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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2203790

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203790

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203790
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, Mme C A demande au tribunal que lui soit accordée une remise de sa dette correspondant à un indu d'un montant total de 25 951,45 euros, dont 3 882,39 euros au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2021 à décembre 2021, 14 356,48 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de juin 2019 à juin 2021, 7 183,91 euros au titre de la prime d'activité pour la période de juin 2019 à mars 2022, 300 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité au titre des mois de mai et de novembre 2020 et 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 ainsi qu'à un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 d'un montant de 228,67 euros.

Elle soutient que :

- elle reconnait devoir les sommes litigieuses ;

- elle se trouve dans une situation financière précaire ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions de la requête dirigées contre les indus d'aide personnalisée au logement, de prime d'activité et de revenu de solidarité active sont irrecevables faute d'avoir été précédées de l'exercice d'un recours administratif préalable obligatoire ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active, à l'aide personnalisée au logement et à la prime d'activité dans le département des Pyrénées-Orientales. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'elle n'avait pas déclaré la totalité de ses revenus, l'intéressée s'est vue notifier, par décision du 17 juin 2022, un indu d'un montant total de 25 951,45 euros, dont 3 882,39 euros au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2021 à décembre 2021, 14 356,48 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de juin 2019 à juin 2021, 7 183,91 euros au titre de la prime d'activité pour la période de juin 2019 à mars 2022, 300 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité au titre des mois de mai et de novembre 2020 et 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2019. Par décision du 18 juin 2022, Mme A s'est également vue notifier un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 d'un montant de 228,67 euros. Par la présente requête, Mme A demande que lui soit accordée une remise de sa dette correspondant à ces indus.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

3. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

5. Il résulte enfin des termes de l'article 6 du décret n° 2019-1313 du 10 décembre 2019 et du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020, ainsi que de l'article 4 du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020, que tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application de ces décrets est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

7. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

8. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de Mme A font suite à l'absence de déclaration par cette dernière de l'intégralité de ses ressources. Si l'intéressée soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire, elle n'apporte au soutien de sa demande de remise de dette aucun justificatif relatif à ses charges et à ses ressources actuelles, notamment pour établir qu'elle n'aurait plus la disposition des ressources retenues pour la détermination des indus. Dans ces conditions, la requérante, en la supposant même de bonne foi, ne peut être regardée comme se trouvant en situation de bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et au préfet des Pyrénées-Orientales

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.

Le président,

D. B

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 avril 2024.

La greffière,

F. Roman

No 2203790

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