mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202931 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-Président GAYRARD |
| Avocat requérant | PASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2022, et deux mémoires enregistrés les 13 octobre 2022 et le 10 janvier 2024, le syndicat Sud éducation Hérault, représenté par Me Passet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le rectorat de l'académie de Montpellier et la direction des services départementaux de l'éducation nationale à lui verser la somme de 1 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la décision préalable ;
2°) d'enjoindre au rectorat de l'académie de Montpellier et à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de mettre fin à l'illégalité consistant à édicter une circulaire qui énumère des postes du dispositif " classe dédoublée " en REP ou REP+ qui vont au-delà de ceux limitativement énumérées par le directeur général de l'éducation nationale, que ce soit aux termes de sa note du 6 novembre 2017 ou de ses lignes directrices du 25 octobre 2021, et ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Montpellier et de la direction des services départementaux de l'éducation nationale la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le rectorat de l'académie de Montpellier et la direction des services départementaux de l'éducation nationale ont émis de nombreuses normes illégales et ont persisté dans leur application, commettant ainsi des illégalités fautives susceptibles d'engager leur responsabilité ;
- il a subi un préjudice moral du fait de la faute commise par le rectorat de l'académie de Montpellier et la direction des services départementaux de l'éducation nationale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête :
Il soutient que les moyens soulevés sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Passet, représentant le syndicat Sud éducation Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat Sud éducation Hérault demande au tribunal de condamner le rectorat de l'académie de Montpellier et la direction des services départementaux de l'éducation nationale à lui verser la somme de 1 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la décision préalable.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2131-1 du code du travail : " Les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet l'étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux, tant collectifs qu'individuels, des personnes mentionnées dans leurs statuts ". L'article L. 2132-3 du code du travail dispose que : " Les syndicats professionnels ont le droit d'agir en justice. / Ils peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent. " Il résulte de ces dispositions que tout syndicat professionnel peut demander, devant le juge administratif, réparation du préjudice résultant de l'atteinte portée, du fait d'une faute commise par l'administration, à l'intérêt collectif que la loi lui donne pour objet de défendre, dans l'ensemble du champ professionnel et géographique qu'il se donne pour objet statutaire de représenter.
3. D'autre part, dès lors qu'une illégalité est fautive, elle est comme telle et quelle qu'en soit la nature, susceptible d'engager la responsabilité de son auteur, si elle est à l'origine directe et certaine des préjudices subis.
4. Le syndicat Sud éducation Hérault fait valoir que ses requêtes formées contre une circulaire du rectorat de l'académie de Montpellier du 9 mars 2017 relative aux opérations de mouvement intra-académique des personnels enseignants du second degré et des personnels d'éducation et d'orientation pour l'année 2017, une circulaire du 4 décembre 2017 relative à la procédure de recrutement spécifique sur les postes du dispositif " classe dédoublée " en REP et REP+ et une note du 5 septembre 2019 prévoyant un délai de sept jours pour obtenir des autorisations d'absence à titre syndical ont donné lieu à des annulations contentieuses. Les illégalités ainsi commises par le rectorat sont de nature à engager sa responsabilité pour faute, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fautes reprochées tenant à la persistance dans l'édiction de mesures illégales ou à l'absence de mise à jour du DUERP.
5. Dès lors que les illégalités sus indiquées ont été de nature à porter atteinte à l'intérêt collectif dont la loi et les statuts du syndicat Sud éducation Hérault lui confèrent l'objectif de défendre, ce dernier est fondé à demander à ce que son préjudice moral soit réparé. Eu égard à la portée des actes annulés, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en accordant la somme de 1 000 euros.
6. Il découle de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser au syndicat Sud éducation Hérault la somme de 1 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 février 2022, date de réception de sa demande préalable.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La condamnation prononcée à l'encontre de l'Etat n'implique nullement qu'il soit enjoint au rectorat de l'académie de Montpellier et à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de " mettre fin à l'illégalité consistant à édicter une circulaire qui énumère des postes du dispositif " classe dédoublée " en REP ou REP+ " qui concerne une note du 6 novembre 2017 ou des lignes directrices du 25 octobre 2021 dont l'illégalité n'a pas été établie. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser au syndicat Sud éducation Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : L'Etat est condamné à verser au syndicat Sud éducation Hérault la somme de 1 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 février 2022.
Article 2 : L'Etat versera au syndicat Sud éducation Hérault la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat Sud éducation Hérault et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
Le magistrat désigné,
J.-Ph. A
La greffière,
B. Flaesch La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation et de la jeunesse, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 mars 2024
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026