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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2201880

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2201880

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2201880
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCABINET LABRY & NORAY-ESPEIG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 avril 2022 et le 25 août 2023, le centre intercommunal d'action sociale (CIAS) Sud Minervois représenté par Me A demande au tribunal :

1°) de condamner la société par actions simplifiées unipersonnelle (SASU) Assurances Pilliot à lui verser une somme de 1 857 604,92 euros augmentée des intérêts et de leur capitalisation ou, subsidiairement, de condamner la même société à lui verser une somme de 635 950 euros augmentée des intérêts et de leur capitalisation sur le fondement de l'enrichissement sans cause ;

2°) de mettre à la charge de la société Assurances Pilliot une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le groupement a commis une faute dès lors que la société Assurances Pilliot, qui a encaissé les primes d'assurances pour un montant de 254 380 euros annuels, était en réalité l'exécutant de la prestation d'assurance, objet du marché public en litige ; en qualité de mandataire de la société CBL Insurance Europe Dac, la société Assurances Pilliot doit répondre des défaillances de son mandant ; en tant que mandataire d'un groupement conjoint, elle s'est engagée financièrement pour le groupement ;

- sur le terrain de la responsabilité contractuelle, du fait de l'inexécution fautive du contrat par la société Assurances Pilliot, il est en droit de réclamer une indemnité de

1 211 654,92 euros correspondant aux sommes dues au titre du contrat d'assurances souscrit au jour de l'introduction de la requête et une indemnité de 10 000 euros compte tenu de la résistance fautive du contractant ;

- il est également fondé à réclamer le remboursement d'une somme de 635 950 euros correspondant aux primes d'assurances qu'il a versé sans contrepartie ;

- subsidiairement, la responsabilité quasi-délictuelle de la société Assurances Pilliot est engagée dès lors qu'elle a continué d'encaisser les primes d'assurances sans exécuter les prestations à hauteur de 635 950 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, la société Assurances Pilliot, représentée par Me Delozière, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du CIAS du Sud Minervois à lui verser en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- il y a lieu de soulever une exception de litispendance dès lors qu'il existe un risque de décision contraire avec l'arrêt à venir de la cour administrative d'appel de Toulouse, qui a été saisie d'une requête dirigée contre la décision par laquelle le tribunal administratif de Montpellier a annulé le titre exécutoire émis à son encontre par le CIAS du Sud Minervois ;

- il y a lieu, eu égard à la connexité des litiges, de renvoyer l'affaire à la cour administrative de Toulouse ;

- elle était contractuellement désignée comme courtier et gestionnaire du contrat ; ainsi, seule la société CBL Insurance Europe est contractuellement débitrice de l'indemnité d'assurance à l'égard de l'assuré et elle ne saurait être considérée comme solidairement tenue de son paiement avec l'assureur à l'égard de l'assuré ;

- elle n'a commis aucune faute dans l'exécution du contrat ; en sa qualité de mandataire, elle n'est pas débitrice de l'indemnité d'assurance qui repose exclusivement sur l'assureur ; elle n'a pas commis de faute dans l'exécution de son mandat et de sa gestion pour le compte de la société CBL Insurance ;

- aucun enrichissement sans cause ne saurait être caractérisé dès lors que le contrat, qui a été exécuté jusqu'en juillet 2017, a une cause et que les sommes qui lui ont été versées sont entrées dans le patrimoine de la compagnie d'assurance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, la société CBL insurance Europe designated activity company (DAC), représentée par la SCP Delavallade-Raimbault indique s'en remettre à la décision du Tribunal.

Elle fait valoir qu'aucune demande n'est formée à son encontre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,

- les conclusions de M. Chevillard, rapporteur public,

- et les observations de Mme A représentant le CIAS du Sud-Minervois et de Me Chapenoire représentant la société CBL insurance Europe designated activity company.

Considérant ce qui suit :

1. Le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois a conclu, à effet du

1er janvier 2017 et pour une durée de trois ans, un marché public de services relatif à l'assurance des risques statutaires de ses personnels avec le groupement composé des sociétés Assurances Pilliot et CBL Insurance Europe Dac. Ces dernières l'ont informé, par courrier reçu le 3 octobre 2018, de leur décision de résilier le contrat au 31 décembre 2018. Le 25 octobre, le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois a refusé cette résiliation. Par courriers des 20 décembre 2018 et 11 février 2019, il a mis en demeure le groupement de reprendre les relations contractuelles. Par une ordonnance du 28 mars 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, saisi par le centre intercommunal, a ordonné la poursuite provisoire des relations contractuelles et l'exécution des prestations dues à hauteur de 53 637,51 euros, sous astreinte de 500 euros par jour de retard une fois passé le délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance. La liquidation de l'astreinte prononcée par le juge des référés est intervenue par une ordonnance du 4 juillet 2019. Le 29 avril 2020, la trésorerie de Narbonne agglomération a émis, à la demande du centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois, un titre exécutoire n° 2020-32-173 à l'encontre de la société Assurances Pilliot, pour la somme de 805 001,82 euros correspondant au remboursement d'indemnités journalières pour la période de juillet 2017 à février 2020. Par une décision du 21 octobre 2021, le tribunal administratif de Montpellier a annulé le titre exécutoire émis le 29 avril 2020 et a rejeté le surplus des demandes des parties. Par un arrêt du 21 novembre 2023, la cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel interjeté par le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois. Par sa requête, le CIAS du Sud Minervois demande, à titre principal, de condamner la SASU Assurances Pilliot à lui verser une somme de 1 857 604,92 euros augmentée des intérêts et de leur capitalisation ou, subsidiairement, de condamner la même société à lui verser une somme de 635 950 euros augmentée des intérêts et de leur capitalisation sur le fondement de l'enrichissement sans cause.

Sur les exceptions de litispendance et de connexité :

2. Par un arrêt n° 21TL04789 du 21 novembre 2023 devenu définitif, la cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté la requête présentée par le CIAS du Sud Minervois tendant à l'annulation de la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le tribunal administratif de Montpellier a annulé le titre exécutoire émis le 29 avril 2020 et a rejeté le surplus des demandes des parties. Contrairement à ce que soutient la société Assurances Pilliot, aucune circonstance ne fait obstacle à ce que le CIAS du Sud Minervois demande au tribunal administratif de Montpellier la condamnation de la société Assurances Pilliot à lui verser une somme au titre de la responsabilité contractuelle et, subsidiairement, au titre de sa responsabilité quasi-délictuelle. Les exceptions de litispendance et de connexité doivent ainsi être écartées.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle :

3. Les collectivités publiques peuvent, en matière contractuelle, soit constater elles-mêmes les créances qu'elles détiennent sur leurs cocontractants et émettre des titres exécutoires, soit saisir le juge administratif d'une demande tendant au recouvrement de ces créances. Toutefois, elles ne peuvent pas saisir d'une telle demande le juge lorsqu'elles ont décidé, préalablement à cette saisine, d'émettre des titres exécutoires en vue de recouvrer les sommes en litige. Dans un tel cas, dans la mesure où la décision demandée au juge aurait les mêmes effets que le titre émis antérieurement, la demande présentée, fondée sur la responsabilité contractuelle, est dépourvue d'objet et par suite irrecevable.

4. Cette règle ne s'oppose pas à ce que les collectivités publiques qui ont décidé de constater elles-mêmes les créances contractuelles qu'elles détiennent sur leurs cocontractants et d'émettre des titres exécutoires, puissent saisir le juge administratif d'une demande recherchant la responsabilité extra contractuelle de leurs cocontractants à raison de l'illégalité des contrats en litige. Dans un tel cas, dans la mesure où la demande présentée au juge n'a ni le même fondement ni les mêmes effets que le titre exécutoire émis antérieurement, cette demande fondée sur la responsabilité extracontractuelle ne peut être regardée comme dépourvue d'objet et par suite irrecevable.

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code des assurances, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I. - L'intermédiation en assurance ou en réassurance est l'activité qui consiste à présenter, proposer ou aider à conclure des contrats d'assurance ou de réassurance ou à réaliser d'autres travaux préparatoires à leur conclusion. (). Est un intermédiaire d'assurance ou de réassurance toute personne qui, contre rémunération, exerce une activité d'intermédiation en assurance ou en réassurance () ". En vertu de l'article

R. 511-2 du même code, l'activité d'intermédiation en assurance peut être assurée par un courtier d'assurances. Dans un marché public d'assurance, le courtier se trouve dans la position de mandataire de l'assureur.

6. Aux termes de l'article 45 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics : " I. - Les groupements d'opérateurs économiques peuvent participer aux procédures de passation de marchés publics. Pour la présentation d'une candidature ou d'une offre, l'acheteur ne peut exiger que le groupement d'opérateurs économiques ait une forme juridique déterminée. Le groupement est conjoint lorsque chacun des opérateurs économiques membres du groupement s'engage à exécuter la ou les prestations qui sont susceptibles de lui être attribuées dans le marché public. Le groupement est solidaire lorsque chacun des opérateurs économiques membres du groupement est engagé financièrement pour la totalité du marché public. Les candidatures et les offres sont présentées soit par l'ensemble des membres du groupement, soit par un mandataire qui justifie des habilitations nécessaires pour représenter les autres membres du groupement. Un même opérateur économique ne peut pas être mandataire de plus d'un groupement pour un même marché public. () "

7. Ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Toulouse, dans l'arrêt du 21 novembre 2023, l'acte d'engagement du marché en litige stipule que " l'ensemble des membres du groupement s'engagent sur la base de l'offre de groupement " et concernant la répartition des prestations exécutées par les membres du groupement conjoint, la société Assurances Pilliot s'engage à réaliser une prestation de courtier et la société CBL Insurance Europe Dac une prestation d'assureur à hauteur de 100 %. Par ailleurs, dans la lettre de candidature et de désignation du mandataire par ses co-traitants, le candidat se présente comme un groupement d'entreprises conjoint et non pas solidaire, composé de la société Assurances Pilliot et de la compagnie CBL Insurance Europe Dac en charge, pour la première, de l'exécution des prestations de gestion de la police et des sinistres et, pour la seconde, de l'exécution des prestations d'assurance. De plus, la société Assurances Pilliot, désignée comme mandataire de ce groupement, se présente comme n'étant pas un mandataire solidaire. Enfin, le contrat d'assurances n° 17272GST11 garantissant les risques statutaires des agents souscrit par le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois à l'issue de la procédure de consultation, désigne la société CBL Insurance Europe Dac comme ayant la qualité d'assureur, la société Assurances Pilliot étant mentionnée en tant que courtier et gestionnaire du contrat.

8. Au vu de ces documents le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois ne pouvait ignorer que seule la société CBL Insurance Europe Dac était titulaire de la prestation d'assurance et avait la qualité d'assureur à son égard. En outre, en l'absence de solidarité contractuellement prévue entre les membres du groupement, la société Assurances Pilliot ne s'était pas engagée à garantir financièrement le souscripteur du contrat en cas de défaillance de l'assureur dans l'exécution de sa prestation d'assurance. Enfin, s'il résulte de l'instruction que la société Assurances Pilliot a, notamment, établi et signé le marché pour le compte de l'assureur, centralisé et recouvré les primes dues à l'assureur et le montant de l'indemnité due par cet assureur à l'assuré et résilié le marché pour le compte de l'assureur, ces prestations s'inscrivaient dans le cadre de l'exécution de sa propre prestation de gestion de la police et des sinistres. Par conséquent la société Assurances Pilliot ne peut être considérée comme redevable de la somme de 1 857 604,92 euros au titre du paiement des indemnités d'assurances dues par l'assureur au centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois.

9. En deuxième lieu, le centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois présente des conclusions indemnitaires sur le fondement de la responsabilité contractuelle de la société Assurances Pilliot du fait de son inexécution fautive du contrat d'assurance et lui réclame, en réparation, le versement d'une indemnité correspondant au montant de l'indemnité d'assurance due par l'assureur. Mais comme cela a déjà été exposé, en sa seule qualité de mandataire, la société Assurances Pilliot n'était pas débitrice de l'indemnité d'assurance sollicitée dont la charge reposait exclusivement sur l'assureur. Dès lors, l'établissement public requérant n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité contractuelle au titre de l'inexécution de la prestation d'assurance qui ne se rattachait pas à sa mission contractuelle.

10. En troisième lieu, si le CIAS requérant se prévaut de la résistance fautive de la société Assurances Pilliot dès lors qu'aux termes du courriel du 6 février 2020, cette dernière devait continuer à honorer les paiements des indemnités d'assurance, il résulte au contraire de ce message que la Banque centrale d'Irlande avait ordonné à CBL Europe Insurance Dac de cesser immédiatement de payer les indemnités. De plus, il résulte de l'instruction que la société Assurances Pilliot avait reçu, le 13 décembre 2019, la directive de l'administrateur provisoire de la société CBL Insurance Europe Dac de n'effectuer aucun paiement à un titulaire d'une police de la compagnie. Dès lors le CIAS du Sud Minervois n'est pas fondé à engager la responsabilité contractuelle de la société Assurances Pilliot au titre de sa résistance fautive à payer les indemnités d'assurances.

11. Il résulte de ce qui précède que le CIAS du Sud Minervois n'est en tout état de cause pas fondé à demander la condamnation de la société Assurances Pilliot à lui verser la somme de 1 857 604,92 euros.

En ce qui concerne la responsabilité extracontractuelle :

12. Le CIAS du Sud Minervois demande la condamnation de la société Assurances Pilliot à lui verser une somme de 635 950 euros correspondant au montant des primes versées pour les mois et années au cours desquels les prestations n'ont pas été exécutées du mois de juillet 2017 à décembre 2019.

13. Il résulte tout d'abord de l'instruction que, par un courrier du 3 octobre 2018, la société Assurances Pilliot a informé le CIAS du Sud Minervois de la résiliation de la police d'assurance qu'il avait souscrite, à compter du 31 décembre 2018, précisant agir dans le cadre d'une demande de la banque centrale irlandaise à CBL Insurance Europe Dac. Le CIAS du Sud-Minervois a refusé ladite résiliation en se prévalant d'une méconnaissance des stipulations contractuelles relatives au délai de préavis puis a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier afin d'obtenir une reprise des relations contractuelles. Par une ordonnance du 28 mars 2019, le juge des référés a ordonné la reprise provisoire des relations contractuelles. Si le CIAS du Sud Minervois sollicite la restitution des primes versées du mois de juillet 2017 à la fin de l'année 2018 en se prévalant d'un enrichissement sans cause, un tel enrichissement ne saurait être établi par l'unique circonstance que les prestations contractuelles n'ont pas été exécutées par l'assureur, alors qu'il résulte de l'instruction que le contrat n'avait donné lieu à aucune résiliation sur cette période. Par suite, le CIAS du Sud-Minervois n'est pas fondé à réclamer le remboursement des primes qu'il a versées pour la période allant du mois de juillet 2017 au 31 décembre 2018

14. En revanche, il résulte de l'instruction que le CIAS du Sud-Minervois a, dans le cadre de la reprise des relations contractuelles ordonnée le 28 mars 2019, versé la somme totale de 254 380 euros par deux virements du 19 août 2019 correspondant aux primes annuelles à compter du 1er janvier 2019. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit, faute d'exécution de ladite reprise des relations contractuelles ordonnée par le juge des référés, ce dernier a liquidé l'astreinte qu'il avait prononcé par une ordonnance du 4 juillet 2019 de sorte que le contrat liant le CIAS du Sud Minervois avec CBL Insurance Europe Dac et la société assurance Pilliot, qui doit être regardé comme résilié, de fait, à la date du 31 décembre 2018, ne s'est pas poursuivi à compter du 1er janvier 2019. Il s'ensuit que la SASU Assurances Pilliot a, indument, accepté de percevoir les primes versées par le CIAS du Sud-Minervois dans le cadre d'un contrat d'assurances dont elle ne pouvait ignorer qu'il était résilié au 1er janvier 2019, alors qu'elle aurait dû les restituer. Par suite, le CIAS du Sud Minervois est fondé, au titre de l'enrichissement sans cause, à demander la condamnation de la SASU Assurances Pilliot à lui verser la somme de 254 380 euros correspondant aux primes qu'elle a encaissées sans les restituer, postérieurement au 31 décembre 2019.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

15. Le CIAS du Sud Minervois a droit aux intérêts au taux légal à compter du 13 avril 2022, date d'introduction de sa requête.

16. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 13 avril 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 13 avril 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

17. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de la société Assurances Pilliot une somme de

1 500 euros à verser au CIAS du Sud Minervois au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société par actions simplifiées unipersonnelle (SASU) Assurances Pilliot, est condamnée à verser au centre intercommunal d'action sociale du Sud Minervois la somme de 254 380 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 avril 2022. Les intérêts échus le 13 avril 2023 seront capitalisés à cette date puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La société Assurances Pilliot versera au CIAS du Sud-Minervois la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée au centre intercommunal d'action sociale du Sud-Minervois, à la société Assurances Pilliot et à CBL Insurance Europe Dac.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Souteyrand, président,

Mme Bayada, première conseillère,

Mme Lesimple, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

A. Bayada

Le président,

E. SouteyrandLa greffière,

A. Farell

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 19 septembre 2024.

La greffière,

A. Farell

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