jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203123 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat HUCHOT |
| Avocat requérant | MBILAMPINDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 juin 2022, le 20 juin 2022, le 4 juillet 2022 et le 12 juin 2024, M. A B, représenté par Me Mbilanpindo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 14 janvier 2022, du 4 mai et 1er juin 2022 par lesquelles la caisse d'allocation familiale de l'Hérault a notifié un indu de 3 364,18 euros au titre du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement et à être déchargé de la créance réclamée ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocation familiale de l'Hérault la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a reçu le 14 janvier 2022 un courrier de la CAF de l'Hérault lui notifiant un indu de 3 364,18 euros au titre du RSA, de la PPA et de l'APL ;
- dans un courrier du 22 janvier 2022, il a également reçu la notification d'un indu de 320,14 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année, somme ramenée à 80,03 euros par une décision du 21 juin 2022 ;
- il a saisi la commission de recours amiable de la CAF le 26 janvier 2022 pour contester la décision du 14 janvier 2022 ;
- par une décision du 4 mai 2022, le directeur de la CAF a accordé une remise de 424,75 euros sur la somme de 1 699 euros d'indu au titre de l'APL ; il a contesté ce courrier le 27 mai 2022 ; le 1er juin 2022, il a demandé la communication des échéances de déclaration trimestrielles de ses revenus et des prélèvements au titre du plan personnalisé de remboursement ;
- l'indu réclamé par la CAF n'est pas justifié dès lors qu'il était soumis au régime de micro-entreprise ; les enregistrements de la CAF ne correspondent pas à ses déclarations, celle-ci ayant confondu les BNC et les BIC, entre brut et net sur l'année 2020 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, la caisse d'allocation familiale de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu RSA a été entièrement remisé par le département de l'Hérault ;
- en ce qui concerne l'indu d'APL, M. B procédait à des erreurs de déclarations, il déclarait la totalité de son chiffre d'affaires du second trimestre sur le mois de juin 2020 et non sur les déclarations trimestrielles correspondantes ; et cela s'est reproduit ; il avait ainsi perçu à tort le RSA ; cette perte rétroactive des droits avait nécessairement un impact sur les droits APL ; l'indu est fondé ;
- sur la prime exceptionnelle, en perdant les droits RSA, il n'y avait plus droit ;
- sur le refus de remise de dette supplémentaire, d'importantes remises ont déjà été accordées.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huchot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huchot ;
- les observations de Me Moukoko, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a reçu le 14 janvier 2022 un courrier de la caisse d'allocation familiale de l'Hérault lui notifiant un trop perçu de 3 364,18 euros sur l'année 2020 au titre du revenu de solidarité active (RSA), de la prime d'activité (PPA) et de l'allocation personnalisée au logement (APL). Il a ensuite reçu le 22 janvier 2022 un autre courrier pour lui notifier un indu de 320,14 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020. M. B a saisi la caisse d'allocation familiale d'un recours amiable le 26 janvier 2022. Par une décision du 4 mai 2022, la caisse d'allocation familiale de l'Hérault a accordé une remise de 424,75 euros sur la somme de 1 699 euros au titre de l'APL. Par un courrier du 1er juin 2022, la caisse d'allocation familiale a répondu à la demande de M. B tendant à connaitre les dates de déclarations de revenus. Et par une décision du 21 juin 2022, la caisse d'allocation familiale de l'Hérault a accordé une remise de dette de 240,11 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année. Par sa requête, M. B demande l'annulation des décisions des 14 janvier, 4 mai et 1er juin 2022.
Sur l'indu de revenu de solidarité active :
2. Il est constant que M. B a obtenu une remise totale de dette par le département de l'Hérault en ce qui concerne l'indu au titre du revenu de solidarité active.
Sur l'indu au titre de l'allocation personnalisée au logement :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 351-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer / 2. Les ressources du demandeur et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer () ". Aux termes de l'article R. 351-5 du même code : " Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. ".
4. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
5. Si la caisse d'allocation familiale de l'Hérault indique pour justifier le bien-fondé de l'indu, que M. B aurait commis des erreurs de déclarations de son chiffre d'affaires en ce qui concerne le second trimestre qui a été déclaré en totalité sur le mois de juin 2020 (2 000euros) ainsi que sur les trimestres suivants sans autre précision, elle ne justifie toutefois pas l'incidence qu'aurait eu cette erreur sur les droits de M. B de nature à justifier un indu d'APL d'un montant de 1 699 euros sur l'année 2020. Au demeurant, il résulte de l'instruction que la caisse d'allocation familiale de l'Hérault a tenu compte du même montant de chiffre d'affaires que celui déclaré à l'URSSAF par M. B, à savoir de 10 216 euros pour l'année 2020, auquel elle a appliqué un abattement de 50% pour retenir une somme de 5 108 euros, soit une somme approchante du montant de 4 738 euros figurant sur les déclarations trimestrielles de la caisse d'allocation familiale faites par M. B. Par ailleurs, et contrairement à ce que retient la caisse d'allocation familiale dans sa décision du 4 mai 2022 portant remise partielle de dette qui retenait une responsabilité de l'allocataire pour une déclaration tardive de plus de six mois, il résulte de l'instruction, et en particulier de la correspondance du 1er juin 2022 qui ne constitue pas une décision susceptible de recours, que M. B a déclaré ses ressources trimestrielles à la caisse d'allocation familiale dès qu'il le pouvait, à savoir le 5 mars 2020 pour la période de décembre 2019 à février 2020, puis le 4 juin 2020 pour la période de mars à mai 2020, le 3 septembre 2020 pour la période de juin à août 2020, le 1er décembre 2020 pour la période de septembre à novembre 2020 et enfin le 3 mars 2020 pour la période de décembre 2020 à février 2021. Dans ces conditions, la caisse d'allocation familiale de l'Hérault ne justifie pas du bien-fondé de l'indu de 1 699 euros. Par suite, les décisions en litige portant sur l'indu au titre de l'APL et portant remise gracieuse partielle doivent être annulées.
Sur l'indu au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020 :
6. M. B ne demande pas l'annulation de la décision du 22 janvier 2022 notifiant un indu au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020 et de la décision du 21 juin 2022 accordant une remise partielle.
7. Il résulte de ce qui précède que les décisions attaquées des 14 janvier et 4 mai 2022 portant notification d'un indu au titre de l'APL et remise gracieuse partielle doivent être annulées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocation familiale de l'Hérault le versement d'une quelconque somme à M. B ou à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 14 janvier et 4 mai 2022 portant notification à M. B d'un indu de 1 699 euros au titre de l'APL et d'une remise gracieuse partielle sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B, à Me Mbilanpindo et à la caisse d'allocation familiale de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
N. Huchot
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 20 juin 2024
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026