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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201654

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201654

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201654
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er avril 2022, Mme B C, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé le refus d'ouverture de ses droits au revenu de solidarité active à compter du mois de juillet 2021 ;

2°) d'enjoindre au département de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de lui attribuer le revenu de solidarité active à compter de la date de sa première demande à la caisse d'allocations familiales ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature ;

- contrairement à ce qu'indique le département de l'Hérault, elle remplissait les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active dès lors qu'elle n'a pas suffisamment travaillé pour percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 4 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Bautes, représentant Mme C.

La clôture de l'instruction a été différée au 20 décembre 2023 à 12 heures.

Mme C a produit des pièces complémentaires enregistrées le 13 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a présenté une demande de revenu de solidarité active le 24 janvier 2021, qui a été rejetée par décision du 21 juin 2021 au motif que le montant de ses ressources excédait le plafond lui ouvrant droit à cette prestation. Mme C a réitéré sa demande au mois de juin 2021 qui a de nouveau été rejetée au motif qu'elle percevait des allocations de retour à l'emploi formation. Mme C a contesté ce nouveau refus qui a cependant été confirmé par la décision du 27 janvier 2022 du président du conseil départemental de l'Hérault. Mme C demande que son droit au revenu de solidarité active lui soit ouvert à compter du 1er juillet 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 27 janvier 2022, dirigé contre un vice propre de cette décision, est inopérant et ne peut qu'être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article R. 262-1 de ce code prévoit que : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. Toutefois, lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun de ces enfants ou personnes est portée à 40 % à partir de la troisième personne. () ".

5. L'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles prévoit que l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, tandis que l'article R. 262-6 précise que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". Selon l'article R. 262-7 de ce code : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.- Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : / 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision () 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception / () " L'article R. 262-10 prévoit que " Les aides personnelles au logement prévues à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation sont incluses dans les ressources dans la limite d'un forfait calculé selon les modalités fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article R. 262-9. ".

6. En l'espèce, Mme C soutient qu'elle avait droit au revenu de solidarité active à compter du 1er juillet 2021 en faisant valoir qu'elle n'avait pas suffisamment travaillé pour percevoir l'aide au retour à l'emploi. Toutefois, il résulte de l'instruction que pour la période de mars à mai 2021, soit les trois mois de référence, le montant des ressources de Mme C s'élevait à 1 888,11 euros, dont 746,66 euros au titre des indemnités versées par pôle emploi et de l'allocation de retour à l'emploi formation, 973,54 euros au titre des prestations familiales et 167,91 euros au titre du forfait logement. L'évaluation de ces ressources n'est contredite par aucune des pièces produites par Mme C, notamment celles enregistrées le 13 décembre 2023. Le montant de ces ressources était dès lors supérieur au plafond de référence pour un parent isolé avec trois enfants à charge. C'est par suite à bon droit que le président du conseil départemental de l'Hérault a estimé que les ressources de l'intéressée ne lui permettaient pas de percevoir le revenu de solidarité active à compter du mois de juillet 2021.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 27 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé le refus d'ouverture de ses droits au revenu de solidarité active à compter du mois de juillet 2021. Par voie de conséquence, la requête de Mme C doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département de l'Hérault.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 22 décembre 2023.

La greffière,

F. Roman

No 2201654

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