jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202504 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 avril, 8, 21, 22 et 23 mai 2022, Mme B C et M. E D demandent au tribunal de prononcer la remise gracieuse d'une somme de 811,68 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er au 31 décembre 2021.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi dès lors que les indemnités de chômage de M. D ont été déclarées en tant que salaire pour la période du 16 septembre au 30 novembre 2021 sur l'indication de la caisse d'allocations familiales ;
- ils s'étaient opposés au versement du revenu de solidarité active au cours du mois de décembre 2021 ; il leur a été indiqué à cette occasion qu'aucun indu n'en résulterait ;
- le foyer est dans une situation précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le département des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. D ont bénéficié du revenu de solidarité active dans le département des Pyrénées-Orientales à compter du mois de septembre 2021. Par une décision du 31 janvier 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales leur a notifié un indu de cette prestation d'un montant de 811,68 euros pour la période du 1er au 31 décembre 2021. Par la présente requête, M. C et Mme D demandent la remise gracieuse de cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-7 du même code dispose que : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. () ". Aux termes de l'article R. 262-1 du même code : " Il n'est tenu compte ni des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12, ni des allocations aux travailleurs involontairement privés d'emploi mentionnées par les articles L. 5422-1 et L. 5423-1 du code du travail, lorsqu'il est justifié que la perception de ces revenus est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. / Les autres ressources ne sont pas prises en compte, dans la limite mensuelle du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 fixé pour un foyer composé d'une seule personne, lorsqu'il est justifié que leur perception est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. () ".
3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Il résulte de l'instruction qu'après avoir constaté que M. D avait perçu des indemnités de chômage au titre du mois de décembre 2021, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales est revenue sur la mesure de neutralisation des ressources accordée au titre de la période en litige et lui a ainsi notifié l'indu de 811,66 euros dont il est demandé la remise gracieuse.
6. Mme C et M. D soutiennent s'être opposés au versement, intervenu à l'initiative de la caisse d'allocations familiales, du revenu de solidarité active pour la période du 1er au 31 décembre 2021 dès lors qu'ils s'exposaient à la notification d'un indu. Toutefois et d'une part, à les supposer de bonne foi, ceux-ci se bornent, pour établir la précarité de leur situation, à produire, au titre des charges de leur foyer, estimées par eux à 854,05 euros mensuels, un relevé bancaire du mois de janvier 2022. D'autre part, il résulte des pièces produites par les requérants, actualisées au plus tard au 21 mai 2022, que les ressources du foyer sont constituées de 1 000 euros d'indemnités chômage, outre, à cette date, d'un versement mensuel moyen de la caisse d'allocations familiales de 355 euros. Dans ces conditions, faute en outre pour les requérants de produire les justificatifs actualisés de leurs ressources et de leurs charges, ceux-ci ne sauraient être regardés comme se trouvant dans une situation de précarité telle qu'elle ferait obstacle au remboursement de l'indu de revenu de solidarité active mis à leur charge, le cas échéant, selon un échéancier qu'il leur appartient de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C et de M. D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au département des Pyrénées-Orientales et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2023.
La greffière,
F. Roman
No 2202504
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