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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201490

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201490

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201490
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationmagistrat LAFAY
Avocat requérantAMADEI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2022, M. A B, représenté par Me Gimenez, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune du Barcarès à lui verser une somme de 4 876, 64 euros en réparation des préjudices subis en raison du refus fautif de celle-ci de régulariser sa situation par le versement de demi-traitements non perçus du fait de son placement initial en congé de maladie ordinaire ;

2°) de condamner la commune du Barcarès à lui verser une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- le refus implicite de la commune du Barcarès de lui restituer après son placement en congé longue maladie les demi-traitements non versés en raison de son placement initial en congé de maladie ordinaire, constitue une faute de nature à engager sa responsabilité ;

- il est fondé à solliciter la somme de 2 876, 64 euros correspondant au montant à rembourser à la MNT, et la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, la commune du Barcarès représenté par Me Amadei, conclut au rejet de la requête comme non fondée, et demande la condamnation de M. B à lui verser la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Lafay, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lafay,

- les conclusions de M. Sanson, rapporteur public ;

Considérant ce qui suit :

1. Par les arrêtés n°2021006 du 14 janvier 2021, n°202168 du 15 février 2021, n°2021156 du 16 mars 2021, n°2021261 du 30 avril 2021, 2021365 du 4 juin 2021, n°2021451 du 19 juin 2021, M. B, adjoint technique principal de 2e classe au sein de la commune du Barcarès, a été placé en congé de maladie ordinaire du 11 janvier 2021 au 19 juillet 2021. Lors de sa séance du 28 juillet 2021, le comité médical a considéré que l'état de M. B était " suffisamment grave, évolutif et invalidant pour justifier l'octroi d'un congé de longue maladie article 2, à compter du 11.01.2021 pour une durée de six mois + 3 mois ". Par un arrêté du 30 juillet 2021, portant abrogation des arrêtés n°2021006 du 14 janvier 2021, n°202168 du 15 février 2021, n°2021156 du 16 mars 2021, n°2021261 du 30 avril 2021, 2021365 du 4 juin 2021, n°2021451 du 19 juin 2021, le maire du Barcarès a placé M. B en congé longue maladie du 11 janvier 2021 au 10 octobre 2021, et a décidé que pendant cette période, l'intéressé percevrait l'intégralité de son traitement indiciaire. Par des courriers du 17 septembre 2021 et du 2 novembre 2021, la mutuelle nationale territoriale (MNT) a demandé à M. B de lui rembourser à hauteur de 2 876,64 euros, le montant des prestations versées pendant la période de maladie ordinaire, lorsqu'il était placé en demi traitement à compter du 11 avril 2021. Par un courrier de son conseil en date du 22 novembre 2021, M. B recherche la responsabilité de la commune du Barcarès à raison de la faute commise en refusant de le rembourser de la somme correspondante à la somme réclamée par la MNT, demande la condamnation de la commune à lui verser, ou à verser directement à sa mutuelle la somme de 2 876,64 euros, à lui verser une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral, et de lui transmettre un arrêté confirmant la prolongation de son congé de longue durée. Le silence gardé par la commune a fait naître une décision implicite de refus. Par la présente requête, M. B demande la condamnation de la commune du Barcarès à lui verser une somme de 4 876, 64 euros en réparation des préjudices subis en raison du refus fautif de celle-ci de régulariser sa situation par le versement de demi-traitements non perçus du fait de son placement initial en congé de maladie ordinaire.

2. Aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, applicable aux faits de l'espèce : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. () ".

3. Il résulte de l'instruction que par les arrêtés du 14 janvier, 15 février, 16 mars, 30 avril, 4 juin et 19 juin 2021, M. B a été placé en congés de maladie ordinaire du 11 janvier 2021 au 19 juillet 2021, et a été rémunéré à plein traitement pendant les trois premiers mois, puis à demi-traitement pendant les mois suivants. Pendant cette dernière période la mutuelle nationale territoriale a versé à M. B des prestations correspondant au demi-traitement perdu. Puis, par l'arrêté du 30 juillet 2021, portant abrogation des arrêtés du 14 janvier au 19 juin 2021 susvisés, M. B a été placé en congé longue maladie du 11 janvier 2021 au 10 octobre 2021, avec rémunération à plein traitement pendant cette période. Tant dans ses écritures que par les pièces produites, M. B ne conteste pas que l'arrêté du 30 juillet 2021 le plaçant à plein traitement n'aurait pas été exécuté par la commune du Barcarès, ni ne soutient qu'il n'aurait pas perçu, sur la période considérée, la somme correspondante. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à réclamer à la collectivité le versement de la somme de 2 876,64 euros correspondant au montant du demi-traitement que lui a versé la MNT lorsque sa situation relevait du régime de la maladie ordinaire, le mettant à demi-traitement au bout de trois mois, et dont la mutuelle lui réclame maintenant le remboursement. Par suite la commune du Barcarès n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité en rejetant la demande de M. B.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune du Barcarès dans le refus de lui verser la somme de 2 876,64 euros, et à demander la condamnation de la collectivité locale à lui verser les sommes qu'il réclame. Dès lors, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le versement de la somme de 3 000 euros à verser à la commune du Barcarès au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune du Barcarès présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune du Barcarès

Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées Orientales.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024

Le magistrat désigné,

L.-N. Lafay La greffière,

L. Rocher

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées Orientales en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024

La greffière,

L. Rocher

lr

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