, termes de l'article L. 222-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'aide à domicile est attribuée sur sa demande, ou avec son accord, à la mère, au père ou, à défaut, à la personne qui assume la charge effective de l'enfant, lorsque la santé de celui-ci, sa sécurité, son entretien ou son éducation l'exigent et, pour les prestations financières, lorsque le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes () ". Aux termes de l'article L. 222-3 du même code : " L'aide à domicile comporte : () le versement d'aides financières, effectué sous forme soit de secours exceptionnels, soit d'allocations mensuelles, à titre définitif ou sous condition de remboursement, éventuellement délivrés en espèces ". Les dispositions précitées ne créent pas au profit des demandeurs un droit à obtenir une aide financière, qui, par sa nature, présente un caractère provisoire et qui ne peut être légalement accordée ou refusée qu'en considération de la situation particulière des personnes qui les sollicitent. Le président du conseil départemental dispose cependant d'une marge d'appréciation quant au choix des moyens à mettre en œuvre pour venir en aide aux familles en difficulté et notamment pour décider d'accorder, ou non, l'aide à domicile prévue à l'article L. 222-2 du code de l'action sociale et des familles et si oui, pour en déterminer le montant. Il peut fonder sa décision, sous le contrôle du juge administratif, sur d'autres critères que ceux prévus par les dispositions législatives ou règlementaires et notamment sur le comportement des bénéficiaires de l'aide.
5. Aux termes de l'article L. 111-4 du code de l'action sociale et des familles : " L'admission à une prestation d'aide sociale est prononcée au vu des conditions d'attribution telles qu'elles résultent des dispositions législatives ou réglementaires et, pour les prestations légales relevant de la compétence du département ou pour les prestations que le département crée de sa propre initiative, au vu des conditions d'attribution telles qu'elles résultent des dispositions du règlement départemental d'aide sociale mentionné à l'article L. 121-3 ". L'article L. 121-3 de ce code dispose que : " Dans les conditions définies par la législation et la réglementation sociales, le conseil départemental adopte un règlement départemental d'aide sociale définissant les règles selon lesquelles sont accordées les prestations d'aide sociale relevant du département ".
6. Il ne ressort pas du règlement départemental d'aide sociale de l'Hérault, versé au dossier par la requérante, que l'allocation mensuelle est attribuée aux seules familles qui ont fait le choix de s'engager dans un projet éducatif construit en concertation avec les travailleurs sociaux de sorte que Mme A est fondée à soutenir que le président du conseil départemental de l'Hérault ne pouvait légalement lui opposer ce motif sur le fondement des dispositions des articles L. 222-2 et L. 222-3 du code de l'action sociale et des familles.
7. Pour autant, ainsi qu'il résulte des dispositions de l'article L. 222-2 du code de l'action sociale et des familles, le versement de l'allocation est subordonné à une insuffisance de ressources. Or, il résulte de l'instruction et notamment des éléments versés au dossier par le département de l'Hérault, qui sollicite une substitution de ce motif en proposant le motif de refus tiré de l'insuffisance de ressources, que Mme A, au regard de son salaire, d'un montant mensuel de 1 276,05 euros et des prestations d'aide sociale perçues à hauteur d'un montant mensuel de 1 342, 32 euros, et compte tenu de ses charges mensuelles fixées à 1 784, 61 euros comprenant des impayés de loyer, laisse apparaître un reste à vivre de 759, 18 euros pour un foyer comptant désormais trois personnes et non plus quatre, ce qui peut apparaître, suffisant. Si, dans le dernier état de ses écritures, Mme A produit de nouveaux documents et justifie qu'elle a eu une retenue sur prestations sociales d'un montant de 500 euros au mois de mars 2022, cet élément et la circonstance qu'elle a présenté une demande de logement social ne caractérisent pas le caractère manifestement erroné de l'appréciation de ses ressources. Dans ces conditions, et dès lors que ce motif était de nature à fonder le refus de l'allocation ainsi opposé, il y a lieu de le substituer à celui opposé à Mme A et de rejeter par là même les conclusions présentées par cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution de sorte que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
9. En l'absence d'illégalité, Mme A n'est pas fondée à invoquer la faute qu'aurait commise le département de l'Hérault en refusant de lui attribuer une aide financière mensuelle. Il suit de là que les conclusions à fin d'indemnisation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Hérault, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au département de l'Hérault et à Me Raynal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La magistrate désignée,
D. C La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 janvier 2023.
La greffière,
L. Rocher
N°2200335 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026