lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202338 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai 2022 et le 27 février 2023, la société civile immobilière (SCI) CPEM représentée par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et majorations, de la taxe d'aménagement à laquelle elle a été assujettie en raison du permis de construire délivré le 24 février 2017 par le maire de la commune de Perpignan ;
2°) d'annuler les titres de perception n° 045 075 066 465240 2019 0023730 en date du
21 mars 2018 et n° 045 075 066 465240 2018 0003046 en date du 18 mars 2019, ensemble les mises en demeure subséquentes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle remplit les conditions lui permettant de bénéficier de l'abattement de 50 % prévu par les dispositions de l'article L. 331-12 du code de l'urbanisme, s'agissant d'un bien à usage de stationnement exploité dans le cadre d'une activité commerciale ;
- ni les titres de perception en cause, ni les mises en demeure qui lui ont été adressées, ne comportent les bases de liquidation, conformément aux dispositions de l'article 24 du décret du
7 novembre 2012.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le directeur des finances publiques du Tarn conclut à sa mise hors de cause.
Il soutient qu'en application des dispositions du décret n° 2012-1246 du
7 novembre 2012, les titres de perception sont émis par les ordonnateurs, soit en l'espèce, la direction départementale des territoires et de la mer des Pyrénées-Orientales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SCI CPEM ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2023, le maire de la commune de Perpignan conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCI CPEM, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la SCI CPEM ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Dabouis, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Bonnet pour la SCI CPEM et de Me Latapie pour la commune de Perpignan.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI CPEM a sollicité le 30 septembre 2016 un permis de construire en vue de la construction d'un hangar comprenant 28 garages individuels destinés à la location sur les parcelles cadastrées CY165 et CY166 sises rue du Languedoc à Perpignan. En conséquence du permis de construire qui lui a été délivré par arrêté PC 66136 16 P0194 du 24 février 2017 par le maire de la commune au nom de la commune, la société a été destinataire de deux titres de perception émis à son encontre les 21 mars 2018 et 18 mars 2019 en vue du recouvrement des sommes de 14 510 euros et 14 508 euros correspondant respectivement à la première et seconde tranche de la taxe d'aménagement. En l'absence de paiement, des mises en demeure ont été émises respectivement par les directions départementales des finances publiques des Pyrénées-Orientales et du Tarn prévoyant une majoration de 1 451 euros et 1 248,60 euros. Par décision du 7 avril 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté la réclamation préalable formée par la SCI CPEM à l'encontre des deux titres de perception et des mises en demeure. Par la présente requête, la SCI CPEM demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et majorations, de la taxe d'aménagement à laquelle elle a été assujettie et d'annuler les titres de perception n°045 075 066 465240 2019 0023730 en date du 21 mars 2018 et n°045 075 066 465240 2018 0003046 en date du 18 mars 2019, ensemble les mises en demeure subséquentes.
Sur les conclusions en décharge :
2. D'une part, par son mémoire du 27 février 2023, la SCI CPEM déclare abandonner le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement () ". L'assiette de la taxe d'aménagement est fixée à l'article L. 331-10 du même code, lequel indique que : " L'assiette de la taxe d'aménagement est constituée par : 1° La valeur, déterminée forfaitairement par mètre carré, de la surface de la construction ". Aux termes de l'article L. 331-12 du même code, applicable à la date du 24 février 2017 : " Un abattement de 50 % est appliqué sur ces valeurs pour : () 3° Les locaux à usage industriel ou artisanal et leurs annexes, les entrepôts et hangars non ouverts au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale et les parcs de stationnement couverts faisant l'objet d'une exploitation commerciale. ".
4. Le droit à l'abattement de 50 % prévu au 3° de l'article L. 331-12 du code de l'urbanisme dont se prévaut la société requérante s'apprécie à la date de délivrance du permis de construire ou de la décision de non-opposition, au regard de la destination de la construction telle qu'elle a été précisée dans la demande de permis ou la déclaration, de ses caractéristiques et de tout autre élément pertinent porté à cette date à la connaissance de l'administration.
5. Il est constant que la SCI CPEM a sollicité et obtenu un permis de construire un hangar sans étage couvert comprenant deux rangées de 14 garages de 21 m2 séparés et fermés par des portes donnant sur l'extérieur. La location de locaux nus est une opération de nature civile et selon l'extrait K bis de la société, celle-ci est constituée sous la forme d'une société civile immobilière. Si elle se prévaut d'exploiter commercialement les garages, une telle activité ne résulte pas des mentions figurant sur la demande de permis de construire, la case " aires de stationnement ouvertes au public " n'est pas cochée, la configuration des garages ne peut donner lieu qu'à de la location individuelle et il n'est fait état d'aucune prestation particulière liée à la location. Le seul fait d'avoir opté pour l'impôt sur les sociétés pour les revenus de la gestion des garages est sans incidence sur la qualification de l'activité par nature civile de la société. Dès lors, la société requérante n'établit pas la nature commerciale de l'exploitation des garages pour lesquels elle a obtenu un permis de construire. Par suite, et pour ce seul motif, elle n'est pas fondée à revendiquer le bénéfice de l'abattement prévu par les dispositions du 3° de l'article
L. 331-12 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que la requête de la SCI CPEM doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société civile immobilière CPEM est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière CPEM, au directeur des finances publiques du Tarn, au préfet des Pyrénées-Orientales et au maire de la commune de Perpignan.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M.Gayrard, président,
Mme Pater première conseillère,
Mme Villemejeanne, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
J.P. Gayrard
La greffière
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 octobre 2024.
La greffière,
A. Lacaze
fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026