jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203321 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2022, la société Colas France, représentée par la SCP TeillotetAssociés demande au tribunal :
1°) d'annuler les ordonnances n°1902223 du 31 mai 2022 par lesquelles le président du tribunal administratif de Nîmes a taxé à la somme de 5 010 euros TTC les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C par ordonnance n°1902223 du 17 octobre 2019 et à la somme de 1 440 euros TTC en ce qui concerne la mission de sapiteur confiée à M. A, géomètre-expert ;
2°) à ce que les frais d'expertise ne soit pas mis à sa charge.
Elle soutient que :
- les ordonnances ont mis à sa charge à hauteur de 40% les frais d'expertise et à hauteur de 60% à la charge de la société Lozère Ingénierie ;
- si l'expert lui attribue une part de responsabilité à hauteur de 40%, il ne justifie pas ni même n'allègue les manquements commis ; elle est fondée à être garantie intégralement par la commune des Laubies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la commune des Laubies, représentée par Me Yoyotte-Landry conclut :
- à titre principal, à ce que les frais d'expertise soit entièrement mis à la charge des consorts H ;
- à titre subsidiaire, à ce que les ordonnances du 31 mai 2022 soient confirmées.
Elle soutient que :
- elle a décidé de procéder à la réfection du réseau d'eau potable au lieu-dit Les Combes pour cause d'utilité publique ; les travaux ont été réalisés en 2017 ;
- le rapport d'expertise, sollicité par les consorts H, a été rendu le 10 mars 2022 ; les ordonnances ont mis à sa charge à hauteur de 40% les frais d'expertise et à hauteur de 60% à la charge de la société Lozère Ingénierie ;
- le terrain en litige fait partie de l'assiette de la voie communale depuis plus de trente ans ;
- les consorts H doivent supporter l'intégralité des frais d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, Mme E B, M. F H, M. G H, représentés par Me Chomiac De Sas conclut au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- les atteintes à leur propriété sont bien réelles, et la commune n'a aucun titre à faire valoir pour justifier qu'elle est propriétaire des emprises établies par l'expert ;
- la société Colas doit être considérée comme l'auteur de travaux réalisés sans autorisation sur la propriété d'autrui.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2023, la société Lozère Ingénierie conclut :
- à ce que les ordonnances du 31 mai 2022 soient annulées ;
- à ce que les frais d'expertise ne soient pas mis à sa charge, mais aux consorts H.
Elle soutient que :
- les travaux d'élargissement de la voie ont été réalisés en 1980 ;
- l'expert relève que la commune a bien eu possession utile et prolongée depuis plus de quarante ans de l'assiette de la voie publique en litige ;
- aucun manquement ne saurait lui être reproché ;
- elle est fondée à être intégralement garantie par la commune des Laubies.
Vu les ordonnances attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 17 octobre 2016, la commune de Laubies a confié à la société Colas France la réalisation des travaux de modernisation du réseau d'eau potable situé au Combes pour un montant de 45 606,32 euros TTC. La maitrise d'œuvre était assurée par la société Lozère Ingénierie. Les consorts H, s'estimant victimes de dommages de travaux publics, ont, en dernier lieu, saisi le tribunal administratif de Nîmes afin que soit ordonnée une expertise, qui a été accordée par une ordonnance n°1902223 du 17 octobre 2019. Cette expertise a été confiée à M. C et M. A a été désigné en qualité de sapiteur afin de procéder à des missions de géomètre-expert. Le rapport d'expertise a été déposé le 15 mars 2022. Par deux ordonnances du 31 mai 2022, le président du tribunal administratif de Nîmes a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C à la somme de 5 010 euros TTC et à 1 440 euros TTC en ce qui concerne les missions du sapiteur. Ces deux ordonnances ont mis ces frais à la charge de la société Colas à hauteur de 40% et à hauteur de 60% à la charge de la société Lozère Ingénierie.
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs () ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / () / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert ". Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. (). Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 ". L'article R. 761-1 de ce code énonce que : " Les dépens comprennent () les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Aux termes de l'article R. 761-4 dudit code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué () ". Enfin, selon l'article R. 761-5 du code de justice administrative : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance () ".
3. D'une part, il appartient au juge de vérifier, au regard de ces dispositions, la nature des travaux effectivement réalisés par l'expert et de s'assurer que les honoraires qui ont pour objet de les rémunérer ainsi que le remboursement des frais et débours auxquels ils donnent droit sont fixés en fonction de leur difficulté, de leur importance et de leur utilité.
4. D'autre part, l'ordonnance par laquelle le président d'un tribunal administratif liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il résulte également des dispositions précitées de l'article R. 621-11 du code de justice administrative qu'il n'appartient pas au juge, dans le cadre d'un tel recours, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise. Toutefois, il lui incombe dans l'appréciation portée sur l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert, de prendre en considération, le cas échéant, les décisions juridictionnelles rendues sur une action en récusation de l'expert ou statuant au fond sur le litige ayant donné lieu à l'expertise.
5. A l'appui de sa requête, la société Colas France, ainsi que la société Lozère Ingénierie dans son mémoire en défense, qui se bornent à soutenir que leur responsabilité respective ne saurait être retenue, développent des moyens relatifs à la solution du litige au fond, quant à la charge finale et l'existence même des préjudices des consorts H. Ce faisant, la société Colas, ainsi que la société Lozère Ingénierie, qui ne contestent pas utilement l'intérêt de cette expertise pour les parties au litige ou son montant, ne sont dès lors pas fondées à demander la réformation des ordonnances de taxation attaquées et les conclusions d'appel en garantie de la société Colas France et de la Lozère Ingénierie ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Colas France est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société Colas France, à la commune des Laubies, à M. F H, à Mme E H, à M. G H et à la société Lozère Ingénierie.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
N. D
Le président,
E. Souteyrand La greffière,
M.-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 29 juin 2023,
La greffière,
M.-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026