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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201264

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201264

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201264
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantGUILHABERT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, sous le n° 2201264, Mme C A, représentée par Me Guilhabert, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 13 917,60 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2019 au 30 septembre 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 29 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 1 969 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019 et d'un indu de 3 975 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2021.

Elle soutient que :

- l'indu d'allocation de logement familiale n'est pas fondé dès lors qu'elle a produit son bail et a déclaré la partie de son logement affecté à l'habitation ;

- elle est pacsée à M. D depuis le 22 octobre 2019 et elle a effectué les démarches de nature à établir qu'il était déclaré en tant que conjoint collaborateur ;

- elle n'a pas commis de fraude ; les ressources qui n'ont pas été déclarées en 2019 l'ont été postérieurement dès lors que les sommes perçues ne correspondaient qu'à des acomptes ; l'absence de déclarations de gains de jeux résulte d'une simple omission ;

- elle a effectué l'ensemble des déclarations rectificatives nécessaires à l'établissement de ses ressources et l'administration n'a jamais tenu compte de ces rectifications pour procéder à un nouveau calcul de ses droits ;

- l'établissement de ses ressources trimestrielles est erroné dès lors que le contrôleur de la caisse d'allocations familiales a pris en compte l'intégralité des sommes encaissées alors qu'elle ne comptabilisait que les factures soldées ; la somme des autres revenus imposables correspond à des revenus non-salariés bruts alors qu'il convenait de les comptabiliser en net ;

- elle est de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 4 mai 2022.

II - Par une requête enregistrée le 25 mai 2022, sous le n° 2202712, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 mai 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros.

Elle soutient que :

- aucune amende de pouvait lui être infligée dès lors que les faits sont couverts par la prescription ; l'indu de revenu de solidarité active date de mars 2019 et elle n'a été informée de l'amende que par un courrier de mars 2022 ;

- les indus ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2201264 et n° 2202712 de Mme A soulèvent des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

2. Mme A a bénéficié du revenu de solidarité active et de l'allocation de logement familiale dans le département de l'Hérault. À la suite d'un contrôle de sa situation, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié, par une décision du 23 novembre 2021, un indu de 13 166,35 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2019 au 30 septembre 2021, un indu de 204,82 euros de prime d'activité pour la période du 1er au 30 septembre 2021, un indu de 1 969 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019 et un indu de 3 975 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2021. Par une décision du 20 mai 2022, le président du conseil départemental de l'Hérault lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros. Par les présentes requêtes, Mme A demande l'annulation de la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge de l'indu de revenu de solidarité active en le portant à la somme de 13 917,60 euros, de la décision du 29 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 1 969 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019 et d'un indu de 3 975 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2021 et de la décision du 20 mai 2022 lui infligeant une amende administrative.

Sur le bien-fondé des indus :

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d'année ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne la surface du logement pour la détermination de l'allocation de logement familiale :

4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale () ".

5. Aux termes, d'une part, de l'article L. 831-1 du code de la sécurité sociale applicable jusqu'au 1er septembre 2019 : " Une allocation de logement est versée aux personnes de nationalité française mentionnées à l'article L. 831-2 en vue de réduire à un niveau compatible avec leurs ressources la charge de loyer afférente au logement qu'elles occupent à titre de résidence principale en France métropolitaine ou dans les collectivités mentionnées à l'article L. 751-1. () ". Il résulte de l'article R. 831-1 du même code de la sécurité sociale applicable jusqu'au 1er septembre 2019 : " L'allocation de logement prévue aux articles L. 831-1 et suivants est attribuée aux personnes qui sont locataires ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale () ". Aux termes de l'article R. 831-5 du même code dans sa version applicable au litige : " Le minimum de loyer que l'intéressé doit acquitter annuellement pour bénéficier de l'allocation de logement est déterminé soit en fonction des ressources perçues pendant l'année civile de référence par l'allocataire, son conjoint et par les personnes ayant vécu à son foyer pendant plus de six mois au cours de l'année civile précédant la période de paiement et y vivant à la date d'ouverture du droit ou au début de la période de paiement, soit en fonction des ressources appréciées dans les conditions prévues à l'article R. 531-14. ".

6. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, en vigueur à compter du 1er septembre 2019 : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : () b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. Pour l'application du 1°, les enfants à charge doivent respecter les conditions prévues à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ".

7. Il résulte de l'instruction que les indus d'allocation de logement sociale mis à la charge de Mme A résultent pour partie de la prise en compte de ce que cette dernière occupe son logement d'une surface de 140 m² au titre d'un bail mixte pour une superficie dédiée au logement de 65 m² et un loyer mensuel de 350 euros. Si Mme A fait valoir que cette situation a toujours été déclarée auprès de l'administration, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête du 9 septembre 2021 établi par un agent de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'usage professionnel du logement n'a pas été indiqué dans sa demande d'aide au logement et que l'attestation de loyer qu'elle a communiquée ne mentionnait pas cette situation. À supposer établie la circonstance alléguée par Mme A selon laquelle elle aurait déclaré cette situation et à la supposer de bonne foi, il résulte de ce même rapport d'enquête que la surface prise en compte pour le calcul des droits à l'allocation de logement familiale a été comptabilisée de manière erronée. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a méconnu les dispositions citées aux points 5 et 6.

En ce qui concerne les ressources du foyer :

8. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. " Aux termes de l'article L. 262-3 de ce code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnés à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / () 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière ; / () ". Aux termes de l'article L. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous réserve et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment des avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ".

9. D'autre part, aux termes de l'article R. 262-19 du même code : " Les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux s'entendent des résultats ou bénéfices déterminés en fonction des régimes d'imposition applicables au titre de la pénultième année. S'y ajoutent les amortissements et les plus-values professionnels. / Par dérogation à l'alinéa précédent, pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article R. 613-7 du code de la sécurité sociale et pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 382-1 du même code bénéficiant du régime prévu à l'article 102 ter du code général des impôts, le calcul prévu à l'article R. 262-7 du présent code prend en compte le chiffres d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant la demande d'allocation ou la révision en lui appliquant, selon les activités exercées, les taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts. () " Aux termes de l'article 102 ter du code général des impôts : " 1. Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux dont le montant hors taxes de l'année civile précédente ou de la pénultième année, ajusté s'il y a lieu du temps d'activité au cours de l'année de référence, n'excède pas 72 600 € est égal au montant brut des recettes annuelles diminué d'un abattement forfaitaire de 34 %. () ".

10. Il résulte de ces dispositions que l'intégralité des ressources de la personne bénéficiaire du revenu de solidarité active doit être prise en compte pour la détermination de ses droits. S'agissant d'un auto-entrepreneur, les ressources professionnelles se voient appliquer le même régime d'abattement qu'en matière fiscale et, en cas de perception de revenus non-commerciaux, une réfaction forfaitaire de 34 % est appliquée à ces revenus. Ainsi, l'auto-entrepreneur entrant dans le champ d'application du dispositif du revenu de solidarité active doit mentionner le chiffre d'affaires ainsi calculé dans la rubrique de la déclaration trimestrielle de ressources adressée à la caisse d'allocations familiales compétente consacrée aux revenus non-salariés auxquels est appliqué la réfaction de 34 % lorsqu'il s'agit de bénéfices non-commerciaux.

11. Aux termes de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Sous réserve des cas où ces ressources sont évaluées forfaitairement, les ressources prises en compte pour l'établissement de l'aide personnelle au logement sont celles perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement. ". L'article R. 822-4 du même code dispose que : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".

12. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de Mme A résultent de la réintégration dans ses ressources des revenus tirés de son activité d'auto-entrepreneur. Il résulte en outre des termes du rapport d'enquête du 9 septembre 2021, établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et dont les constatations de fait font foi jusqu'à preuve du contraire, que les livres de recettes de Mme A font état de 5 580 euros de chiffre d'affaires réalisé en 2019, 5 750 euros en 2020 et 8 722 euros pour la période du 1er janvier au 31 août 2021 alors qu'elle a persisté à renseigner ses déclarations trimestrielles de ressources en n'indiquant pas ces revenus. Si Mme A fait valoir qu'elle a entrepris de régulariser sa situation, une telle circonstance est sans incidence quant au bien-fondé des indus en litige. Ses conclusions, dirigées contre la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 13 917,60 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2019 au 30 septembre 2021, la décision du 29 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 1 969 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019 et d'un indu de 3 975 euros d'allocation de logement familiale pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2021, ne peuvent par suite qu'être rejetées.

Sur l'amende administrative :

13. En premier lieu, aux termes de l'articles L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé en lui indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. () ".

14. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction. En vertu de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

15. Pour remettre en cause le bien-fondé de l'amende administrative qui lui a été infligée, Mme A se borne à reproduire les termes du mémoire produit dans l'instance n° 2201264. À supposer qu'elle entende par-là faire valoir qu'elle est n'a pas commis de fausse déclaration ou d'omission délibérée, il résulte des termes du rapport d'enquête du 9 septembre 2021 précité que l'intéressée a persisté notamment, au cours de la période en litige, à ne pas déclarer, à l'exception des mois de juin et juillet 2021, ses revenus de travailleur indépendant. En outre, il résulte des termes de ce même rapport d'enquête que Mme A a soutenu avoir transmis des déclarations au format papier sur lesquelles figureraient ses revenus, sans que le contrôleur de la caisse d'allocations familiales n'en trouve trace malgré ses recherches. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas commis de fausse déclaration ou d'omission délibérée.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative (). La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente () est la juridiction administrative. Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans () ". Il résulte de cette disposition que le président du conseil départemental ne peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, que des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu du revenu de solidarité active qui s'est poursuivi moins de deux ans avant la date à laquelle il prononce cette amende.

17. Il résulte de ce qui a été rappelé au point précédent que le président du conseil départemental de l'Hérault ne pouvait, par l'amende administrative prononcée le 20 mai 2022, sanctionner des faits qui ne se seraient pas poursuivis au-delà du 20 mai 2020. Il résulte de l'instruction que la sanction en litige a été prononcée au regard des omissions déclaratives délibérées de Mme A s'agissant de revenus fonciers ayant donné lieu à la mise à sa charge d'un indu de de 13 917,60 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2019 au 30 septembre 2021. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision du 20 mai 2022 en litige méconnaît la règle de prescription énoncée à l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A, dirigées contre la décision du 20 mai 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au département de l'Hérault, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Guilhabert.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.

Le président,

D. BLa greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au ministre délégué chargé de la ville et du logement et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 29 juin 2023.

La greffière,

F. Roman

Nos 2201264, 220271

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