vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2201849 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOURON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Evolvia, représentée par Me Gouron, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge pour la période du 1er juillet 2016 au 31 décembre 2019, en droits et pénalités ;
2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement des impositions supplémentaires en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les subventions allouées par les directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) dans le cadre de conventions visant à développer des usages collectifs de la validation des acquis de l'expérience au sein d'entreprises ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les prestations qu'elle fournit ne sont pas effectuées " à titre onéreux " au sens de l'article 256 du code général des impôts et de la doctrine référencée dans le Mémento Francis Lefebvre ed.2021 p.836 et BOI-TVA-base 10-10-10 n°320, 340, 400 et 410 ;
- il n'existe aucun lien direct entre le service rendu et la contrevaleur perçue, l'Etat n'en retire aucun avantage et n'en attend aucune contrepartie, pas plus que la DIRECCTE ; seuls les entreprises et leurs salariés bénéficient de ses services.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gouron, représentant la Sarl Evolvia.
Considérant ce qui suit :
1. La Sarl Evolvia exerce une activité de conseil stratégique et d'accompagnement de professionnels dans la réalisation d'actions diverses. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er juillet 2016 au 31 décembre 2019, dont elle demande la décharge en droits et pénalités.
Sur les conclusions en décharge :
2. Aux termes du I de l'article 256 du code général des impôts : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens meubles et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Aux termes du 1 de l'article 266 du même code : " La base d'imposition est constituée : a. Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; () ". En application de ces dispositions, sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les sommes dont le versement est en lien direct avec des prestations individualisées en rapport avec le niveau des avantages procurés aux personnes qui les versent.
3. Il résulte de l'instruction que les DIRECCTE Ile de France, Occitanie et Ile de la Réunion ont conclu avec la Sarl Evolvia des conventions ayant pour objet de financer la mise en œuvre d'actions de promotion et de développement des usages collectifs de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Ainsi, la convention conclue avec la DIRECCTE Ile de France le 29 septembre 2015 prévoit la mise en œuvre d'actions de communication à destination des entreprises, collectivités et associations, une sensibilisation individuelle de centaines de structures du territoire sur l'intérêt de développer des usages collectifs de la VAE, ainsi que la mise en place d'actions individuelles d'appui et de conseil auprès d'employeurs dans l'ingénierie d'un projet collectif de VAE, avec pour contrepartie le versement d'une subvention couvrant la totalité du coût prévisionnel de l'action. Cette convention a été prolongée le 17 novembre 2016 afin de construire et animer un réseau d'une quinzaine d'entreprises, d'acteurs RH et VAE du territoire, avec l'animation de rencontres, la mise en place d'un forum d'échanges ainsi que de rendez-vous stratégiques, ayant pour contrepartie le versement d'une subvention couvrant la totalité du coût prévisionnel de l'action. La convention du 20 novembre 2017 conclu avec la DIECCTE Ile de la Réunion précise que le projet a pour finalité de permettre à la DIECCTE de mieux accompagner le développement des entreprises et de renforcer l'action des branches et des secteurs professionnels en matière de développement des emplois et des compétences. Elle stipule qu'Evolvia s'engage à réaliser l'opération intitulée " VAE Collective FNE formation " autour de trois axes visant à intéresser les dirigeants pour qu'ils soient demandeurs, structurer le système de VAE collective du territoire pour qu'il soit moteur, et accompagner la montée en compétence stratégique du responsable RH. Elle détaille à cet effet l'ensemble des actions qu'Evolvia devra mener ainsi que les livrables attendus. En outre, la convention précise que le montant définitif de la subvention, qui couvre le coût global de l'opération, sera déterminé après contrôle du service fait sur les dépenses et fera l'objet d'un titre de perception en cas de versement indû tenant au non-respect des clauses contractuelles. Enfin, la convention du 18 octobre 2016 conclu avec la DIRECCTE Occitanie confie au cabinet Evolvia une action visant à structurer la dynamique de VAE collective pour enrichir la stratégie RH des entreprises et susciter une dynamique de réseau, Evolvia s'engageant à accompagner un groupe pilote d'entreprises, à déployer une communication ciblée et structurée, à permettre à chaque référent de la DIRECCTE de mettre en œuvre une action spécifique de VAE collective sur son territoire et à dynamiser les échanges et rencontres territoriales à l'échelle d'environ 120 dirigeants. En contrepartie, Evolvia bénéficie d'une subvention couvrant le coût total de l'opération, réduite au prorata en cas de réalisation partielle des actions attendues.
4. Il résulte de l'économie des stipulations contractuelles ci-dessus énoncées que la société Evolvia prend des engagements sur des services précisément déterminés vis-à-vis de la DIRECCTE, laquelle en retire un avantage, ce alors même que les actions sont menées directement auprès des entreprises et de leurs salariés. Dans ces conditions, les contributions financières versées par la DIRECCTE à la société Evolvia, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elles seraient sans rapport avec la valeur des services procurés, présentent un lien direct avec des prestations individualisées, et la société requérante doit être regardée comme ayant effectué des prestations de service à titre onéreux au sens des dispositions du I de l'article 256 du code général des impôts précité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a estimé que le versement des subventions en cause aurait dû être soumis à la taxe sur la valeur ajoutée et a procédé au rappel de cette imposition. Par suite, la société Evolvia n'est pas fondée à en demander la décharge.
5. La Sarl Evolvia n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la doctrine administrative référencée dans le Mémento Francis Lefebvre ed.2021 p.836 et BOI-TVA-base 10-10-10 n°320, n°340, n°400 et n°410 qui ne comporte aucune interprétation différente de celle qui résulte de la loi fiscale dont il a été fait application.
Sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement :
6. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement se trouvent privées d'objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Evolvia au titre de frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Evolvia est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Evolvia et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 janvier 2024.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026