LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201231

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201231

lundi 18 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201231
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022, M. et Mme C B, représentés par Me Borkowski, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire du 10 janvier 2022 émis par la commune de Saint-Gély-du-Fesc, mettant à leur charge une somme de 939,11 euros ;

2°) de les décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gély-du-Fesc la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'administration ne démontre pas que le bordereau de titre de recette comporte la signature de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- en vertu de l'article 2224 du code civil, la créance de la commune de Saint-Gély-du-Fesc est prescrite depuis le 16 mai 2020 ; le titre de recette initialement émis le 28 juillet 2016 a été annulé par jugement du tribunal administratif de Montpellier le 21 décembre 2018 et par la cour administrative d'appel de Marseille le 4 mai 2021 ; cette annulation fait obstacle à ce que lui soit attaché un effet interruptif de la prescription quinquennale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, la commune de Saint-Gély-du-Fesc, représentée par Me Senanedsch, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre le titre de recette du 10 janvier 2022 qui revêt un caractère superfétatoire ; ce titre n'a été émis qu'aux fins de recouvrer les sommes identifiées comme exigibles par l'arrêt devenu définitif de la cour administrative d'appel du 4 mai 2021 ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Borkowski représentant M. et Mme B et E, représentant la commune de Saint-Gély-du-Fesc.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont déposé le 20 avril 2015 une déclaration préalable portant sur la création d'une deuxième entrée pour l'accès à la voie publique de leur propriété située à Saint-Gély-du-Fesc. Une décision de non-opposition à déclaration préalable leur a été délivrée le 15 mai 2015 par le maire de cette commune mentionnant que " les travaux d'accès sur le trottoir (suppression espaces verts) seront réalisés par la commune aux frais du pétitionnaire ". Les époux B ont réalisé les travaux sur l'entrée de leur propriété et ont refusé de s'acquitter du coût de l'aménagement de ce trottoir selon le devis détaillé transmis par la commune. Cette dernière a réalisé en juin 2016 les aménagements permettant l'accès à la seconde entrée de la propriété des époux B et a mis à leur charge, par un avis valant titre exécutoire du 28 juillet 2016, une somme de 939,11 euros à payer sur le fondement de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme. Saisi par les époux B, le tribunal administratif de Montpellier, par un jugement n°1604824 du 21 décembre 2018 a annulé cet avis et a déchargé M. et Mme B de l'obligation de payer cette somme. Par un arrêt n°19MA00970 du 4 mai 2021, la cour administrative d'appel de Marseille, considérant que le titre exécutoire devait seulement être annulé pour un motif d'irrégularité en la forme, a annulé le jugement du tribunal administratif de Montpellier en tant qu'il a prononcé la décharge de l'obligation de payer la somme de 939,11 euros. La commune de Saint-Gély-du-Fesc a émis un nouveau titre de recette le 10 janvier 2022 portant sur la somme de 939,11 euros dont M. et Mme B demandent l'annulation ainsi que la décharge de l'obligation de payer cette somme.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. L'annulation du titre exécutoire du 28 juillet 2016 par la cour administrative d'appel de Marseille pour un motif de régularité en la forme, qui n'impliquait pas nécessairement l'extinction de la créance litigieuse, a ouvert la faculté pour l'ordonnateur compétent, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, d'émettre un nouveau titre de perception, susceptible de faire l'objet d'un recours de plein contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions en annulation du titre exécutoire :

3. En premier lieu, aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date d'émission du titre de recettes attaqué : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ".

4. Il résulte du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, au sens du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, de même par voie de conséquence que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur.

5. L'avis des sommes à payer en litige mentionne le nom, prénom et la qualité de son signataire, M. A D, maire adjoint, et il résulte de l'extrait de l'application comptable produit par la commune que le titre de recette a été signé par cette même personne. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis des sommes à payer doit être écarté.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : () /3° La réalisation des équipements propres mentionnées à l'article L. 332-15 ;() ". Aux termes de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés.() ".

7. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". L'article 2241 du même code énonce que : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. () ". Selon l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant de la demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance ". En l'absence de toute autre disposition applicable, les personnes publiques sont soumises aux mêmes prescriptions que les particuliers.

8. Il résulte de l'instruction que la créance de la commune de Saint-Gély-du Fesc était exigible à compter de la décision de non-opposition à déclaration préalable du 15 mai 2015. Si la commune a émis un titre exécutoire à l'encontre des requérants le 28 juillet 2016, son annulation pour vice de forme, par un arrêt devenu définitif de la cour administrative d'appel de Marseille le 4 mai 2021 a pour conséquence que ce titre est réputé n'avoir jamais existé et fait, dès lors, obstacle à ce que lui soit attaché un effet interruptif de prescription.

9. En revanche, il résulte des principes dont s'inspirent les articles 2241 et 2242 du code civil, qu'un recours juridictionnel, quel que soit l'auteur du recours, interrompt le délai de prescription et que l'interruption du délai de prescription par cette demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance. Ainsi, même si le titre exécutoire du 28 juillet 2016 a disparu de l'ordonnancement juridique, le recours juridictionnel exercé par les requérants à son encontre le 23 septembre 2016 devant le tribunal administratif de Montpellier a interrompu le délai de prescription jusqu'à l'extinction de l'instance, par la lecture de l'arrêt de la cour administrative d'appel le 4 mai 2021. Dès lors, la créance en litige n'était pas prescrite lors de l'émission le 10 janvier 2022 du titre exécutoire contesté, et le moyen doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge et d'annulation de la requête de M. et Mme B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Gély-du Fesc, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Gély-du Fesc en application de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2: M. et Mme B verseront à la commune de Saint-Gély-du Fesc la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et à la commune de Saint-Gély-du Fesc.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2023.

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

V. Rabaté

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 19 décembre 2023.

Le greffier,

F. Balickifb

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions