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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2200443

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2200443

lundi 20 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2200443
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLOUP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 janvier et 19 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Loup, demande au tribunal :

1°) la décharge du rappel de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014, en droits et pénalités ;

2°) la mise à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Il soutient que :

- la procédure d'imposition est irrégulière, le service ne rapporte pas la preuve de la présentation à son domicile d'une proposition de rectification qui daterait du 14 décembre 2017, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales et de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-10-30 n°130 du 27 février 2014 ;

- l'attestation postale fournie par le service fait état d'une date de présentation du pli sans préciser la date d'avis de passage ; la copie de l'accusé de réception ne fait pas mention ni de la date de présentation ni de la date de l'avis de passage.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2022 et le 14 avril 2023, le directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code des postes et des communications électroniques ;

- l'arrêté du 7 février 2007, pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Loup, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle à l'issue duquel des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014, dont il demande la décharge en droits et pénalités.

Sur les conclusions en décharge :

2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ".

3. Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 susvisé : " En cas d'absence du destinataire à l'adresse indiquée par l'expéditeur lors du passage de l'employé chargé de la distribution, un avis du prestataire informe le destinataire que l'envoi postal est mis en instance pendant un délai de quinze jours à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal à son domicile ainsi que du lieu où cet envoi peut être retiré. () La preuve de distribution comporte également la date de présentation de l'envoi. ". Aux termes de l'article 6 suivant : " Un exemplaire de la preuve de distribution doit être conservé par le prestataire de services postaux pendant un an à compter de la date de distribution. Pendant cette période, cette pièce est communiquée, à leur demande, à l'expéditeur et au destinataire, après vérification de leur identité. ". Aux termes de l'article 7 suivant : " A la demande de l'expéditeur, (), le prestataire peut établir un avis de réception attestant de la distribution de l'envoi. Cet avis est retourné à l'expéditeur et comporte les informations suivantes : - les nom et prénom de la personne ayant accepté l'envoi et sa signature (le destinataire ou son mandataire) ; - la pièce justifiant son identité ; - la date de présentation si l'envoi a fait l'objet d'une mise en instance ; - la date de distribution ; le numéro d'identification de l'envoi ; - l'identification du prestataire ayant effectué la distribution, s'il est différent de celui auprès duquel l'envoi a été déposé. ".

4. Il résulte de ces dispositions que les rectifications doivent être notifiées au contribuable. En cas de contestation sur ce point, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification a été régulièrement adressée au contribuable et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière, le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

5. Il résulte de l'instruction que le pli recommandé contenant la proposition de rectification, a été expédié le 14 décembre 2017 à l'adresse de M. B, 277 rue Saint Priest à Montpellier, puis retourné le 3 janvier 2018 à l'administration accompagné d'un avis de réception sur lequel est cochée la mention " pli avisé non réclamé ", correspondant au motif de non-distribution. Par ailleurs, le service produit une attestation des services postaux du 1er février 2018, précisant que ce pli " a été présenté au destinataire le 15 décembre 2017 et vous a été distribué en retour le 3 janvier 2018 pour motif non réclamé ". Dans ces conditions, l'administration établit que la proposition de rectification a été régulièrement notifiée à M. B à la date du 15 décembre 2017. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition doit être écarté.

6. M. B ne saurait utilement se prévaloir des énonciations de l'instruction administrative référencée BOI-CF-IOR-10-30 n°130 du 27 février 2014 qui est relative à la procédure d'imposition et n'est pas invocable sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B aux fins de décharge doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. B et tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat ne peuvent qu'être rejetées.

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à verser une somme quelconque au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

V. Rabaté

Le greffier,

S. Sangaré

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 novembre 2023.

Le greffier,

S. Sangaréfb

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