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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2200736

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2200736

vendredi 1 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2200736
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-Président GAYRARD
Avocat requérantSCP CAUVIN - LEYGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 14 février 2022, le Président du tribunal administratif de Limoges a transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée le 9 février 2022, par M. A B.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février 2022 et 12 mai 2023, M. A B, représenté par Me Leygue, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté de pension du 4 octobre 2021 en tant qu'il ne prend pas en compte l'avancement de son grade au 6ème échelon, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 15 décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de réviser le titre de pension concédé afin d'y inclure rétroactivement le 6ème échelon à compter du 1er novembre 2021, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté de pension ne prend pas en compte la réalité de son parcours professionnel en ne retenant pas son 6ème échelon ;

- il s'est acquitté des cotisations liées aux échelons, lesquelles lui ouvrent droit à la prise en compte de ces échelons dans le calcul de ses droits à pension.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mars et 5 juin 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête :

Il fait valoir que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public ;

- la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gayrard, magistrat désigné,

- et les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 2 septembre 1961, brigadier-chef de la police nationale, a bénéficié, suite à sa demande, par un arrêté du 5 août 2016, d'une prolongation d'activité du 3 janvier 2017 au 3 octobre 2018. Il a ensuite bénéficié, par un arrêté du 8 mars 2018, d'une seconde prolongation, à compter du 4 octobre 2018, jusqu'à son 67ème anniversaire. Par un arrêté du 27 septembre 2018, M. B a fait l'objet de deux arrêtés portant respectivement avancement au 5ème échelon de son grade le 27 septembre 2018, avec effet au 1er novembre 2018, et au 6ème échelon le 4 août 2021, avec effet au 1er mai 2021. Par arrêté du 25 mars 2021, M. B a été admis à faire valoir ses droits à la retraite, suite à sa demande, à compter du 1er novembre 2021. Par un arrêté du 4 octobre 2021, M. B s'est vu concéder un titre de pension lequel retient le grade de brigadier-chef de la police nationale de 4ème échelon. M. B a sollicité la révision de sa pension ainsi concédée afin que soit pris en compte l'avancement de son grade au 6ème échelon. Par une décision du 15 décembre 2021, le service des retraites de l'Etat a expressément refusé de faire droit à cette demande. Par la présente requête, M. B sollicite l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2021, en tant qu'il ne prend pas en compte l'avancement de son grade au 6ème échelon, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 15 décembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article 1-1 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 modifiée relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public issues de l'article 69 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites : " Sous réserve des droits au recul des limites d'âge reconnus au titre des dispositions de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, les fonctionnaires dont la durée des services liquidables est inférieure à celle définie à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, lorsqu'ils atteignent les limites d'âge applicables aux corps auxquels ils appartiennent, sur leur demande, sous réserve de l'intérêt du service et de leur aptitude physique, être maintenus en activité. La prolongation d'activité prévue à l'alinéa précédent ne peut avoir pour effet de maintenir le fonctionnaire concerné en activité au-delà de la durée des services liquidables prévue à l'article L. 13 du même code ni au-delà d'une durée de dix trimestres. Cette prolongation d'activité est prise en compte au titre de la constitution et de la liquidation du droit à pension. ".

3. A supposer même qu'une décision de l'administration relative à la situation d'un agent public serait irrégulière, il incombe à la Caisse des dépôts et consignations d'en tirer les conséquences légales sur les droits à pension de l'intéressé, tant que cette décision n'a pas été annulée ou retirée, à moins qu'elle ne revête le caractère d'un acte inexistant, d'une reconstitution de carrière fictive intervenue à titre purement gracieux ou qu'elle ait pour effet de maintenir un fonctionnaire en prolongation d'activité au-delà de la durée des services liquidables lui permettant d'obtenir une pension à taux plein.

4. M. B a été atteint par la limite d'âge statutaire de son grade le 2 janvier 2017 et a été autorisé, par un arrêté du 5 août 2016, à prolonger son activité pour carrière incomplète du 1er janvier 2017 au 4 octobre 2018. Toutefois, il n'est pas contesté que M. B disposait, à compter du 2 octobre 2018, de la durée de services liquidables lui permettant d'obtenir une pension à taux plein. La prolongation postérieurement acceptée ne pouvait avoir pour effet de créer de nouveaux droits à pension à M. B lequel devait être regardé comme ayant rompu tout lien avec son service à compter du 2 octobre 2018. Dans ces conditions, et alors même que M. B s'est acquitté des cotisations au titre de la période considérée, lesquelles n'ayant pas pour effet de créer de droit à pension, les arrêtés des 27 septembre 2018 et 4 août 2021, portant respectivement avancement au 5ème échelon, avec effet au 1er novembre 2018, puis au 6ème échelon, avec effet au 1er mai 2021, ne pouvaient être pris en compte dans le calcul des droits à pension de M. B. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le service des retraites de l'Etat a refusé de tenir compte de son 6ème échelon détenu dans le calcul de ses droits à pension.

5. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2021 en tant qu'il prend en compte l'indice correspondant au 4ème échelon de son grade de brigadier-chef, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 15 décembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme que demande M. B au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.

Le magistrat désigné,

J.-Ph. Gayrard

La greffière,

E. Tournier La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er décembre 2023.

La greffière,

E. Tournieril

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