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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201781

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201781

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201781
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL DONAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 avril 2022 et le 15 mai 2023, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du Maire de Perpignan de retrait définitif de l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public sur le marché Cassanyes, avisé par lettre recommandée le 11 février 2022 ;

2°) de condamner la commune de Perpignan au paiement de la somme représentant la moyenne des bénéfices réalisés sur les différents exercices précédents pour chaque mois depuis le retrait définitif de l'autorisation ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Perpignan la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il exerce, depuis 2012, en son nom propre, puis en qualité de directeur de la société Strada Fruits et Légumes, l'activité de vente de fruits et légumes sur le principal marché ouvert de Perpignan situé sur la place Cassanyes et disposait, pour ce faire d'un abonnement, valable pour les samedis et dimanches ; il connaît, depuis 2018, des problèmes de santé qui l'on conduit à plusieurs arrêts de travail entre les mois d'août 2021 et janvier 2022 ;

- le 11 février 2022, il est avisé par lettre recommandée du retrait définitif de l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public sur le fondement de l'article 56 du règlement de ce marché qui prévoit que " le non-paiement ou retard de paiement de redevances de plus de trois mois " entraîne le retrait ; cette situation le place dans une situation pécuniaire difficile dès lors qu'il tire tous ses revenus professionnels de cette seule activité ;

- le maire a méconnu les dispositions du règlement du marché dès lors que, sur la période de quatre mois de juin à septembre 2021 dont l'absence de paiement lui est reprochée, il bénéficiait, au titre des mois d'août et septembre, d'un arrêt de travail dûment transmis à l'agent " placier " de la commune, de sorte qu'il ne devait pas quatre mois d'occupation, mais deux seulement.

Par deux mémoires, enregistrés le 27 juillet 2022 et le 17 juillet 2023, la commune de Perpignan, représentée par Me Guillemat, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 30 juin 2023, M. B a été invité, en application de l'article R.612-1 du code de justice administrative, à régulariser la présentation de sa requête en produisant, dans un délai de 15 jours, une demande indemnitaire chiffrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la propriété des personnes publiques ;

- l'arrêté municipal du 23 mai 2013 portant règlement général des emplacements publics sur le marché de plein vent de la place Cassanyes ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Souteyrand ;

- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public ;

- et les observations de M A, représentant la commune de Perpignan.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, directeur de la société " Strada Fruits et Légumes ", est titulaire d'une autorisation d'occupation du domaine public sur le marché de la place Cassanyes de la commune de Perpignan, sur lequel il tient un étalage de fruits et légumes. Par une lettre du 9 février 2021, le maire de Perpignan a retiré définitivement cette autorisation d'occupation du domaine public en raison du non-respect du règlement intérieur du marché. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision et l'indemnisation de ses préjudices.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. ". Aux termes de l'article L. 2122-3 du même code : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 2122-1 présente un caractère précaire et révocable. ".

3. Aux termes de l'article 34 du règlement général du marché de la place Cassanyes : " () Le non-paiement de la redevance ou le retard dans le paiement de plus de 3 mois sera susceptible d'entraîner le retrait de l'autorisation. ". Aux termes de l'article 56 du même règlement : " Le retrait définitif de l'autorisation pourra être prononcé, notamment dans les cas suivants : () Non-paiement ou retard de paiement de redevance depuis plus de 3 mois ". Enfin, aux termes de l'article 23 du même règlement : " En cas d'absence pour maladie, un certificat médical constatant l'incapacité d'exercer pendant la période de l'absence devra être fourni en Mairie dans un délai de 15 jours à compter de la constatation de l'absence par le préposé. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est acquitté, le 6 avril 2022, des redevances des mois de juin et juillet 2021, soit avec un retard de 10 mois. Il ressort également des pièces du dossier que les mois d'août et septembre 2021 n'ont pas été réglés. Si M. B produit un certificat médical en date du 7 octobre 2021, établi par son médecin généraliste, attestant que son état de santé nécessitait un arrêt de travail pour les mois d'août et septembre 2021, il n'établit pas avoir communiqué ce certificat aux services municipaux dans un délai de 15 jours à compter de la constatation de son absence comme le prévoit l'article 23 du règlement du marché précité. Ainsi, c'est à bon droit que le maire de la commune de Perpignan a retiré, en application des dispositions de l'article 56 du règlement intérieur, l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public accordée à M. B.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

7. Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ".

8. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas saisi la commune Perpignan d'une demande préalable tendant à la réparation des préjudices qu'il allègue avoir subis. Ses conclusions indemnitaires, qui n'ont pas été régularisées malgré une demande adressée le 30 juin 2023 en ce sens au requérant, sont dès lors irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais du litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Perpignan, qui n'est pas partie perdante à la présente instance, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B le versement à la commune de Perpignan d'une somme sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Perpignan en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B et à la commune de Perpignan.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Souteyrand, président,

Mme Bayada, première conseillère,

Mme Lesimple, première conseillère.

Rendue public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

Le président-rapporteur,

E. Souteyrand

L'assesseure la plus ancienne,

A. Bayada La greffière,

M-A. Barthélémy

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 28 septembre 2023.

La greffière,

M-A. Barthélémy

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