lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président RABATE |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante
Par décision 422801 rendue le 14 avril 2022 le Conseil d'Etat a annulé l'article 3 du jugement 1804450 rendu le 8 juin 2020 par ce tribunal et a renvoyé le surplus des conclusions de la requête de M. A devant ce tribunal.
Par requête et mémoires, enregistrés les 13 septembre 2018, 5 février, 29 mai, 13 août et 5 novembre 2020, 21 septembre 2023 et 12 mars 2024, M. B A, représenté par Me Sillères et Rosier, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à l'encontre de la SNC Palavas Camping A B le 30 octobre 2017 et le rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 252 288 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence du signataire du titre de perception n'est pas établie ;
- le titre de perception est dépourvu de toute signature ;
- le titre de perception ne satisfait pas aux exigences de motivation et de mention des bases de la liquidation ;
- la commune de Palavas-les-Flots n'étant pourvue ni d'un plan local d'urbanisme, ni d'un plan d'occupation des sols et n'ayant pris aucune délibération en faveur de son institution, la taxe d'aménagement est privée de fondement légal ;
- le titre de perception est entaché d'une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors que le camping n'a jamais accueilli des habitations légères de loisir mais seulement des résidences mobiles de loisir ;
- l'implantation des 192 résidences mobiles de loisir munies de leurs roues n'est pas soumise à un régime d'autorisation selon le code de l'urbanisme et donc à la taxe d'aménagement ;
- la résidence mobile de loisirs prévue par les articles R. 111-41 et R. 421-19 du code de l'urbanisme n'est pas soumise à formalité si elle est installée dans un camping régulièrement créé, selon des réponses ministérielles des 15 novembre 2007, 17 avril 2012, 25 juin 2013 et 5 mars 2019 ;
- aucun procès-verbal d'édification d'une construction sans autorisation n'ayant été dressé à son encontre, la taxe d'aménagement est privée de fait générateur ;
- lors de l'autorisation du camping, le permis d'aménager n'était pas en vigueur ;
- il ne peut être regardé comme le redevable de la taxe au sens de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme, sa responsabilité pénale n'a pas été retenue par la cour d'appel pour construction sans autorisation, et le procès-verbal du 20 février 2013 non produit ne constate pas une telle construction.
Par mémoires, enregistrés les 18 octobre 2018 et 26 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut à la seule compétence de l'ordonnateur.
Par mémoires, enregistrés les 12 novembre 2019 et 3 février 2020 et 21 septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 20 février 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 13 mars 2024 midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
-le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, désigné M. Rabaté pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, magistrat désigné ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Sillères, pour M. A, et celles de M. C, pour le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exposé du litige :
1. ll ressort des pièces du dossier, et du procès-verbal constatant l'infraction du 20 février 2013, que dans le cadre de l'exploitation de l'établissement " Palavas Camping " situé sur le territoire de la commune de Palavas-les-Flots, M. A a procédé, entre février et avril 2011, à l'installation de 192 nouveaux équipements dans la bande littorale des cent mètres. Par un arrêt du 17 novembre 2016 devenu définitif, la cour d'appel de Montpellier a confirmé le jugement du 15 septembre 2015 du tribunal correctionnel de Montpellier déclarant M. A coupable d'avoir ainsi exécuté des travaux ou utilisé le sol en méconnaissance des dispositions d'une directive territoriale d'aménagement et des dispositions du plan d'occupation des sols de la commune, ainsi que d'avoir exécuté des travaux sur un monument naturel ou un site inscrit sans information préalable de l'administration, en méconnaissance des dispositions du code de l'environnement et du code du patrimoine. Le directeur départemental des territoires et de la mer a émis, le 30 octobre 2017, à l'encontre de la SNC Palavas Camping et de M. A, un titre de perception en vue du recouvrement de la taxe d'aménagement avec amende liée à ces installations. Par jugement n° 1804450 du 8 juin 2020, ce tribunal a annulé le titre de perception émis le 30 octobre 2017 à l'encontre de la SNC Palavas Camping A en tant qu'il fixe la valeur forfaitaire des installations litigieuses à 10 000 euros par emplacement, a accordé à M. A la réduction de la taxe d'aménagement contestée à raison de la différence entre la valeur forfaitaire applicable aux habitations légères de loisirs et celle applicable aux résidences mobiles de loisirs, et a par son article 3 rejeté le surplus des conclusions de la requête de M. A. Par décision 422801 rendue le 14 avril 2022 le Conseil d'Etat a annulé pour insuffisance de motivation l'article 3 du jugement 1804450 et a renvoyé au tribunal le jugement du surplus des conclusions de l'affaire, à savoir l'annulation du titre de perception du 30 octobre 2017 et du rejet du recours gracieux, décharge de l'obligation de payer la somme de 252 288 euros de taxe d'aménagement et de pénalité de 80%.
Sur l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement (). / Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article ou, en cas de construction sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, les personnes responsables de la construction. / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager () ou, en cas de constructions ou d'aménagements sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle du procès-verbal constatant l'achèvement des constructions ou des aménagements en cause. ".
3. Il résulte de ces dispositions que donnent lieu au paiement de la taxe d'aménagement les installations ou aménagements de toute nature soumis à un régime d'autorisation en vertu du code de l'urbanisme. En cas de constructions ou d'aménagements sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, la date du fait générateur est celle du procès-verbal constatant l'achèvement des constructions ou des aménagements en cause.
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1 les 192 résidences mobiles de loisir ont été installées sur instruction de M. A entre février et avril 2011. A cette date, laquelle doit être prise en compte, et non la date de création du camping, l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme alors applicable dispensait de " toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans un secteur sauvegardé dont le périmètre a été délimité ou dans un site classé " des équipements de faible importance. Mais il ressort du procès-verbal d'infraction que les parcelles où ont été installées les résidences mobiles sont comprises dans la servitude d'utilité publique AC2 annexé au plan d'occupation des sols alors en vigueur, qui correspond au site de l'étang de l'Arnel, du Prévost et de leurs berges. De plus, l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme alors applicable disposait : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : f) Les travaux ayant pour effet, dans un terrain de camping ou d'un parc résidentiel de loisirs, de modifier substantiellement la végétation qui limite l'impact visuel des installations ". Et ainsi que le constate le procès-verbal d'infraction ont été mises en place de nouvelles résidences de loisir munies de roues et raccordées aux réseaux, une nouvelle clôture, des travaux de décaissement sur au moins 50 cm de profondeur avec arrachage de la végétation et dépôt de sable avec végétaux sur la plage. Par suite, ces travaux ont modifié substantiellement la végétation.
5. Il résulte du point qui précède, même si le procès-verbal ne fait pas expressément mention de l'absence d'autorisation d'urbanisme, et alors que le requérant ne peut utilement se prévaloir de réponses ministérielles dépourvues de portée règlementaire, que la création des résidences mobiles de loisir était soumise à un permis d'aménager, en vertu des articles R. 421-2 et R. 421-19 précités du code. Et il est constant que M. A n'en avait pas. Dès lors, l'installation des résidences devait donner lieu au paiement de la taxe d'aménagement.
6. Si M. A fait valoir que sa responsabilité pénale n'a pas été engagée, il ressort du procès-verbal et de l'arrêt mentionnés au point 1 qu'il était responsable de la construction. Dès lors, le moyen tiré du fait qu'il n'était pas redevable de la taxe sera écarté. Et l'intéressé ne peut utilement arguer de l'absence de fait générateur de la taxe, l'achèvement des aménagements ayant été constaté par le procès-verbal constatant l'infraction du 20 février 2013.
7. En vertu de l'article L. 331-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en 2017 : " La part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement est instituée : 1° De plein droit dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un plan d'occupation des sols, sauf renonciation expresse décidée par délibération dans les conditions prévues au neuvième alinéa ; 2° Par délibération du conseil municipal dans les autres communes ".
8. Par délibération du 20 septembre 2011, le conseil municipal de la commune de Palavas-les-Flots a adopté le taux de la part communale de la taxe d'aménagement avec effet au 1er mars 2012. Par suite, le moyen tiré de l'absence de fondement légal de la taxe d'aménagement doit être écarté.
Sur la demande d'annulation :
9. Il résulte de l'instruction que le titre de perception du 30 octobre 2017 a été émis par M. E D, directeur départemental des territoires et de la mer de l'Hérault nommé en cette qualité par arrêté du premier ministre du 5 novembre 2015. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur du titre doit être écarté.
10. Aux termes de l'article L. 255 A du livre des procédures fiscales : " Les parts communale, départementale et régionale de la taxe d'aménagement prévues par les articles L. 331-1 à L. 331-4du code de l'urbanisme et le versement pour sous-densité prévu par les articles L. 331-36 et L. 331-38 du même code sont assis, liquidés et recouvrés en vertu d'un titre de recettes individuel ou collectif délivré par le responsable chargé de l'urbanisme dans le département. Ce responsable peut déléguer sa signature aux agents placés sous son autorité. ". Si le titre de perception du 30 octobre 2017 ne comporte pas la signature de son auteur, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité dès lors que l'administration produit l'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement, revêtu de la formule exécutoire, lequel est réputé comporter les nom, prénom, qualité et signature de son auteur. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature du titre contesté doit être écarté.
11. Un état exécutoire émis par une personne morale de droit public doit indiquer les bases de la liquidation de la dette. En application de ce principe, il doit indiquer les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre la somme en cause à la charge du redevable, soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
12. Il ressort de l'examen du titre de perception litigieux qu'il indique le montant réclamé, mentionne la taxe aménagement, la surface taxable, le nombre d'équipements, 192, et détaille les éléments du calcul. Dès lors, le titre est suffisamment motivé.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et de décharge du recours restant en litige, et par voie de conséquence celles relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A restant en litige est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera transmise au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault, et au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
Le magistrat désigné,
V. RabatéLe greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 mai 2024.
Le greffier,
S. Sangaréfb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026