lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204353 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEMOUDAA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2022, M. A C et Mme B C doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2018 et 2019 ;
2°) d'annuler leur dette en résultant ou d'établir un échéancier pour le paiement de la somme due.
Ils soutiennent que :
- M. C a déposé des chèques sur leurs comptes bancaires en 2018 et 2019 pour " aider des familles ", ils ignoraient qu'ils allaient se retrouver dans cette situation dérangeante et humiliante ;
- ils ne peuvent pas payer la somme de 14 402 euros réclamée par l'administration fiscale, seul M. C travaille et Mme C est en congé parental avec trois enfants à charge ;
- le service a refusé toutes leurs tentatives de règlement à l'amiable, visant à obtenir un échéancier et l'effacement des prélèvements sociaux et des majorations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants n'exposent ni l'objet de leur demande ni les moyens qui la motive ;
- les conclusions tendant à la remise gracieuse de leur dette sont irrecevables ;
- le comptable public est seul compétent pour différer le recouvrement des impositions en accordant des délais ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Suite aux vérifications de comptabilité des sociétés Sud Viticoles Travaux et Top Agricole, M. et Mme C ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2018 et 2019. Par leur requête ils doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2018 et 2019, d'annuler leur dette en résultant et d'établir un échéancier pour le paiement de la somme due.
Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :
2. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence () 3° Par voie de transaction, une atténuation d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent ne sont pas définitives. ".
3. Les requérants, qui demandent au tribunal d'" annuler leur dette " doivent être regardés comme sollicitant la remise gracieuse totale des impositions en litige ainsi que l'atténuation des pénalités mises à leur charge. Ils soutiennent que leur situation personnelle et familiale ne leur permet pas de payer la somme de 14 402 euros réclamée par l'administration fiscale. Ils font valoir que seul M. C travaille et que Mme C est en congé parental avec trois enfants à charge. Il n'appartient cependant pas au juge de l'impôt, qui ne peut être saisi que d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision qui aurait été prise par l'administration à la suite d'une demande de remise ou de transaction gracieuse, d'accorder à titre gracieux la remise ou l'atténuation sollicitées ni d'intervenir auprès de l'administration pour qu'elles soient accordées. Dès lors que la requête n'est pas en l'espèce dirigée contre une telle décision, les conclusions des requérants à fin d'annulation de leur dette ne sont pas recevables. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'échelonnement de la dette :
4. Il n'appartient pas au tribunal de faire œuvre d'administration active et d'accorder un échéancier de remboursement ni de contraindre une administration à mettre en place un échéancier de paiement. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin de décharge :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1°Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ;() ". Et aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ;(). " En cas de refus comme en l'espèce des rehaussements par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve tant de l'existence et du montant des distributions que de leur appréhension par le contribuable.
6. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que Mme C a encaissé en 2019 sur son compte bancaire un chèque de 1 600 euros émis par la société Sud Viticoles Travaux, et que M. C a encaissé sur son compte bancaire huit chèques pour un montant de 12 920 euros en 2018 et dix chèques pour un montant de 16 472 euros en 2019 en provenance de la même société. De plus, un chèque d'un montant de 5 376 euros émis par la société AB Agricole, cliente de la société Sud Viticoles Travaux a été directement encaissé par M. C sur son compte bancaire en 2019. Ces sommes, non admises dans les charges de la société Sud Viticoles Travaux, n'ont pas été déclarées par M. et Mme C. Les requérants, qui ont déclaré sans plus de précision lors des opérations de contrôle avoir reversé une partie de ces sommes en espèces à diverses personnes, se bornent à alléguer, sans davantage de justification, qu'ils les ont encaissées pour " aider des familles ". Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service, à qui incombe la charge de la preuve, a imposé ces sommes entre les mains des requérants en tant que revenus distribués sur le fondement des dispositions précitées du c de l'article 111 du code général des impôts, en droit et pénalités.
7. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
8. A supposer que les requérants soient regardés comme contestant également la majoration de 40% prévue à l'article 1729 du code dont le service à fait application, en se bornant à faire état de la précarité de leur situation et du refus du service de transiger, ils ne contestent pas utilement cette majoration. De plus, le service relève que les opérations, pour des montants non négligeables, ont présenté un caractère récurrent sur deux ans et que les contribuables ne pouvaient ignorer que ces sommes devaient être portées sur leurs déclarations de revenus. Dans ces conditions, le service apporte la preuve qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de la requête doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juin 2024.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026