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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2204074

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2204074

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2204074
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantVICTOR AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 août 2022, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la remise gracieuse d'une dette correspondant à un indu d'un montant total de 3 236,37 euros pour la période de décembre 2020 à janvier 2022, dont 2 779,33 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de décembre 2020 à janvier 2022, 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2020, 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2021, 1 197,04 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de mai 2020 à novembre 2020 et 150 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité.

Il soutient que :

- une assistante sociale lui a indiqué que sa rente invalidité n'était pas à prendre en compte dans les déclarations puisqu'elle faisait suite à des accidents de travail ;

- il n'a jamais été dans son intention d'obtenir des aides en fraudant la caisse d'allocations familiales ;

- il est prêt à rembourser l'indu à la caisse d'allocations familiales par mensualité au regard de sa faible retraite qui est de 1 700 euros par mois pour vivre à deux ;

- il est de bonne foi, l'indu litigieux résultant d'une erreur qui ne lui est pas imputable.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 septembre 2023 et le 13 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aude, représentée par Me Font, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été différée au 20 décembre 2023 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

1. M. C était allocataire de la caisse d'allocations familiales de l'Aude puis, suite à un déménagement, de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'il avait omis de déclarer des rentes d'accidents du travail, M. C s'est vu notifier un indu d'un montant total de 3 236,37 euros pour la période de décembre 2020 à janvier 2022, dont 2 779,33 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de décembre 2020 à janvier 2022, 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2020, 228,67 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2021, 1 197,04 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période de mai 2020 à novembre 2020 et 150 euros au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant la remise gracieuse de ces sommes.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. Il résulte en outre des termes de l'article 4 du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 et de l'article 6 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 et du décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 que tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application de ces décrets est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.

5. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ou d'une aide exceptionnelle ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de M. C ont pour origine l'absence de déclaration de rentes d'accidents de travail. Si M. C soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire, il n'apporte au soutien de sa demande de remise de dette aucun justificatif relatif à ses charges et à ses ressources actuelles qu'il déclare s'élever à 1 700 euros mensuels. Dans ces conditions, et en supposant même qu'il soit de bonne foi, l'intéressé n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'il ne puisse faire face au remboursement de sa dette, selon un échelonnement qu'il lui appartient, le cas échéant, de solliciter.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la ministre des solidarités et des familles et au département de l'Hérault.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet de l'Hérault en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 décembre 2023.

La greffière,

F. Roman

No 2204074

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