mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201092 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2022, M. B D, représenté par Me Epailly, demande au juge des référés de :
1°) prescrire une mesure d'expertise complémentaire aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge médicale en mai 2012 et de fixer, à titre définitif, l'étendue de ses préjudices résultant des fautes commises par le centre hospitalier universitaire de Montpellier dans cette prise en charge médicale ;
2°) fixer le montant de la consignation ;
3°) mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expert désigné par l'ordonnance du 7 décembre 2020 a conclu à une absence de consolidation de son état de santé ;
- une nouvelle expertise est utile pour compléter le rapport d'expertise initial et fixer de façon définitive l'étendue de ses préjudices.
Par un mémoire enregistré le 14 mars 2022, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par la société en participation d'avocat Armandet et Le Targat déclare ne pas s'opposer à la nouvelle mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 23 mars 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la société inter-barreaux GF avocats, conclut au rejet de la requête, en tant qu'elle tend à l'organisation d'une nouvelle expertise relative à l'origine des préjudices subis par le requérant, et à sa mise hors de cause dès lors que l'expert a conclu à l'existence d'une faute à l'origine desdits préjudices.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du 7 décembre 2020, référencée n° 2004032 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés par une décision du 1er septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
Sur l'utilité de la demande :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La demande présentée par M. D, tendant à ce que, compte tenu de la consolidation de son état de santé, un expert soit désigné pour fixer de façon définitive l'étendue des préjudices résultant de sa prise en charge médicale par le centre hospitalier universitaire de Montpellier en mai 2012, présente un caractère utile et entre dès lors dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. Il n'y a en revanche pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête portant sur les conditions de la prise en charge médicale du requérant dès lors que l'expert désigné par l'ordonnance du 7 décembre 2020 a déjà répondu à ces chefs de mission dans son rapport remis le 21 avril 2021 aux termes duquel il a estimé que les préjudices constatés avaient pour origine une erreur de diagnostic.
Sur la demande de l'ONIAM tendant à être mis hors de cause :
4. En vertu des dispositions des article L. 1142-1 et L. 1142-2 du code de la santé publique, l'ONIAM est chargé, au titre de la solidarité nationale, de l'indemnisation des victimes d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale lorsque la responsabilité du professionnel de santé ou de l'établissement hospitalier n'est pas engagée.
5. Il résulte des conclusions de l'expert désigné, ainsi que le fait valoir l'ONIAM, que l'entier préjudice subi par M. D résulte d'une faute commise par le centre hospitalier et que le principe de subsidiarité résultant des dispositions précitées du code de la santé publique fait obstacle à l'intervention de la solidarité nationale dans l'indemnisation dudit préjudice. La participation de l'Office aux opérations d'expertise qui ne visent qu'à déterminer l'étendue des préjudices résultant des fautes commises par le centre hospitalier universitaire de Montpellier, ne présente dès lors par d'utilité. Il y a donc lieu de faire droit à la demande de l'ONIAM tendant à être mis hors de cause.
Sur la demande relative à la consignation :
6. L'expertise demandée par le requérant sur le fondement de l'article L. 532-1 du code de justice administrative n'est pas soumise à la procédure de consignation préalable d'une provision. Ainsi, il n'appartient pas au juge des référés, dans le cadre de la présente instance, de se prononcer sur une consignation. La demande présentée à ce titre par M. D doit donc être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. En l'état actuel du litige, le centre hospitalier universitaire de Montpellier ne peut être regardé comme ayant qualité de partie perdante pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à cette fin par M. D doivent dès lors être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur C A, domicilié BP n° 54 à Nice (06101 cedex 2), est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission, procéder à un nouvel examen de M. D et décrire son état actuel ;
* décrire la nature et l'étendue des séquelles présentées par M. D après consolidation de son état de santé, et en confirmer l'origine ;
* fixer le taux d'invalidité permanente partielle dont il reste atteint et déterminer la répercussion de cette invalidité sur l'activité de l'intéressé et sur ses conditions d'existence, donner toute précision quant à la durée des éventuelles incapacités temporaires (totale et/ou partielle), évaluer l'importance des souffrances subies, du préjudice esthétique et d'agrément de la victime, donner, plus généralement, toute indication utile à la détermination des différents éléments de son préjudice corporel.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. D, du centre hospitalier universitaire de Montpellier et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, au centre hospitalier universitaire de Montpellier, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 9 novembre 2022,
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2022,
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026