lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203486 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, la société civile immobilière (SCI) YVMI, représentée par Me Seree de Roch, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 20 385 euros réclamée par la mise en demeure du 30 juin 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur les conclusions tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
- en ce qui concerne la prescription : il y a atteinte au principe de la sécurité juridique, abus de droit implicite et détournement de procédure, en ce que l'administration a engagé la procédure de contrôle postérieurement à l'acquisition de la prescription le 30 décembre 2020 ;
- en ce qui concerne la régularité de la procédure : il y a méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 A II du livre des procédures fiscales, en ce que qu'un agent a assisté le vérificateur dans la mise en œuvre des traitements informatiques sans que son nom et son adresse administrative soit communiqués lors du contrôle ;
- le procès-verbal de carence pour absence de présentation de la comptabilité sous forme dématérialisée est irrégulier, en ce qu'il a été établi le 16 mars 2021, soit à une date à laquelle le droit de reprise de l'administration était prescrit ;
- le recours à la procédure de taxation d'office est irrégulier ;
- la proposition de rectification du 1er juin 2021 est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; cette méconnaissance constitue un vice substantiel de nature à conduire à la décharge de tout imposition en application des dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales, de la doctrine BOI-CF-JOR-10-40 n° 40 et 190 du
12 septembre 2012 et Mémo pratique Lefebvre fiscal 2015 n° 78.775 ; cette méconnaissance constitue également une violation des droits de la défense en application des mêmes dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales ;
- l'administration a refusé de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires pourtant compétente sans motiver le refus et alors qu'elle avait proposé la saisine de la commission dans la réponse aux observations du contribuable, ce qui constitue un vice substantiel ;
- en ce qui concerne les intérêts et pénalités : l'administration a irrégulièrement cumulé les majorations des articles 1727, 1728, 1729 et 1732 du code général des impôts ; les intérêts de retard constituent une sanction illégale compte tenu de ce que les taux appliqués sont supérieurs au taux du marché monétaire et financier ; le manquement délibéré est insuffisamment motivé.
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :
- la procédure de recouvrement mise en œuvre par une mise en demeure de payer adressée le
30 juin 2022 est irrégulière pour avoir été diligentée malgré la constitution de garantie opérée dans le cadre de la contestation de l'assiette de l'imposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SCI YVMI ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Dabouis, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI YVMI, créée en 2007, ayant son siège à Thuir (66300) est assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée et imposable aux revenus fonciers et a pour activité l'acquisition, la transformation, l'administration et la location de tous biens et droits immobiliers. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité en matière de taxe sur la valeur ajoutée des opérations réalisées sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2020. A l'issue du contrôle, les rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 ont été taxés d'office et une proposition de rectification datée du 1er juin 2021 lui a été adressée. Les droits et pénalités ont été mis en recouvrement le 11 octobre 2021. La réclamation contentieuse de la SCI du 12 novembre 2021 a été rejetée par décision du 20 juin 2022. Par la présente requête, la SCI YVMI demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée par la mise en demeure du 30 juin 2022.
Sur les conclusions tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
En ce qui concerne la prescription :
2. Aux termes de l'article L. 176 du livre des procédures fiscales : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts. ()". L'article L. 189 du même livre dispose que : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification (). ". L'article 10 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période dispose que : " I.- Sont suspendus à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020 inclus et ne courent qu'à compter de cette dernière date, s'agissant de ceux qui auraient commencé à courir pendant la période précitée, les délais : / 1° Accordés à l'administration pour réparer les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition et appliquer les intérêts de retard et les sanctions en application des articles L. 168 à L. 189 du livre des procédures fiscales ou de l'article 354 du code des douanes lorsque la prescription est acquise au 31 décembre 2020 ; () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions, que le délai de reprise de l'administration fiscale en matière de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du
1er janvier 2017 au 31 décembre 2017 a été, du fait de l'ordonnance précitée, suspendu entre le 12 mars 2020 et le 23 août 2020 inclus reportant ainsi la date d'expiration du délai de reprise du 30 décembre 2020 au 14 juin 2021 à minuit, quelle que soit la date d'engagement du contrôle.
4. Il résulte de l'instruction, qu'en application des dispositions précitées, l'administration fiscale pouvait ainsi légalement engager la procédure de contrôle par l'avis de vérification de comptabilité du 16 mars 2021 et la proposition de rectification a dès lors, à la date à laquelle elle a été adressée, soit le 1er juin 2021, eu pour effet d'interrompre la prescription. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure était prescrite au 30 décembre 2020 doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
S'agissant de l'application de la loi :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui est jugé au point 4, qu'en l'absence d'engagement par l'administration de la procédure de contrôle postérieurement à l'acquisition de la prescription, les moyens tirés de l'atteinte au principe de la sécurité juridique, de l'abus de droit implicite et du détournement de procédure doivent être écartés. Il en sera de même du moyen tiré de la méconnaissance des règles de prescription du droit de reprise, en ce que l'administration a établi à la date du 16 mars 2021, soit postérieurement au 30 décembre 2020, le procès-verbal de carence constatant l'absence de satisfaction de la société à son obligation de présentation de sa comptabilité.
6. En second lieu, aux termes du II de l'article L. 47 A dans sa rédaction alors applicable du livre des procédures fiscales : " En présence d'une comptabilité tenue au moyen de systèmes informatisés et lorsqu'ils envisagent des traitements informatiques, les agents de l'administration fiscale indiquent par écrit au contribuable la nature des investigations souhaitées. Le contribuable formalise par écrit son choix parmi l'une des options suivantes : a) Les agents de l'administration peuvent effectuer la vérification sur le matériel utilisé par le contribuable ; b) Celui-ci peut effectuer lui-même tout ou partie des traitements informatiques nécessaires à la vérification () c) Le contribuable peut également demander que le contrôle ne soit pas effectué sur le matériel de l'entreprise. Il met alors à la disposition de l'administration, dans les quinze jours suivant la formalisation par écrit de son choix, les copies des documents, données et traitements soumis à contrôle. Les copies sont produites sur tous supports informatiques, répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget. L'administration communique au contribuable, sous forme dématérialisée ou non au choix du contribuable, le résultat des traitements informatiques qui donnent lieu à des rehaussements au plus tard lors de l'envoi de la proposition de rectification mentionnée à l'article L. 57. Le contribuable est informé des noms et adresses administratives des agents par qui ou sous le contrôle desquels les opérations sont réalisées. L'administration détruit, avant la mise en recouvrement, les copies des fichiers transmis. ".
7. Il résulte de l'instruction que, par avis de vérification de comptabilité du 16 mars 2021, la présentation de la comptabilité de la SCI YVMI, le cas échéant sous forme dématérialisée, a été demandée à la société sur le fondement des dispositions de l'article 47 A I du livre des procédures fiscales. Celle-ci n'ayant donné aucune suite à la demande sous quelque forme que ce soit, en l'absence de comptabilité présentée, aucun traitement informatique n'a pu être envisagé et mis en œuvre. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'administration n'a pas satisfait à l'obligation d'informer le contribuable des noms et adresses administratives des agents par qui ou sous le contrôle desquels les opérations ont été réalisées en application des dispositions de l'article
L. 47 A I du livre des procédures fiscales est inopérant et doit par suite être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3°) aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes. ".
9. Si la SCI YVMI soutient que le recours par l'administration à la taxation d'office est irrégulier, elle n'assortit ce moyen d'aucun argument de nature à en apprécier la portée. Au demeurant, elle ne conteste pas le dépôt tardif de ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée 2017 qui a justifié l'application des dispositions du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales précité. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du recours à la procédure de taxation d'office doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 56 du Livre des procédures fiscales : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable () 4° Dans les cas de taxation ou évaluation d'office des bases d'imposition ;() ". Aux termes de l'article L. 76 du livre précité : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. Cette notification est interruptive de prescription. Lorsque le contribuable est taxé d'office en application de l'article L. 69, à l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut être saisie dans les conditions prévues à l'article
L. 59() ".
11. L'administration peut légalement refuser de saisir la commission départementale des impôts lorsque le litige n'entre pas dans la compétence de cette commission, même si elle a précédemment indiqué, par erreur, dans la réponse aux observations du contribuable, que le différend pourrait être soumis à son avis.
12. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en litige fait suite à une procédure de vérification portant à la fois sur le revenus fonciers et la taxe sur la valeur ajoutée selon respectivement la procédure contradictoire et la procédure de taxation d'office fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales et qu'elle a donné lieu pour la SCI YVMI à la seule rectification de la taxe sur la valeur ajoutée, aucun rehaussement n'ayant été proposé en matière de revenus fonciers. Dans ces conditions, la procédure de taxation d'office prévue aux dispositions du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales ayant été, comme jugé au point 9, régulièrement mise en œuvre à l'endroit de la SCI YVMI, le moyen tiré de la privation de la garantie propre à la procédure contradictoire tenant à la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires est inopérant et doit être comme tel écarté nonobstant la mention indiquant que son avis pouvait être sollicité.
13. En sixième et dernier lieu, la proposition de rectification du 1er juin 2021 détaille de façon claire et précise la procédure de taxation d'office appliquée sur le fondement de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales et les raisons de cette application, le déroulement de la vérification, l'ensemble des règles de droit appliquées concernant la procédure, la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période de l'année 2017, les constatations faites, en particulier l'absence de production de la comptabilité et de pièce justificative des recettes et ses conséquences en termes d'évaluation et de montant de l'impôt réclamé, le service ayant reconstitué le chiffre d'affaires sur la base des seuls éléments en sa possession, à savoir les relevés du compte bancaire de la société. Le contribuable a pu formuler des observations le
28 juin 2021 auxquelles il a été répondu le 20 juillet 2021. Il s'ensuit que la proposition de rectification répond aux exigences des dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales applicables en cas de taxation d'office. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification justifiant l'application des dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales doit être écarté.
S'agissant de l'interprétation de la loi :
14. Si la SCI YVMI invoque le bénéfice de la doctrine administrative contenue dans la documentation administrative sous la référence doctrine BOI-CF-JOR-10-40 n° 40 et 190 du
12 septembre 2012, cette dernière, en tant qu'elle est relative à la procédure d'imposition, n'est pas au nombre des interprétations de la loi fiscale dont les contribuables puissent utilement se prévaloir en application des dispositions de l'article L. 80 A dudit livre.
15. Il résulte de ce qui précède que la SCI YVMI n'est pas fondée à soutenir que la procédure est irrégulière.
En ce qui concerne les intérêts et majorations :
16. En premier lieu, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. () III Le taux de l'intérêt de retard est de 0,20 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé. ".
17. Il résulte de l'instruction que le service a appliqué à la SCI YVMI un taux de 2,40 par an, correspondant au taux prévu par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que le taux appliqué est supérieur au taux du marché monétaire ou financier est inopérant et doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que pour appliquer à la SCI un taux de
40 % à l'ensemble des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour manquement délibéré sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, le service a fait application des articles 1728 et 1729 du même code, à l'exception de l'article 1732, en faisant état des circonstances de droit et de fait ; la proposition de rectification vise en effet ces dispositions dont elle en donne le sens et indique qu'elle retient au titre de l'exercice clos en 2017, que la SCI n'a pas satisfait à ses obligations quant à la présentation de sa comptabilité, des pièces justificatives de ses recettes et de ses charges, n'a pas souscrit ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée dans les délais légaux et n'a déclaré aucun chiffre d'affaire taxable à la taxe sur la valeur ajoutée alors qu'il ressortait clairement de ses relevés bancaires qu'elle avait encaissé des recettes taxables. Par suite, le moyen tiré de ce que la pénalité de 40 % pour manquement délibéré est insuffisamment motivée doit être écartée.
19. En troisième lieu, aux termes de l'article 1729 a. du code général des impôts : " les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré ". En application des dispositions de l'article 1728-1 du même code, le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai. Il résulte des dispositions de l'article 1729 A-2 du code général des impôts que lorsque des rehaussements sont opérés sur une déclaration tardive, la majoration prévue à l'article 1728 s'applique, à l'exclusion des majorations prévues par l'article 1729, tant aux droits résultant de la déclaration tardive qu'aux droits résultant des rehaussements apportés à la déclaration. Toutefois, les majorations prévues par l'article 1729 se substituent à la majoration pour retard sur la fraction des droits résultant des rehaussements lorsque leur taux est supérieur.
20. Il résulte de l'instruction que pour appliquer à la SCI un taux de 40 % à l'ensemble des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour manquement délibéré sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, le service a fait une application combinée des articles 1728 et 1729, à l'exception de l'article 1732. Compte tenu de ce que dans les conditions particulières exposées, aucun partage ne pouvait être fait entre droits déclarés tardivement et les droits éludés, le moyen tiré d'un cumul de majoration doit être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions tendant à la décharge des intérêts et pénalités doivent être rejetées.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de
20 385 euros :
23. Aux termes de l'article R. 281-1 du livre des procédures fiscales : " les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 () font l'objet d'une demande qui doit être adressée (). ".
24. Il résulte de ces dispositions, que les conclusions de la SCI YVMI tendant à la décharge de l'obligation de payer résultant de la mise en demeure de payer du 30 juin 2022, ne pouvaient pas, à peine d'irrecevabilité, être portées devant le tribunal avant d'avoir été préalablement présentées devant l'administration. Il n'est pas contesté qu'aucune réclamation préalable n'a été transmise à l'administration en ce sens. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
25. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 20 385 euros doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI YVMI est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière YVMI et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater première conseillère,
Mme Villemejeanne, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
J.P. GayrardLa greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 octobre 2024.
La greffière,
A. Lacaze
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