mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203632 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | magistrat DOUMERGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022, Mme B A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme de 15 000 euros en réparation des préjudices découlant du retard mis à renouveler son permis de conduire.
Elle soutient que sa demande de renouvellement de son permis de conduire est en cours d'instruction depuis cinq mois, que le service dédié ne prend pas ses appels et qu'en raison de ces dysfonctionnements, elle a droit au versement d'une somme de 15 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Par un mémoire enregistré le 6 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre le ministre de l'intérieur et des outre-mer ;
- la requête est irrecevable en l'absence de réclamation préalable et de présentation par un avocat ;
- il n'y a ni faute, ni lien de causalité, ni préjudices.
Par un mémoire enregistré le 27 octobre 2022, l'Agence nationale des titres sécurisés conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête qui n'est pas motivée est irrecevable ;
- elle est incompétente en matière de demande de renouvellement des permis de conduire ;
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête dès lors que la requérante a obtenu le renouvellement de son titre le 23 juillet 2022 ;
- la requête est irrecevable en l'absence de présentation par un avocat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, Mme Doumergue, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Doumergue a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat () ". Aux termes de l'article R. 431-3 de ce même code : " Toutefois, les dispositions du premier alinéa de l'article R. 431-2 ne sont pas applicables : 1° Aux litiges en matière de contravention de grande voirie ; 2° Aux litiges en matière de contributions directes, de taxes sur le chiffre d'affaires et de taxes assimilées ; 3° Aux litiges d'ordre individuel concernant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques ainsi que les agents ou employés de la Banque de France ; 4° Aux litiges en matière de pensions, de prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, d'emplois réservés et d'indemnisation des rapatriés ; 5° Aux litiges dans lesquels le défendeur est une collectivité territoriale, un établissement public en relevant ou un établissement public de santé ; 6° Aux demandes d'exécution d'un jugement définitif ".
2. La requête de Mme A tend à la condamnation de l'Etat au paiement d'une somme d'argent. Les dispositions des articles R. 431-2 et R. 431-3 du code précité ne dispensent pas une telle requête du ministère d'un avocat. Dès lors, la requête de Mme A présentée sans le ministère d'un avocat, en dépit des fins de non-recevoir opposées dans chacun des mémoires en défense communiqués à la requérante, est irrecevable.
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
4. En l'absence, à la date du présent jugement, de toute réclamation préalable indemnitaire formée par Mme A ainsi que, par voie de conséquence, à l'absence de toute décision expresse ou implicite de l'administration rejetant cette demande, la seconde fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer doit également être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à la condamnation de l'Etat au versement d'une somme de 15 000 euros étant irrecevables à plusieurs titres, elles doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1erer : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à l'Agence nationale des titres sécurisés et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
La magistrate désignée,
C. DoumergueLa greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 juillet 2023,
La greffière,
A. Lacaze
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