vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203962 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président RABATE |
| Avocat requérant | ARNAUD-BUCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoires, enregistrés les 22 juillet 2022 et 16 et 20 novembre 2023, Mme B E représentée par elle-même puis par Me Arnaud-Buchard, demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mai 2022 du ministre de la justice refusant de réviser le montant de sa pension civile d' invalidité et son titre de pension du 31 août 2020, d'enjoindre au ministre de la justice de réviser sa pension au 11 juillet 2020, avec intérêts à compter de sa demande préalable, dans un délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- le signataire de la décision du 16 mai 2022 est incompétent ;
- le ministre de la justice a commis une erreur d'appréciation en retenant un taux de 30 % et a méconnu l'article L. 30 du code des pensions civiles et militaires de retraite.
Par mémoires, enregistrés les 28 février et 31 octobre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, conclut au rejet du recours.
Il soutient que le recours initial est dépourvu de moyen, et que le moyen invoqué est infondé.
Par mémoire, enregistré le 21 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet du recours.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 22 décembre 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 8 janvier 2024 midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, désigné M. Rabaté, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Rabaté, magistrat désigné ;
- les conclusions de Mme A ;
- les observations de Me Arnaud-Buchard, pour Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, adjointe administrative du ministère de la justice, recrutée à ce poste en décembre 2004 après un accident de trajet du 14 décembre 1993, maintenant retraitée, demande d'annuler son titre de pension qui lui a été concédé par arrêté du 31 août 2020 et la décision du 16 mai 2022 du ministre de la justice qui refuse de réviser le montant de sa pension.
Sur la demande d'annulation :
2. En vertu des articles 1er et 3 du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, la secrétaire générale du ministère de la justice a reçu délégation à l'effet de signer, au nom du garde des sceaux, ministre de la justice, dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions à l'exclusion des décrets, et de subdéléguer cette signature.
3. Par un arrêté du 22 novembre 2021, régulièrement publié au journal officiel de la République française du 24 novembre suivant, accessible au juge et aux parties, la secrétaire générale du ministère de la justice a, ainsi qu'elle y était autorisée, subdélégué sa signature aux fins de signer les décisions relatives aux allocations temporaires d'invalidité, aux pensions civiles d'invalidité, aux pensions de réversion des agents décédés en activité, aux concessions directes suite à maladie, aux majorations pour assistance constante de tierce personne et à l'octroi de rente viagère d'invalidité au profit de M. C F, coordonnateur du pôle invalidité au bureau de la gestion administrative et financière individuelle de l'administration centrale du ministère, signataire de la décision du 16 mai 2022 attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. F doit être écarté.
4. En vertu de l'article L30 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Lorsque le fonctionnaire est atteint d'une invalidité d'un taux au moins égal à 60 %, le montant de la pension prévue aux articles L. 28 et L. 29 ne peut être inférieur à 50 % du traitement mentionné à l'article L. 15 et revalorisé dans les conditions prévues à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale ". En vertu de l'article L31 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. / Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances ".
5. Le titre de pension retient un taux d'invalidité de 30% imputable au service, soit 25% de névrose et 5% de cervicarthrose, taux fixé par la commission de réforme dans sa séance du 4 juin 2020, et par le rapport du Dr D du 20 juin 2020 qui a examiné l'agent. Si celui-ci se prévaut d'un taux d'invalidité global de 70%, et produit en ce sens une " contre-expertise " réalisée à sa demande le 16 juin 2021 par le médecin agréé Enjalbert, cet avis médical n'est pas contradictoire et ne distingue pas le taux d'invalidité imputable au service et celui qui préexistait. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article L30 cité au point précédent sera écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation du recours, sans qu'il soit utile de statuer sur leur recevabilité, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, une somme.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024
Le magistrat désigné,
V. RabatéLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 septembre 2024
La greffière,
B. Flaesch
N°2203962
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026