lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204473 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président CORNELOUP |
| Avocat requérant | BORREDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 août 2022 et 5 octobre 2023, Mme A C, représentée par Me Borreda, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2022 par laquelle la directrice de l'agence Pôle emploi Montpellier Cévennes a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 13 août 2019 ;
2°) d'enjoindre à Pôle emploi Occitanie de procéder à son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter d'août 2019 ;
3°) d'enjoindre à Pôle emploi Occitanie de procéder à l'ouverture rétroactive des droits au chômage qu'elle aurait dû percevoir sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la signification de la décision à intervenir.
Elle soutient que :
- le retard dans son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est lié à son employeur qui a tardé à lui communiquer les documents nécessaires ;
- elle ne maîtrise par les outils technologiques et ne pouvait dès lors s'inscrire seule ;
- elle n'a pas bénéficié d'une assistance et de conseils concernant son inscription lorsqu'elle s'est déplacée à l'agence pôle emploi en août 2019 dans la mesure où il lui a été dit que son inscription était impossible sans l'attestation pôle emploi ;
- la juridiction administrative est bien compétente pour connaitre du présent litige ;
- elle n'a pas été inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi en 2020 comme le prétend Pôle emploi ;
- une inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi est possible dans certaines conditions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, France Travail conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le litige relève de la compétence du juge judiciaire ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Corneloup a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 2 mai 2022 par laquelle la directrice de l'agence Pôle emploi Montpellier Cévennes a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 13 août 2019.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative opposée par France Travail :
2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, des allocations mentionnées à l'article L. 5424-21, de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997, des sommes restant dues au titre du versement de l'allocation équivalent retraite prévue à l'article L. 5423-18, dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2009, et des sommes restant dues au titre de la prime forfaitaire prévue à l'article L. 5425-3, dans sa rédaction antérieure au 1er septembre 2017, ainsi que le service de toute autre allocation ou aide dont l'Etat lui confierait le versement par convention ; () ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage, de l'Etat ou du fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ".
3. Le litige qui oppose un particulier à Pôle emploi, relatif au versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, ne relève pas de la compétence du juge administratif, mais du seul juge judiciaire. Par suite, les conclusions de Mme C tendant à ce que le tribunal se prononce sur le versement de son droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter d'août 2019 ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative. Dès lors, ces conclusions, ainsi que l'oppose France Travail dans son mémoire en défense, ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article R. 5411-2 du code du travail : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. / A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 5411-1 du même code dans sa rédaction alors en vigueur : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". Les dispositions du code du travail qui soumettent le travailleur inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par Pôle emploi, à des obligations telles que, notamment, le renouvellement d'inscription, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposées, ou la réponse à des convocations, font en principe obstacle à ce que cette inscription ait un caractère rétroactif, la qualité de demandeur d'emploi n'étant acquise qu'à la date de la présentation d'une demande d'inscription.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme C, qui a été licenciée de son emploi le 12 août 2019, s'est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi seulement le 7 décembre 2020. Si la requérante fait valoir qu'elle n'a bénéficié d'aucun accompagnement pour son inscription lorsqu'elle s'est déplacée à l'agence pôle emploi en août 2019 et qu'il lui a été affirmé que l'attestation d'employeur destinée à Pôle emploi était nécessaire pour qu'elle puisse s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi, elle ne l'établit pas. Afin de justifier son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi le 7 décembre 2020, la requérante soutient que son ancien employeur a tardé à lui communiquer l'attestation d'employeur nécessaire à son inscription. Toutefois, la circonstance que son ancien employeur ne lui ait communiqué que tardivement le document sollicité n'est pas de nature à justifier légalement l'inscription rétroactive de la requérante sur la liste des demandeurs d'emploi, dès lors que ce document, qui permet uniquement l'ouverture et le calcul des droits à l'allocation chômage, n'est pas nécessaire pour s'inscrire sur cette liste.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 mai 2022 par laquelle la directrice de l'agence Pôle emploi Montpellier Cévennes a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 13 août 2019. Par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme C tendant à ce que le tribunal se prononce sur le versement de son droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter d'août 2019 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à France Travail.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2024.
Le magistrat désigné,
F. Corneloup
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 22 avril 2024
La greffière,
M. B
No 2204473
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026