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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2200944

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2200944

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2200944
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président RIGAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 3 février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2 998, 22 euros.

Il soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme demandée.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 21 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la demande de remise de dette du requérant a été rejetée en raison du caractère frauduleux de la créance et n'est donc pas recevable ;

- le prononcé de la sanction financière notifiée aux époux B relative à cette créance constate l'absence de bonne foi dans la cause de l'indu.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rigaud, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rigaud, vice-présidente désignée.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 11 octobre 2019, M. B a notamment été déclaré redevable d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant initial de 4 380,18 euros pour la période d'avril 2018 à septembre 2019. Le 20 janvier 2022, M. B a formé auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une demande de remise gracieuse de sa dette. La caisse a rejeté sa demande au motif que celle-ci était frauduleuse par une décision du 3 février 2022, dont M. B doit être regardé comme demandant, par sa requête, l'annulation.

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 821-2 du même code : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". Aux termes de son article L. 825-1 : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale (), les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative ". Aux termes des dispositions de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. En outre, le bénéficiaire de l'APL ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu d'APL en litige a pour origine le fait que M. B avait été absent du territoire français plus de 122 jours en 2018 et qu'il n'avait pas déclaré trimestriellement sa pension militaire d'invalidité depuis le mois d'avril 2018. Le requérant ne conteste pas les éléments ainsi retenus par la caisse d'allocations familiales pour caractériser la fraude et admet, par ses écritures, être redevable de l'indu mis à sa charge. Dès lors, le requérant doit être regardé comme ayant eu l'intention de dissimuler la réalité de sa situation. Ainsi, en raison du caractère frauduleux de ces omissions, la bonne foi de M. B ne peut être retenue. Par suite, il n'est pas fondé à solliciter la remise gracieuse de sa dette.

5. D'autre part, si M. B soutient qu'il se trouve dans une situation précaire ne lui permettant pas de faire face au remboursement de sa dette, il ne produit qu'une attestation de paiement des indemnités journalières de l'assurance maladie établissant qu'aucune indemnité ne lui a été versée pour la période du 1er janvier 2022 au 11 février 2022, une attestation de paiement de pension d'invalidité d'un montant de 1 139, 60 euros pour le mois de décembre 2021 ainsi que deux courriers relatifs à des factures impayées de la part d'Engie, et un avis d'échéance de la part d'ACM Habitat. Ces documents ne permettent pas d'établir l'ensemble de ses ressources et de ses charges. Dans ces conditions, M. B ne saurait, en tout état de cause, être regardé comme établissant utilement se trouver en situation de bénéficier d'une remise gracieuse de l'indu mis à sa charge.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

La vice-présidente désignée,

L. RigaudLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 juillet 2023.

La greffière,

M. C

No 2200944

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