jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203955 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 juillet 2022, le 3 octobre 2022, le 10 novembre 2022, et le 30 mars 2024, M. B C conteste le montant des retenues opérées par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour récupérer des indus d'aide au logement d'un montant de 456 euros au titre des mois d'octobre et novembre 2021 et d'un montant de 228 euros pour la même période, de prime d'activité d'un montant total de 197,79 euros et d'aide exceptionnelle de fin d'année 2021 d'un montant de 228,67 euros.
Il soutient que :
- il avait droit aux aides au logement ;
- l'administration a commis des erreurs et les retenues sur prestations sont incohérentes ;
- la caisse d'allocations familiales n'avait pas le droit de prélever les sommes du fait de l'introduction de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les indus d'allocation de logement sociale et de prime exceptionnelle de fin d'année sont justifiés et ont fait l'objet de retenues sur prestations, et que les sommes en litige sont à ce jour totalement remboursées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, pour contester la récupération de sommes versées par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault au titre des aides au logement, M. C soutient qu'il avait droit à ces prestations. Cependant, il n'expose aucun moyen de fait ou de droit justifiant sa prétention. En conséquence, il ne peut être regardé comme contestant utilement avoir perçu indument des aides au logement.
2. En deuxième lieu, M. C soutient que les sommes retenues en 2021 et 2022, s'élevant à plus de 1 100 euros, excéderaient le montant des indus. Toutefois, il résulte de l'instruction que les indus en litige concernent des aides au logement pour des montants de 456 euros et 228 euros, la prime d'activité pour un montant total de 197,79 euros et l'aide exceptionnelle de fin d'année pour un montant de 228,67 euros, soit au total une somme de 1 110,46 euros. En conséquence, il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que soutient M. C, que les prélèvements auraient excédé le montant des indus, pour lesquels la caisse d'allocations familiales fait d'ailleurs valoir qu'ils sont entièrement soldés.
3. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagent par le organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire " et aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaires, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement et des primes de déménagement () ". Selon l'article R 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée ". Il ne résulte pas de ces dispositions, à la différence du revenu de solidarité active ou de la prime d'activité, que les recours formés contre les aides au logement ont un caractère suspensif. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la caisse d'allocations familiales ne pouvait récupérer les indus d'aides au logement en raison des recours qu'il a présentés pour les contester.
4. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif. / () ". Il résulte de cette disposition que l'exercice d'un recours administratif, de même d'ailleurs qu'une demande de remise gracieuse, fait par lui-même obstacle, aussi longtemps que ce recours est pendant devant l'administration ou devant les juges du fond, d'une part, à la possibilité pour l'organisme chargé du service de la prime d'activité d'opérer une compensation avec les sommes dues à l'allocataire et, d'autre part, à l'émission, par la caisse d'allocations familiales, d'un titre exécutoire.
5. Toutefois, la méconnaissance du caractère suspensif attaché au recours contentieux formé par M. C, si elle est susceptible de constituer une faute de la caisse d'allocations familiales susceptible d'engager sa responsabilité et sa condamnation à réparer les préjudices en résultant, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu de prime d'activité. Le bien-fondé de l'indu de prime d'activité n'étant pas contester par M. C, celui-ci n'est dès lors pas fondé à demander la restitution des prélèvements qui auraient été effectués à tort.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le président,
D. A
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 avril 2024.
La greffière,
F. Roman
No 2203955
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