mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203070 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, Mme B F, représentée par Me Guyon, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'avis de sommes à payer n° 905 émis le 3 février 2021 pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 991,25 euros pour la période de février 2016 à décembre 2016 ;
2°) d'annuler la décision du 8 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 912,92 euros, dont le solde s'élève à 2 991,25 euros, pour la période de février 2016 à décembre 2016 ;
3°) de prononcer la décharge totale des sommes réclamées ;
4°) à titre subsidiaire, de déterminer ses droits ;
5°) de procéder à la compensation judiciaire des prestations auxquelles elle aurait droit avec les sommes réclamées ;
6°) de la rétablir dans ses droits ;
7°) de mettre à la charge du département de l'Hérault la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision du 8 avril 2021 est entachée d'un vice d'incompétence en l'absence de production A délégation de signature régulière ;
- l'avis de sommes à payer émis le 3 février 2021 est entaché d'un vice d'incompétence dès lors qu'il n'a pas été signé par un comptable public ;
- elle n'a pas obtenu la communication des documents servant de fondement aux décisions attaquées ;
- la décision du 3 février 2021 est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne ni le fait générateur, ni les bases de calcul ayant conduit à l'indu litigieux, ni les documents sur lesquels elle est fondée ;
- la décision du 8 avril 2021 est insuffisamment motivée dès lors qu'elle se borne à faire un rappel de sa dette sans fournir les preuves et les bases de calcul de cette dette ;
- les faits sur lesquels reposent les décisions attaquées ne sont pas matériellement établis ;
- les décisions attaquées méconnaissent, par leurs effets, les dispositions des articles L. 262-1 et L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- les décisions attaquées sont entachées A erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles n'ont pas pris en compte sa situation de précarité et sa bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis de sommes à payer du 3 février 2021 dès lors qu'il a été annulé et qu'un nouvel avis de sommes à payer n° 16305 a été émis le 23 novembre 2022 pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 991,25 euros pour la période du 1er février 2016 au 31 décembre 2016 ;
- les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 8 avril 2021 sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives et, en tout état de cause, le courrier du 8 avril 2021 ne constitue pas une décision faisant grief dès lors qu'il est purement confirmatif de la décision du 4 octobre 2017 ;
- les conclusions dirigées contre de l'avis de sommes à payer du 3 février 2021 sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées de l'exercice d'un recours administratif préalable ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a bénéficié A ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'elle avait omis de déclarer les salaires perçus par son fils ainsi qu'une pension alimentaire, l'intéressée s'est vue notifier, par décision du 30 décembre 2016, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 912,92 euros pour la période de février 2016 à décembre 2016. Un avis de sommes à payer du 3 février 2021 a été émis à l'encontre de Mme F pour le recouvrement de cet indu, dont le solde actuel s'élève à 2 991,25 euros. Par la présente requête, Mme F demande l'annulation de l'avis de sommes émis le 3 février 2021 ainsi que de la décision du 8 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 912,92 euros, dont le solde s'élève à 2 991,25 euros.
Sur le périmètre du litige :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Mme F demande l'annulation du titre exécutoire du 3 février 2021 émis par le président du conseil départemental de l'Hérault afin de recouvrer un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 991,25 euros. Toutefois, ledit titre ayant été retiré et remplacé par un titre exécutoire du 23 novembre 2022 ayant le même objet, les conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 3 février 2021 doivent être regardées comme dirigées également contre le titre exécutoire du 23 novembre 2022. Il n'y a, en revanche, plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire émis le 3 février 2021 dont le retrait, qui n'a pas été contesté en lui-même, est devenu définitif.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 8 avril 2021 :
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne la régularité :
5. En premier lieu, il résulte des pièces produites en défense que, par un arrêté du 1er février 2021, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme D E, directrice des solidarités actives pour signer " tous actes, décisions et documents concernant la gestion des indus, les recours administratifs et les dossiers de présomption de fraudes ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 8 avril 2021 doit être écarte.
6. En deuxième lieu, il résulte des articles L. 262-16 et L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles et des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale que les caisses d'allocations familiales et les caisses de mutualité sociale agricole, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale.
7. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale institue ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces articles par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
8. En l'espèce, il résulte des termes du rapport d'enquête du 28 novembre 2016 établi par l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault que Mme F a été informée tant des suites qui pourraient être apportées au contrôle et des pièces à fournir, que de l'exercice par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication auprès de tiers et de la possibilité qui lui était offerte d'obtenir communication des documents ainsi obtenus. Par suite, alors que ces éléments étaient nécessairement connus de l'intéressée, une éventuelle absence d'information sur l'origine des renseignements obtenus n'était pas de nature à priver Mme F A garantie.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
10. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. À ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
11. Il résulte de l'instruction que la décision attaquée mentionne que Mme F est redevable d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 912,92 euros, dont le solde actuel s'élève à 2 991,25 euros. En outre, il résulte de l'instruction que Mme F a été destinataire de la décision du 4 octobre 2017 à laquelle la décision contestée fait expressément référence, indiquant que la somme réclamée résulte de ce que son ex-mari règle ses factures d'eau et d'électricité en lieu et place de la pension alimentaire et qu'elle n'a pas déclaré l'activité salariée de son fils en 2014, 2015 et 2016. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 8 avril 2021 manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article L.262-9 même code prévoit que : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période A durée déterminée, pour : 1° A personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° A femme isolée en état de grossesse, ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ". En vertu de l'article L. 262-3 dudit code, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".
13. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi le 28 novembre 2016 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme F a omis de déclarer les salaires perçus par son fils en 2014, 2015 et 2016 et que son ex-mari, qu'elle hébergeait le temps qu'il trouve un nouveau logement, assurait le paiement de ses factures d'eau et d'électricité. En premier lieu, si Mme F soutient qu'elle n'a jamais été bénéficiaire du revenu de solidarité active au titre de la période en litige, soit de février à décembre 2016, il résulte toutefois de l'instruction, notamment d'un courrier de la caisse d'allocations familiales du 2 février 2023 adressé au département, que le foyer de Mme F percevait bien le revenu de solidarité active de février à décembre 2016 à hauteur de 532,27 euros par mois. En deuxième lieu, Mme F ne saurait utilement soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 262-1 et L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles en ce qu'elles conduisent à la placer dans une situation financière précaire pouvant conduire à son exclusion sociale. En dernier lieu, si Mme F soutient qu'elle est de bonne foi et se trouve dans une situation financière précaire, de telles circonstances, à les supposer établies, sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 912,92 euros, dont le solde actuel s'élève à 2 991,25 euros, pour la période de février à décembre 2016.
Sur les conclusions dirigées contre l'avis de sommes à payer du 23 novembre 2022 :
En ce qui concerne la régularité :
15. En premier lieu, il résulte des pièces produites en défense que, par un arrêté du 1er février 2021, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme D E, directrice des solidarités actives pour signer " les titres de recettes concernant les indus de RSA ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'avis de sommes à payer du 23 novembre 2022 doit être écarté.
16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 8 précédent, que le moyen tiré de ce que le droit de Mme F à être informée des renseignements obtenus de tiers par l'administration dans le cadre de l'exercice de son droit de communication et sur lesquels elle s'est fondée pour prendre sa décision, aurait été méconnu, doit être écarté.
17. En dernier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
18. En l'espèce, l'avis de sommes à payer n° 16305 mentionne clairement dans son objet : " INDU RSA - INK002 PERIODE DU 01/02/16 AU 31/12/16 " ainsi que le montant de la somme due et fait référence aux éléments de calcul notifiés le 13 octobre 2017. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'avis de sommes à payer du 23 novembre 2022 doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 et 13 du présent jugement que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme F est fondé. Dans ces conditions, le département de l'Hérault était en droit d'émettre à son encontre un avis de sommes à payer pour le recouvrement de cet indu.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de l'avis de sommes à payer émis le 23 novembre 2022 pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 991,25 euros pour la période de février 2016 à décembre 2016.
Sur la demande de compensation :
21. Si Mme F demande la compensation entre l'indu et les créances qu'elle détiendrait au titre d'autres prestations sociales, elle n'établit pas, en tout état de cause, que ces créances seraient certaines, exigibles et liquides. Par suite, la demande de compensation ne peut qu'être rejetée.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que l'ensemble des conclusions de la requête de Mme F doit être rejeté, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de sommes à payer du 3 février 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le président,
D. C
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 mars 2024.
La greffière,
F. Roman
No 2203070
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026