vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201422 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | CLAPAREDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mars 2022 et le 17 octobre 2023, M. B D, représenté par Me Claparede, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé un indu de revenu de solidarité active de 21 033,16 euros pour la période du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2021 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- le caractère contradictoire de la procédure a été méconnu dès lors que la décision de la caisse d'allocations familiales est insuffisamment motivée et que la référence au rapport d'enquête était trop allusive pour lui permettre d'en demander la communication et de présenter ses explications ;
- l'indu n'est pas fondé ; les sommes versées par sa mère sont des prêts et les autres rentrées d'argent ne résultent pas d'une activité dissimulée ;
- le contrôle effectué et le rapport d'enquête établi, sur la base duquel le président du conseil départemental de l'Hérault a pris sa décision du 17 janvier 2022, sont irréguliers dès lors qu'ils émanent d'une personne non habilitée à effectuer les contrôles.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 mai, 17 octobre et 19 octobre 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 18 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Claparede, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a bénéficié du revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault à compter du mois d'octobre 2018. À la suite d'un contrôle de sa situation dont il a résulté une réintégration dans ses ressources d'une somme totale de 74 743 euros, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié à M. D, par une décision du 2 novembre 2021, un indu global de 21 033,16 euros, dont un indu de 11 586,69 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2021. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé cet indu.
Sur la décision du 17 janvier 2022 :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne la régularité de la décision :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 15 octobre 2021, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme C F, directrice adjointe en charge notamment des solidarités et de l'insertion, pour signer tous documents relevant de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 17 janvier 2022 manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Ces dispositions instaurant un recours préalable obligatoire, la décision par laquelle le président du conseil départemental rejette, implicitement ou expressément, ce recours se substitue à la décision initiale relative au revenu de solidarité active. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision du 2 novembre 2021, qui ressortit aux vices propres de cette dernière, est inopérant et ne peut qu'être écarté.
5. Enfin, le principe général des droits de la défense prévoit que les décisions individuelles défavorables n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales.
6. M. D fait valoir que ses droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'il n'a pu utilement faire valoir ses observations et qu'il n'a pas reçu communication du rapport établi par l'agent contrôleur de la caisse d'allocations familiales. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 12 novembre 2021, le requérant a formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, par lequel il fait valoir que la décision de notification repose sur des motifs erronés dès lors que les sommes versées par sa mère résultent de prêts consentis par celle-ci et que les autres sommes figurant au crédit de son compte bancaire ne résultent pas d'un travail dissimulé. Dans ces conditions, le requérant ne peut sérieusement soutenir qu'il n'a pas eu connaissance des conclusions de l'enquête menée à son encontre, ni des faits à l'origine des indus, et qu'il n'a ainsi pas pu faire valoir utilement ses observations. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. D aurait formulé auprès de la caisse d'allocations familiales une demande tendant à ce que lui soit communiqué le rapport d'enquête établi par l'agent assermenté à l'issue d'un contrôle de situation, ce rapport lui ayant, en tout état de cause, été communiqué au cours de la présente instance. Par suite, les moyens tirés de ce que M. D aurait été mal informé sur ses droits et que les droits de la défense auraient été méconnus doivent être écartés.
7. En dernier lieu, M. D soutient que la procédure de contrôle est irrégulière dès lors que la caisse d'allocations familiales ne rapporte pas la preuve de l'agrément et de l'assermentation de l'agent. Toutefois, il résulte de l'instruction que Madame E, contrôleur ayant réalisé l'enquête litigieuse, a prêté serment le 6 septembre 2016 et a reçu agrément définitif le 27 novembre 2017. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'agrément et d'assermentation du contrôleur doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :
8. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". En vertu de l'article de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". En outre, selon l'article R. 262-11 dudit code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ".
9. Il résulte de l'instruction que l'indu mis à la charge de M. D résulte de la réintégration dans ses ressources d'une somme totale de 74 743 euros perçue au cours de la période en litige. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête du 1er octobre 2021 établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire, que cette somme résulte, d'une part, de versements réguliers effectués par sa mère, d'autre part de versements d'origine indéterminée. Pour remettre en cause le bien-fondé de l'indu mis à sa charge, M. D fait valoir, sans toutefois l'établir, que les sommes versées par sa mère résultent de prêts consentis par cette dernière et qu'il n'est pas établi que les autres versements résultent d'un travail dissimulé. Toutefois, dès lors qu'il appartenait à M. D de déclarer l'ensemble de ses ressources, de quelque nature qu'elles soient, celui-ci ne saurait être regardé comme remettant utilement en cause les constatations de ce rapport et, par suite, le bien-fondé de l'indu mis à sa charge.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Hérault qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le président,
D. A
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2023.
La greffière,
F. Roman
No 220142
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026