mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203363 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ATTALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 29 juin, 14 août et 16 septembre 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Dôme, représenté par Me Attali, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de constater les désordres affectant la résidence Le Dôme à Sète (Hérault), d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Il soutient que :
- il subit d'importants désordres en provenance du réseau public d'eaux usés ;
- la mesure d'expertise sollicitée au contradictoire de la collectivité délégante et des délégataires du service public présente une utilité manifeste.
Par un mémoire enregistré le 5 août 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Thau Maritima et la société Suez Eau France, représentées par Me Penso, demandent que l'intervention volontaire de la société Suez Eau France soit accueillie aux lieu et place de la société Thau Maritima, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage quant à la reconnaissance de leur responsabilité, et demandent que la société CAMV soit appelée en la cause et que la mission confiée à l'expert soit complétée.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2022, la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée, représentée par la société civile professionnelle d'avocats SVA, conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme étant présentée devant un ordre de juridiction incompétent, à titre subsidiaire, à sa mise hors de cause dès lors que, le service public ayant été délégué, seule la responsabilité du délégataire est susceptible d'être engagée pour les dommages résultant du fonctionnement de l'ouvrage.
Par un mémoire enregistré le 7 septembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) CAMV, représentée par Me Lasne, déclare ne pas s'opposer à la mesure sollicitée et demande que celle-ci soit étendue au contradictoire de la société civile immobilière (SCI) L'Île Bleue, propriétaire du local qu'elle loue au sein de la résidence Le Dôme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés par une décision du 1er septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur ce fondement doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
Sur le vice d'incompétence opposé par la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée :
2. Avant tout procès et avant même que puisse être déterminée, eu égard aux parties éventuellement appelées en la cause principale, la compétence sur le fond du litige, et dès lors que ce dernier est de nature à relever, fût-ce pour partie, de l'ordre de juridiction auquel il appartient, le juge des référés a compétence pour ordonner une mesure d'instruction sans que soit en cause le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires. Il n'en va autrement que lorsqu'il est demandé au juge des référés d'ordonner une mesure d'instruction qui porte à titre exclusif sur un litige dont la connaissance au fond n'appartient manifestement pas à l'ordre de juridiction dont il relève.
3. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services publics à caractère industriel et commercial. ". Eu égard aux rapports de droit privé nés du contrat qui lie le gestionnaire d'un service public industriel et commercial de l'assainissement à ses usagers, les litiges relatifs aux rapports entre ce gestionnaire et ses usagers relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire.
4. Le réseau et les stations d'épuration affectés aux besoins du service public d'assainissement collectif des eaux usées de la commune de Sète sont constitutifs d'un ouvrage public. Il résulte de l'instruction que les caves de l'immeuble de la résidence Le Dôme présentent un problème récurrent d'inondation par des eaux usées en provenance du réseau d'assainissement collectif auquel il est raccordé. Le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Dôme demande en conséquence au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert aux fins qu'il se prononce sur l'étendue et l'origine des désordres et détermine les travaux de nature à y mettre fin. Le litige éventuel auquel est susceptible de se rattacher la mesure sollicitée, résultant d'une obstruction due à un fort taux d'encrassement des canalisations jusqu'au piquage sur le réseau principal et d'une mauvaise évacuation des effluents au niveau du réseau public, n'a ainsi pas pour objet la fourniture à l'usager d'une prestation relative au service de l'assainissement, mais porte sur les dommages susceptibles d'être imputables à un ouvrage public et sur la réalisation éventuelle de travaux publics visant à rétablir le fonctionnement normal de cet ouvrage. Dans ces conditions, le vice d'incompétence de la juridiction administrative pour se prononcer sur la responsabilité du gestionnaire du service public industriel et commercial à l'égard de son usager ne fait pas obstacle à ce que l'expertise sollicitée soit ordonnée, dès lors que le litige auquel la mesure est susceptible de se rattacher est de nature à relever pour partie de la compétence de cette juridiction.
Sur l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée :
5. Il résulte de ce qui a été exposé au point 4 que la demande d'expertise présentée par le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Dôme, aux fins de déterminer l'origine et l'étendue des dommages qu'il subit en raison du fonctionnement défectueux de l'ouvrage public, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les demandes d'intervention volontaire de la société Suez Eau France et de mise hors de cause de la SAS Thau Maritima :
6. Si la société Suez Eau France demande que soit admise son intervention volontaire, elle fait cependant valoir qu'elle intervient en lieu et place de la SAS Thau Maritima. Elle doit être dès lors regardée non comme une intervenante volontaire à l'instance mais comme venant aux droits de cette société. Etant ainsi partie à l'instance, il n'y a pas lieu de se prononcer sur son intervention. Il y a en revanche lieu, pour les mêmes motifs, de mettre hors de cause la SAS Thau Maritima, dès lors que la société Suez Eau France vient aux droits de cette société.
Sur la demande de la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée tendant à être mise hors de cause :
7. La communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée demande à être mise hors de cause en faisant valoir que la gestion du service public d'assainissement des eaux usées ayant été déléguée, seule la responsabilité du délégataire est susceptible d'être engagée pour les dommages résultant du fonctionnement de l'ouvrage. Toutefois, la mesure d'expertise est une mesure d'instruction qui ne saurait préjuger du règlement au fond du litige, les droits des parties étant réservés. Dès lors qu'il n'est pas établi, en l'état de l'instruction, que les responsabilités de la communauté d'agglomération seraient insusceptibles d'être engagées, sa demande tendant à être mise hors de cause ne peut qu'être rejetée.
Sur l'appel en cause de la société CAMV et de la société civile immobilière L'Île Bleue :
8. Le juge des référés peut être saisi de conclusions tendant à ce que l'expertise qu'il lui est demandé de prescrire soit réalisée au contradictoire de toute partie dont la participation est susceptible d'être utile à la solution du litige. Il résulte des pièces versées à l'instance que les désordres allégués par la requérante sont susceptibles de trouver une partie de leur origine dans un défaut d'étanchéité des canalisations d'eaux usées du réseau privatif utilisé par la société CAMV, dont le local appartient à la SCI L'Île Bleue. Leur participation aux opérations d'expertise présente donc un caractère utile. Il y a dès lors lieu de faire droit aux demandes tendant à rendre la mesure d'expertise commune et opposable à la société CAMV et à la SCI L'Île Bleue.
ORDONNE :
Article 1er : M. B A, domicilié 249 avenue Saint-Maurice Alpha 21 à Palavas les Flots (34250) est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission ;
* se rendre sur les lieux, résidence Le Dôme, 19 quai du Pavois d'Or à Sète (34200) ;
* décrire les désordres et malfaçons affectant le réseau d'assainissement des eaux usées de la copéropriété, préciser leur nature, leur date d'apparition et leur importance, et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination ;
* donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus value pour l'immeuble en cause ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût ;
* préconiser, le cas échéant, les mesures d'urgence provisoires à mettre en œuvre afin d'éviter, pendant les opérations d'expertise, une aggravation des désordres ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du syndicat des copropriétaires de la résidence Le Dôme, de la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée, de la société Suez Eau France, de la SARL CAMV et de la SCI L'Île Bleue.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de la résidence Le Dôme, à la communauté d'agglomération Sète Agglopôle Méditerranée, à la société Suez Eau France, à la SARL CAMV à la SCI L'Île Bleue, à la SAS Thau Maritima et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 25 octobre 2022.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 octobre 2022,
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026