mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2202967 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | SCP DESSALCES & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juin 2022 et le 25 septembre 2023, M. C, représenté par la SCP Dessalces et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 avril 2022 par laquelle la commission de médiation du département de l'Hérault a rejeté son recours gracieux dirigé contre la décision du 7 décembre 2021 portant rejet de sa demande tendant à ce qu'il soit désigné comme prioritaire et devant être logé d'urgence ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de faire procéder à un nouvel examen de sa demande par la commission de médiation du département de l'Hérault ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle, ou à défaut une somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision litigieuse :
- est entachée d'un vice de procédure, faute d'indiquer que le quorum est atteint lors de la séance de la commission du 5 avril 2022 ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les critères définis à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 juillet 2022 et 17 octobre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret 2002-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Besle, président ;
- et les observations de Mme A, représentant le préfet de l'Hérault.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a saisi la commission de médiation de l'Hérault le 29 juillet 2021 d'une demande de logement social eu égard à l'insalubrité de son logement et à la présence de trois enfants mineurs à charge. Par une décision du 7 décembre 2021, la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande. Le 15 février 2022, M. C a exercé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par une décision du 5 avril 2022. Par la présente requête, M. C demande, le 10 juin 2022, l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-13 du code de la construction et de l'habitatation : " La commission délibère à la majorité simple. Elle siège valablement, à première convocation, si la moitié de ses membres sont présents, et à seconde convocation, si un tiers des membres sont présents. () ". Il ressort des pièces produites par le préfet de l'Hérault en défense, que la séance de la commission de médiation du 5 avril 2022 s'est tenue en présence de plus de la moitié des membres présents. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 441-2-3 II du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " () Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : () être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 441-2-4-1 du code de la construction et de l'habitation : " La liste limitative des pièces justificatives que le demandeur doit fournir et de celles qu'un service instructeur peut lui demander, notamment les documents qui permettent, en l'absence d'avis d'imposition, de s'assurer des ressources du demandeur et des personnes à loger, est fixée par l'arrêté prévu à l'article R. 441-2-2. () " et aux termes de l'annexe à l'arrêté susvisé du 6 août 2018 : " I. - Pièces obligatoires qui doivent être produites par le demandeur et toute autre personne majeure appelée à vivre dans le logement pour l'instruction () B. - Revenu fiscal de référence des personnes appelées à vivre dans le logement (personnes considérées comme vivant au foyer au sens de l'article L. 442-12 du code de la construction et de l'habitation) () a) Avis d'imposition de l'avant-dernière année (N - 2) pour toutes les personnes appelées à vivre dans le logement ou à défaut avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu ; () ".
4. Le requérant soutient que sa demande de logement devrait être reconnue prioritaire et urgente dès lors qu'il est père de trois enfants mineurs et que son logement présente des signes d'indécence. Si le rapport établi par les services d'hygiène de la ville de Montpellier, à la suite d'une visite du 21 avril 2021, fait en effet état d'une installation électrique défectueuse, d'une ventilation insuffisante, d'infiltrations d'air et d'humidité, il ressort des motifs des décisions attaquées, en date des 7 décembre 2021 et 15 février 2022, que le bailleur a été mis en demeure de réaliser les travaux dans un délai de 18 mois, soit jusqu'en janvier 2023. Au surplus, la commission de médiation a également fondé son rejet de la demande de M. C sur l'absence de production, malgré l'envoi de deux courriers de demande de pièces complémentaires les 16 novembre 2021 et 16 février 2022, des documents exigés par la réglementation, notamment l'avis d'imposition sur les revenus de l'année 2019 de son fils majeur, B. A défaut pour le requérant d'avoir justifié devant la commission de médiation de l'Hérault, ou dans le cadre de la présente instance, que les ressources de l'ensemble des personnes vivant dans son foyer n'excédaient pas le plafond prévu pour l'année 2020 par les dispositions applicables pour l'accès à un logement locatif social, la commission de médiation, qui n'a pas été mise à même de s'assurer que l'intéressé remplissait les conditions de ressources pour bénéficier d'un logement social, a pu à bon droit, pour ce seul motif, rejeter sa demande.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. C, qui ne justifie pas remplir les critères pour que sa demande soit reconnue prioritaire et urgente en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitat, n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de M. C à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas à l'instance partie perdante, la somme de 1500 euros.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et à la SCP Dessalces.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le président,
D. Besle
La greffière,
L. Rocher La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2023.
La greffière,
L. Rocher
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026