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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203003

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203003

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203003
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantSCP CALAUDI - BEAUREGARD - MOLINIER- TRIBOUL MAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 juin 2022, 12 mars 2024, 20 mars 2024 et 21 mars 2024, Mme C B demande au tribunal de lui accorder une remise totale de l'indu de prime d'activité d'un montant de 1 383, 27 euros au titre de la période du 1er mai 2020 au 30 avril 2021 et pour lequel le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ne lui a accordé qu'une remise partielle de 345,82 euros par sa décision du 24 mai 2022

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales a commis plusieurs erreurs ;

- elle est de bonne foi.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 mars 2024 et le 21 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'indu de prime d'activité est fondé ;

- la requérante n'apporte aucun élément probant au soutien de sa demande de remise gracieuse

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Calaudi, représentant la caisse d'allocations familiales de l'Hérault

La clôture de l'instruction a été différée au 26 mars 2024 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions de la requête de Mme B :

1. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

3. Mme B exerce une activité professionnelle depuis 2018 sous le statut d'auto-entrepreneur et a bénéficié de la prime d'activité. Si Mme B ne conteste pas le bien-fondé de la prime d'activité qu'elle a perçue, elle fait valoir que l'indu résulte d'erreurs de la caisse d'allocations familiales sur les modalités de détermination de ses ressources. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B serait en situation de précarité, elle a notamment déclaré des revenus de 2 490 euros en novembre 2023, 6 070 euros en décembre 2023 et 2 453 euros en janvier 2024. Dès lors, alors même que l'indu résulterait d'erreurs de la caisse d'allocations familiales, Mme B ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse totale de sa dette.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 16 avril 2024.

La greffière,

F. Roman

No 2203003

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