vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203803 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 20 juillet 2022 et 27 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Betrom, demande au tribunal de condamner l'Etat, direction départementale des finances publiques de l'Hérault, et l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau le Lez à lui verser des dommages-intérêts de 15 000 euros et une somme de 2 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- enseignant contractuel, il a bénéficié d'un logement au collège François Mitterrand de Clapiers, avec convention d'occupation précaire pour la période allant du 1er juillet 20020 au 30 juin 2021 et loyer mensuel de 785 euros, et n'a pu payer la totalité des loyers ;
- le juge administratif est compétent car il invoque des fautes commises par l'administration ;
- la mise en œuvre de la saisie à tiers détenteur est entachée de vice de procédure au regard de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales, il n'a pas eu de lettre ou de mise en demeure préalable, et la saisie ne lui a pas été notifiée ;
- il n'a eu le 27 octobre 2021 que 108,25 euros, inférieur à la quotité saisissable de
l'article R. 3252-2 du code du travail, alors qu'il a sa fille à charge, et la saisie a concerné
2 215 euros en octobre, 1 168 euros en novembre et 652 euros en décembre 2021, soit
4 035 euros ;
- il y a erreur de liquidation, la créance n'est pas certaine ;
- sur les préjudices il s'est retrouvé 3 mois sans salaire, bien que l'administration ait su qu'il avait sa fille en assistance éducative à charge, n'a pu honorer ses factures, et les dettes, loyer, énergie, mutuelles, se sont accrues ;
- il demande 7 500 euros pour les troubles dans les conditions d'existence et la même somme pour le préjudice moral.
Par mémoire, enregistré le 9 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet du recours.
Il soutient qu'il n'est pas responsable des préjudices subis par le requérant, et que le moyen tiré de l'insaisissabilité des sommes, seul moyen sur lequel il est compétent pour défendre, doit être écarté.
Par mémoire, enregistré le 11 juillet 2023, l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau le lez, conclut au rejet du recours.
Il soutient que :
- le juge administratif est incompétent ;
- les moyens invoqués sont infondés, il n'a commis aucune faute pour recouvrer la saisie administrative à tiers détenteur.
Par mémoire, enregistré le 12 novembre 2024, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête dirigée contre le titre exécutoire comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre, comme tardive, et comme infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Betrom, pour le requérant, et de M. C, pour la rectrice de l'académie de Montpellier.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exposé du litige :
1. M. B, enseignant contractuel, a bénéficié d'un logement au collège François Mitterrand de Clapiers, avec convention d'occupation précaire que lui a consentie
le 2 novembre 2020 le département de l'Hérault, pour la période allant du 1er juillet 2020
au 30 juin 2021. N'ayant pu régler ses loyers, il a fait l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur, puis de saisies sur ses salaires d'octobre à décembre 2021 pour un montant global de 4 035 euros. Arguant de l'illégalité de ces saisies, il demande au tribunal de condamner l'Etat et l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau Le lez à lui verser une somme de 15 000 euros réparant son préjudice moral et ses troubles dans ses conditions d'existence.
Sur la compétence du juge administratif :
2. La requête ne vise pas à titre principal à l'annulation de saisies à tiers détenteur, mais tend à engager la responsabilité pour faute de l'Etat. Par suite, les conclusions dirigées contre l'État ne sont pas tardives, et relèvent du juge administratif. Il n'en est pas de même des conclusions dirigées contre l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau Le Lez, qui mettent en jeu sa responsabilité personnelle, et qui doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
3. En vertu de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuitesLes contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution ".
4. Si le requérant fait valoir que la saisie administrative à tiers détenteur est irrégulière, faute de lui avoir été notifiée et faute d'envoi de lettre ou mise en demeure préalable, ces moyens, portant sur la régularité formelle de l'acte, relèvent du juge de l'exécution, le juge judiciaire.
Sur la responsabilité de l'État :
5. Si M. B fait valoir que la créance n'est pas certaine, il résulte de l'instruction et des pièces produites en défense que la somme de 4035 euros qui lui est réclamée correspond à ses impayés de loyer. Dès lors, ce moyen sera écarté.
6. En vertu de l'article R. 3252-2 du code du travail, dans sa rédaction alors applicable " La proportion dans laquelle les sommes dues à titre de rémunération sont saisissables ou cessibles, en application de l'article L.3252-2, est fixée comme suit :1° Le vingtième, sur la tranche inférieure ou égale à 3 870 euros ".
7. Il ressort de l'examen des bulletins de paie de l'intéressé produits que 2 215 euros ont été prélevés par son administration sur son salaire d'octobre 2021, pour un reste de 108,35euros, que 1 168 euros ont été prélevés en novembre 2021, pour un reste de 1 600,33 euros, et
que 652 euros ont été prélevés en décembre 2021, pour un reste de 1 549,86 euros. En effectuant ces prélèvements, qui dépassaient la quotité saisissable, l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité à l'égard du requérant.
Sur le préjudice :
8. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par M. B, qui avait à charge sa fille ainée au titre de cette période, a connu des retards de paiement de loyer de factures énergie et MGEN, et a obtenu de cette mutuelle et du département les 15 octobre et 26 novembre 2021 des aides de 1000 et 300 euros, en le fixant à 3 000 euros, et en condamnant l'État à lui payer cette somme.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, à verser au requérant, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau Le Lez, qui n'est pas partie perdante à l'instance, une somme.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat, directeur départemental des finances publiques de l'Hérault, versera à
M. B une indemnité de 3 000 euros, et une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'agent comptable du lycée Georges Pompidou de Castelnau Le Lez, à la ministre de l'éducation nationale, et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Copie en sera transmise au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024
La greffière,
B. Flaesch sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026