jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201445 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2022, M. A B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1) d'annuler les décisions du 13 octobre 2021 et du 4 février 2022 par lesquelles le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé sa prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur ;
2) d'enjoindre au conseil départemental de l'Hérault, à titre principal, de le prendre en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle méconnaît l'article L. 222-5 du même code ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 22 février 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Brulé, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant pakistanais, s'est présenté au foyer départemental de l'enfance le 26 juillet 2019 et, ayant déclaré être né le 2 octobre 2002, il a fait l'objet d'une mise à l'abri par le département de l'Hérault. L'évaluation réalisée le 6 septembre 2019 par l'association l'Avitarelle, qui a confirmé la situation d'isolement de M. B mais a en revanche remis en cause la minorité du requérant, a été transmise le 9 septembre suivant au procureur de la République par le département afin de solliciter une mesure de protection et la vérification par la police aux frontières des éléments d'identité fournis par M. B, enquête qui est toujours en cours. M. B n'a pas été confié au service de l'aide sociale à l'enfance de l'Hérault par une décision du juge des enfants pendant sa minorité mais a bénéficié, compte tenu de sa situation d'urgence sanitaire, de trois contrats d'accueil provisoire jeune majeur du 2 octobre 2020, date de sa majorité présumée, jusqu'au 18 octobre 2021. Le 13 octobre 2021, le département de l'Hérault a informé M. B que son contrat jeune majeur ne serait pas renouvelé et que sa prise en charge prendrait fin le 18 octobre 2021, décision confirmée le 4 février 2022 à la suite du recours administratif formé par l'intéressé le 7 décembre 2021. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 4 février 2022 qui, compte tenu du caractère obligatoire du recours qu'il a exercé contre la décision du 13 octobre 2021, s'est substituée à cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : 1° Les mineurs qui ne peuvent demeurer provisoirement dans leur milieu de vie habituel et dont la situation requiert un accueil à temps complet ou partiel, modulable selon leurs besoins, en particulier de stabilité affective, ainsi que les mineurs rencontrant des difficultés particulières nécessitant un accueil spécialisé, familial ou dans un établissement ou dans un service tel que prévu au 12° du I de l'article L. 312-1 ;() Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants./ Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".
3. Sous réserve de l'hypothèse dans laquelle un accompagnement doit être proposé au jeune pour lui permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée, le président du conseil départemental dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour accorder ou maintenir la prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un jeune majeur de moins de vingt et un ans éprouvant des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants et peut à ce titre, notamment, prendre en considération les perspectives d'insertion qu'ouvre une prise en charge par ce service compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, y compris le comportement du jeune majeur.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, eu égard à la marge d'appréciation dont dispose le président du conseil départemental dans leur mise en œuvre, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision du 4 février 2022 doit être écarté comme étant inopérant.
6. En deuxième lieu, si le requérant soutient que le département de l'Hérault ne pouvait légalement mettre fin à sa prise en charge en cours d'année scolaire, il ne résulte pas de l'instruction qu'il était engagé dans une formation qualifiante ou dans un projet de scolarisation durable au titre de l'année 2021-2022, au regard des pièces produites au dossier et notamment d'un contrat d'apprentissage non daté et non signé dont seule la première page du formulaire Cerfa est produite, d'une attestation d'une entreprise du bâtiment l'ayant accueilli en stage, d'une attestation de présence à une réunion d'information au centre de formation d'apprentis de l'Hérault sur la formation du certificat d'aptitude professionnelle de maçon le 16 septembre 2021 et du dépôt de sa candidature à cette formation. Dans ces conditions, M. B, qui n'avait pas entamé une année scolaire pour l'achèvement de laquelle le département aurait été tenu de lui proposer un accompagnement, n'est pas fondé à soutenir que le président du conseil départemental de l'Hérault aurait méconnu les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que, pour décider de ne pas renouveler le contrat jeune majeur de M. B et mettre fin à sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental de l'Hérault a pris en considération le fait qu'il n'avait pas fait l'objet d'une mesure de protection au titre de l'aide sociale à l'enfance ordonnée par le juge judiciaire, que l'enquête sur son identité, diligentée par le procureur de la République, était toujours en cours, qu'étant âgé de 19 ans il ne justifiait pas de 6 mois de formation qualifiante pour pouvoir prétendre à la délivrance d'un titre de séjour, qu'il bénéficiait d'une solution d'hébergement chez un tiers et qu'en raison de sa situation administrative il ne pouvait pas bénéficier d'un contrat de travail. Au vu de l'ensemble de ces éléments, le président du conseil départemental, qui a pu tenir compte de la situation de M. B au regard du droit au séjour et au travail pour évaluer ses perspectives d'insertion, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, alors même que l'intéressé souhaite poursuivre sa formation et bénéficie du soutien d'une entreprise pour un recrutement sous contrat d'apprentissage.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. B n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. B, partie perdante, sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au département de l'Hérault et à Me Ruffel.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La magistrate désignée,
S. CLe greffier,
D.Lopez
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 février 2023,
Le greffier,
D. Lopez0dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026