mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204307 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2022, M. B A, représenté par Me Panfili, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Bédarieux a refusé de faire droit à sa demande de nomination dans le grade d'aide-soignant et à sa demande d'indemnisation des préjudices subis ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Bédarieux à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Bédarieux de le nommer dans le grade d'aide-soignant, de l'affecter dans un service de soins et de reconstruire sa carrière avec effet rétroactif ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bédarieux la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- en refusant de le nommer stagiaire sur le grade d'aide-soignant, le centre hospitalier de Bédarieux a commis une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité ;
- la décision en litige constitue une sanction déguisée ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- il a subi une perte de chance sérieuse d'être nommé aide-soignant avec le déroulé de carrière afférent et a subi un préjudice économique et un préjudice moral, évalués à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 septembre 2023, le centre hospitalier de Bédarieux conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n°2007-1188 du 3 août 2007 ;
- le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Wattrisse, représentant le centre hospitalier de Bédarieux.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, recruté le 25 août 1997 par le centre hospitalier de Bédarieux, a été titularisé le 1er juillet 2003 sur le grade d'agent des services hospitaliers, faisant fonction d'aide-soignant depuis 2002. Il a obtenu le 16 décembre 2021 le diplôme d'aide-soignant par validation des acquis de l'expérience. Il a sollicité le 9 juin 2022 sa nomination en qualité d'aide-soignant ainsi que l'indemnisation du préjudice économique et du préjudice moral qu'il estime avoir subis. Par courrier en réponse du 11 août 2022, le centre hospitalier de Bédarieux a rejeté sa demande, soulignant que l'obtention du diplôme d'aide-soignant ne lui confère aucun droit à être nommé sur ce grade et précisant que son affectation à un poste d'hôtellerie fait suite à sa dernière évaluation défavorable au titre de l'année 2021. Par sa requête, il demande au tribunal d'annuler cette décision du 11 août 2022 et demande la condamnation de l'établissement à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 du décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière : " Les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture sont recrutés par la voie d'un concours sur titres ouvert, dans chaque établissement, aux candidats titulaires de l'un des diplômes mentionnés aux articles L. 4391-1 et L. 4392-1 du code de la santé publique. ". Aux termes de l'article 3 du décret du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière : " I.- Jusqu'à l'entrée en vigueur du décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière, le corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés comprend : 1° Les aides-soignants, () ; 2° Les agents des services hospitaliers qualifiés. ". Et aux termes de l'article 6 de ce décret abrogé à compter du 24 décembre 2021: " Les personnels mentionnés au 1° de l'article 3 sont recrutés : () 2° Pour 25 % au plus des recrutements effectués dans l'année, parmi les agents des services hospitaliers qualifiés, justifiant d'au moins huit ans d'ancienneté dans le corps, qui ont été admis à suivre, après sélection professionnelle et avis de la commission administrative paritaire compétente, une formation préparant à ces fonctions, qui a été validée (). / Les modalités de sélection, de formation et de validation de la formation mentionnée au 2° du présent article sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Enfin, aux termes de l'article D. 4391-1 du code de la santé publique : " I.- Sont fixés par arrêté du ministre chargé de la santé :1° Le programme et les modalités de la formation préparatoire au diplôme d'Etat d'aide-soignant ; 2° Les conditions de délivrance de ce diplôme. Ce diplôme peut être obtenu par la validation des acquis de l'expérience dont les modalités d'organisation sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. () ".
3. D'autre part, une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
4. M. A, qui a obtenu le 16 décembre 2021 le diplôme d'aide-soignant par validation des acquis de l'expérience, soutient que le refus du directeur du centre hospitalier de Bédarieux de le nommer stagiaire sur le grade d'aide-soignant constitue une sanction disciplinaire déguisée. Toutefois, la détention de ce diplôme d'aide-soignant ne lui conférait aucun droit à être nommé stagiaire sur ce grade. Par ailleurs, l'établissement fait valoir que l'évaluation de M. A au titre de l'année 2021 révèle une inadéquation de son comportement avec les fonctions d'aide-soignant, telle que pauses à répétition, absentéisme fréquent, soins trop rapides, chambres mal rangées, ou utilisation du téléphone personnel. Le centre hospitalier ajoute que son attitude, consistant à tenir des propos à connotation sexuelle pour lesquels il a été sanctionné d'un avertissement le 12 avril 2021, ou encore des agissements sexistes réguliers envers ses collègues est de nature à entraîner des difficultés relationnelles et des conséquences sur le fonctionnement du service. En outre, il ressort des pièces du dossier que si l'établissement a décidé, le 17 mai 2022, de ne pas sanctionner M. A suite à la plainte d'une résidente pour attouchements sexuels, l'enquête administrative concluant à l'absence de certitudes sur la matérialité des faits, le doute n'est toutefois pas complétement levé et peut engendrer une dégradation des relations professionnelles. Dans l'ensemble de ces conditions, le refus de nommer M. A sur le grade d'aide-soignant doit être regardé comme une décision prise dans l'intérêt du service et il n'est pas établi qu'elle aurait résulté d'une volonté de le sanctionner. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision revêt le caractère d'une sanction déguisée.
5. En dernier lieu, eu égard aux motifs de la décision, prise dans l'intérêt du service et ne constituant pas une sanction déguisée, le détournement de pouvoir allégué par M. A n'est pas établi.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction. En l'absence d'illégalité fautive commise par le centre hospitalier de Bédarieux, il y a également lieu de rejeter les conclusions indemnitaires de M. A.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Bédarieux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le centre hospitalier de Bédarieux sur le même fondement.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Bédarieux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur du centre hospitalier de Bédarieux.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
M. Rabaté, vice-président,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
D. Besle
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 mai 2024.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026