mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202613 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | DORIAVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 mai 2022, le 27 janvier 2023 et le 13 février 2024, M. C B, représenté par Me Guillemain, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 avril 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ne lui accordé qu'une remise partielle de 1 759,85 euros d'un indu de prime d'activité d'un montant de 3 519,69 euros constitué au titre de la période du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de lui rembourser les sommes indûment prélevées ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation du préjudice moral subi ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a toujours régulièrement déclaré ses revenus ;
- il n'a commis aucune erreur dans ses déclarations de revenus ni tenté de dissimuler des revenus ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- il revient à la caisse d'allocations familiales de fournir les télé-déclarations qu'il a faites, afin de démontrer sa bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, représentée par Me Calaudi, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de M. B au versement de la somme de 1 759,85 euros et à ce que soit mise à sa charge la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La caisse d'allocations familiales de l'Hérault a présenté un nouveau mémoire, enregistré le 19 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Guillemain, représentant M. B, et de Me Calaudi, représentant la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
La clôture de l'instruction a été différée au 22 février 2024 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est un auto-entrepreneur artisan antenniste qui exerce une activité de vente et de services. Il résulte de l'instruction qu'il a mentionné dans ses déclarations trimestrielles de ressources, non le montant brut du chiffre d'affaires réalisé, mais le montant du revenu calculé après abattements, selon la nature de l'activité de vente ou de services, sur ce chiffre d'affaires brut. La caisse d'allocations familiales a alors rectifié le montant de ses ressources et, par décision du 20 janvier 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 3 411,42 euros pour la période du 1er janvier 2020 au 30 septembre 2021. M. B a contesté cet indu par lettre du 1er février 2022 en faisant valoir que le modèle informatique pour la déclaration de ses ressources n'était pas adapté à sa situation professionnelle conduisant à des déclarations systématiquement erronées et s'est plaint de ne pas avoir été correctement informé. En réponse, par une décision du 20 avril 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui accordé une remise partielle de 1 759,85 euros de l'indu de prime d'activité.
Sur la nature du litige :
2. Aux termes de l'article R. 845-2 du code de la sécurité sociale : " () Lorsque les bénéfices n'ont pas été imposés, ou ne correspondent pas à une année complète d'activité, et pour les travailleurs indépendants mentionnés aux articles L. 613-7 et L. 642-4-2 (), les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du service de la prime d'activité en appliquant au tiers du montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée auxdits articles () ".
3. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait contesté dans son recours du 1er février 2022 que l'indu n'aurait pas été correctement calculé en application de l'article R. 845-2 du code de la sécurité sociale applicable aux auto-entrepreneurs. En conséquence, M. B doit être regardé comme demandant seulement la remise totale de l'indu sans en contester le bien-fondé.
Sur la demande de remise de dette :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
6. En premier lieu, si M. B soutient que la décision attaquée est insuffisamment motivée, un tel moyen est inopérant à l'appui d'une demande de remise de dette. En second lieu, M. B, qui ne soutient au demeurant pas se trouver dans une situation financière précaire, n'apporte au soutient de sa demande de remise aucun justificatif relatif à ses charges et ressources actuelles. Dans ces conditions, alors même que sa bonne foi n'est pas en cause, M. B n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'il ne puisse pas faire face au remboursement de sa dette.
7. Il résulte de ce qui précède que la demande de remise totale de l'indu présenté par M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant au paiement de dommages et intérêts :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
9. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B a formé une demande préalable d'indemnités. Par suite, ses conclusions tendant à la condamnation de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault au versement de dommages et intérêts sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles de la caisse d'allocations familiales :
10. En application du principe selon lequel une personne morale de droit public ou privé chargée d'une mission de service public est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même, l'organisme payeur n'est pas recevable à demander au tribunal de condamner un allocataire au remboursement de prestations qu'il a indûment perçues, dès lors qu'il dispose du pouvoir de délivrer une contrainte lui permettant de recouvrer une prestation indûment versée qui, sauf opposition fondée, comporte les effets d'un jugement en application de l'article L. 161-1-1 du code de la sécurité sociale. Dans ces conditions, les conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault présentées à ce titre sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault tendant à l'application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le président,
D. A
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 mars 2024.
La greffière,
F. Roman
No 2202613
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026