mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2200560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 février 2022, le 27 octobre 2022 et le 4 novembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Blancom Pyrénées, représentée par Me Bonfils, demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite du maire et du conseil municipal de Carcassonne d'abroger le règlement local de publicité approuvé le 12 décembre 2019 par le conseil municipal ;
2°) de lui allouer une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie de son intérêt et de sa qualité pour agir contre la décision contestée ;
- en violation des articles R. 153-20 et R. 153-21 du code de l'urbanisme, la publication de la délibération du 27 septembre 2018 ne précisait pas les lieux où le dossier de révision du règlement de 1984 pourrait être consulté, le dossier de révision n'était pas complet à cette date et le public ainsi qu'elle-même en tant qu'opérateur de publicité ont été privés de l'accès au dossier de révision, qu'ils n'ont pu consulter qu'au stade de l'enquête publique, de la possibilité d'intervenir dans la procédure de révision et donc d'une garantie de procédure ;
- dans les trois zones de publicité créées par le règlement local de publicité aucune règle de densité, d'interdistance ni aucune restriction ne sont fixées pour la publicité apposée sur le mobilier urbain, qui reste ainsi soumise aux seules dispositions des articles R. 581-42 à R. 581-47 du code de l'environnement, sans que cela ne soit justifié par des circonstances particulières ni explicité par le règlement lui-même, alors qu'en application de l'article L. 581-14 du code de l'environnement un règlement local doit être plus restrictif que le règlement national pour toutes les formes de publicité ; le règlement contesté, qui crée ainsi un régime dérogatoire en faveur de la publicité sur le mobilier urbain, ne respecte pas le principe d'égalité et porte une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie, à la concurrence et à la liberté de l'affichage et de la publicité (Avis L et P Conseil d'Etat 22 novembre 2000).
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 mai et le 29 novembre 2022, la commune de Carcassonne, représentée par la SCP Richer et Associés Droit Public, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SAS Blancom Pyrénées à lui payer la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont donc pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bonfils, représentant la société Blancom Pyrénées.
Une note en délibéré présentée pour la société Blancom Pyrénées a été enregistrée le 17 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 septembre 2018, le conseil municipal de Carcassonne a prescrit la révision du règlement local de la publicité, délibéré sur les objectifs poursuivis et défini les modalités de la concertation. Le conseil municipal a débattu le 13 décembre 2018 sur les orientations générales du projet de règlement local de publicité et en a arrêté le projet par délibération du 23 mai 2019 après avoir lors de la même séance tiré le bilan de la concertation. Le projet a été soumis à enquête publique du 16 septembre au 18 octobre 2019. Par délibération du 12 décembre 2019, le conseil municipal a adopté le nouveau règlement local de publicité de la commune. Par un premier courrier du 29 novembre 2021 puis un courrier de relance du 13 janvier 2022, la société Blancom Pyrénées a demandé à la commune d'abroger le nouveau règlement. Par la présente requête, la société Blancom Pyrénées doit être regardée comme demandant l'annulation du refus implicite opposé à sa demande d'abrogation au motif de l'illégalité du règlement local de publicité.
2. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. () ".
3. Si, dans le cadre de la contestation d'un acte réglementaire intervenant après l'expiration du délai de recours contentieux contre cet acte, par la voie de l'exception ou sous la forme d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de l'abroger, la légalité des règles qu'il fixe, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir peuvent être utilement critiquées, il n'en va pas de même des conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne pouvant être utilement invoqués que dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux.
4. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que la société Blancom Pyrénées ne peut utilement invoquer, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir du refus de la commune d'abroger son règlement local de publicité adopté par délibération du 12 décembre 2019, les moyens tirés des vices de procédure dont il serait entaché.
5. Aux termes de l'article L. 581-14 du code de l'environnement : " L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme, la métropole de Lyon ou, à défaut, la commune peut élaborer sur l'ensemble du territoire de l'établissement public ou de la commune un règlement local de publicité qui adapte les dispositions prévues aux articles L. 581-9 et L. 581-10. / Sous réserve des dispositions des articles L. 581-4, L. 581-8 et L. 581-13, le règlement local de publicité définit une ou plusieurs zones où s'applique une réglementation plus restrictive que les prescriptions du règlement national. () ". Ces dispositions confèrent aux autorités locales, en vue de la protection du cadre de vie et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, un large pouvoir de réglementation de l'affichage, qui leur permet notamment d'interdire dans ces zones toute publicité ou certaines catégories de publicité en fonction des procédés ou des dispositifs utilisés. Il leur appartient cependant d'exercer ce pouvoir de police dans le respect du principe d'égalité et sans porter une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie et à la concurrence, ainsi qu'à la liberté de l'affichage et la publicité.
6. Contrairement à ce que soutient la société requérante, les dispositions précitées n'imposent pas à la commune de fixer des règles plus restrictives que celles du règlement national de publicité à toutes les formes de publicité ou d'enseigne dans toutes les zones ainsi définies dans son règlement local de publicité. En tout état de cause, et contrairement à ce que soutient la société, le règlement de la zone 1 prévoit à son article 1.3 une interdiction de toute publicité commerciale sur mobilier urbain dans la Cité.
7. Si la société requérante expose que le règlement local de publicité de Carcassonne ne fixe pas de règles de densité et d'interdistance pour la publicité sur le mobilier urbain, que les dispositifs publicitaires scellés au sol sont soumis à des règles de densité et d'interdistance dans les zones d'activités et sur les voies urbaines, que la règle d'interdistance est différente en zone 2 pour les publicités murales et celles scellées au sol, que la règle des 200 mètres ne s'applique qu'aux dispositifs publicitaires numériques, que dans la zone 2 " ZAE Cité 2 " la publicité est admise sous conditions sur le côté gauche mais pas sur le côté droit et que dans la zone 3 la surface et la hauteur de la publicité scellée au sol et la surface de la publicité murale sont limitées, elle se borne à affirmer que le règlement dont l'illégalité est invoqué créerait ainsi un régime dérogatoire en faveur de la publicité sur le mobilier urbain et qu'il porterait une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie et au principe de la libre concurrence, sans développer d'argumentaire précis de nature à établir dans quelle mesure l'application de ces règles créerait une position dominante et conduirait nécessairement à l'exploitation abusive d'une telle position.
8. Par ailleurs la seule circonstance que le règlement local de publicité de Carcassonne créé ces règles différentes pour les dispositifs différents que sont les publicités murales, les dispositifs publicitaires scellés au sol et les dispositifs publicitaires numériques, ne saurait révéler une atteinte au principe d'égalité. Il résulte du plan de zonage du règlement local de publicité que l'ancienne RN 113 constitue la limite entre la zone 2 ZAE Cité et la zone 1 constituée par la partie centrale de Carcassonne, le site inscrit et les hameaux. Il n'est pas établi ni même allégué que la délimitation des zones du règlement local de publicité serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions la circonstance que les règles applicables soient différentes de chaque côté de cette voie, alors même que certaines activités commerciales se situent du côté de la zone 1 ne constitue pas une atteinte au principe d'égalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la société Blancom Pyrénées n'est pas fondée à soutenir que le règlement local de publicité de Carcassonne approuvé par délibération du conseil municipal du 12 décembre 2019 serait illégal et à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par la commune à sa demande d'abrogation.
10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Carcassonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Blancom Pyrénées au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Blancom Pyrénées la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Carcassonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société Blancom Pyrénées est rejetée.
Article 2 : La société Blancom Pyrénées versera à la commune de Carcassonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Blancom Pyrénées et à la commune de Carcassonne.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023
La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin
La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 mai 2023
La greffière,
A. Lacaze
Ls
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.
01/06/2026