mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202902 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BESSA-SOUFI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2022, Mme D B A, représentée par Me Bessa-Soufi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié la suspension de son droit au revenu de solidarité active et mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 933 euros au titre de la période de novembre 2020 à mai 2021 ;
2°) de rétablir ses droits au revenu de solidarité active.
Elle soutient que :
- elle n'a pu effectuer ses déclarations de revenus depuis août 2020 car elle se trouvait bloquée en Algérie entre le 26 décembre 2020 et le 7 décembre 2021 en raison de la pandémie Covid 19 et n'a pu rentrer en France qu'en décembre 2021 ;
- la décision du 28 septembre 2021 est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision du 28 septembre 2021 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle se trouve dans une situation de précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions de Mme B A dirigées contre la décision du 28 septembre 2021, qui notifie sa radiation et l'indu de revenu de solidarité active, sont irrecevables dès lors que la décision du 19 janvier 2022 prise sur recours préalable obligatoire s'est substituée à cette première décision ;
- aucun des moyens présentés n'est fondé.
Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation, ses droits ont été révisés et, par une décision du 28 septembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié sa radiation ainsi qu'un indu de revenu de solidarité active de 2 933 euros au titre de la période de novembre 2020 à mai 2021. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par le président du conseil départemental de l'Hérault par décision du 19 janvier 2022.
Sur le périmètre du litige :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que les décisions explicites ou implicites prises à la suite d'un tel recours se substituent nécessairement aux décisions initiales, et sont seules susceptibles d'être déférées au juge.
4. Il résulte de l'instruction que Mme B A a formé le recours préalable prévu par l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles contre la décision du 28 septembre 2021. Le président du conseil départemental de l'Hérault en a accusé réception le 20 décembre 2021 et l'a rejeté explicitement par une décision du 19 janvier 2022. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B A doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre cette dernière décision du 19 janvier 2022 qui s'est substituée à celle du 28 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 janvier 2022 :
En ce qui concerne la régularité de la décision :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que le moyen présenté par la requête tiré d'un défaut de motivation de la décision du 28 septembre 2021, en tant qu'il tend à établir l'existence d'un vice propre de cette dernière, est inopérant et doit par suite être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la décision :
7. Aux termes une part, l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments () ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : () 4° Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. () ". L'article L. 262-38 du même code dispose que : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active et de la prime d'activité mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 262-40 de ce code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : 3° Au terme de la durée de suspension du versement décidée en vertu du 2° de l'article R. 262-68 lorsque la radiation est prononcée en application de l'article L. 262-38. () ".
9. Enfin, l'article L. 262-46 du même code dispose que : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () ".
10. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active résulte de l'absence de mention dans les déclarations trimestrielles de Mme B A des pensions de réversion qu'elle percevait. Les circonstances que Mme B A n'aurait aucune intention frauduleuse et qu'elle est en situation précaire sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. D'autre part, il résulte également de l'instruction que la radiation de Mme B A du bénéfice du revenu de solidarité active résulte d'une suspension prononcée en juin 2021 à la suite de l'absence non justifiée de l'intéressée à deux rendez-vous fixés par la caisse d'allocations familiales au mois de mai 2021 pour pouvoir contrôler sa situation puis par l'absence de toute manifestation auprès de la caisse d'allocations familiales les quatre mois suivants. Si Mme B A soutient s'être trouvée à cette date confinée en Algérie en raison de la pandémie Covid 19, cette circonstance ne saurait l'avoir empêchée de faire connaître sa situation auprès de la caisse d'allocations familiales.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la radiation de ses droits au revenu de solidarité active ainsi que l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B A et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le président,
D. C
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 mars 2024.
La greffière,
F. Roman
No 220290
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026